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Publié le 17 Jan, 2014 dans Science

Mutation des messages en ligne: la socialisation numérique a quelque chose de très génétique

(Source : Le Devoir – Merci à Clara)

Photo : Facebook

Photo : Facebook

Ce n’est pas nous, mais l’analyse des messages circulant sur le réseau social Facebook qui le dit: les mèmes, ces messages en format texte, audio, vidéo ou photo, répliqué et retransmis ad nauseam dans les univers numériques, ont bel et bien les mêmes propriétés que les gènes, ces porteurs de l’ADN dans le corps humain, puisqu’ils s’adaptent eux aussi, de manière organique, à leur environnement pour survivre.

Un groupe de scientifiques versés dans la génétique, mais également l’étude des données numériques, est à l’origine de cette découverte qui vient d’être publiée sur le site de la multinationale américaine de la socialisation. Il y a un résumé ici et l’oeuvre complète .

«Nous avons mis en lumière un nombre remarquable de parallèles entre la manière dont l’information évolue dans les réseaux sociaux et la façon dont les gènes se transforment dans le corps humain», écrivent-ils au terme d’une analyse exhaustive d’une masse colossale de données ayant transité en ces lieux.

Commentaire :
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Hermes ne serait pas surpris de ce constat.

En 2009, cette équipe s’est d’ailleurs penchée sur le partage d’une ligne d’information pour mesurer son évolution organique dans l’espace et le temps. Le message, plein de bons sentiments et en prise directe avec l’actualité du moment, portait sur les soins de santé: «personne ne devrait mourir parce qu’il ne peut pas s’offrir une assurance santé, et personne ne devrait s’appauvrir parce qu’il est malade. Si vous êtes d’accord, relayez ce message sur votre compte d’ici le reste de la journée».

Au total, 470 000 personnes ont partagé ce texte dans son état d’origine, en apportant quelques modifications mineures à la forme ou en ajoutant parfois un petit commentaire du genre «à copier-coller», «à partager si vous aimez les vôtres»… et ce, avant de faire place à une série de nouveaux messages, s’inspirant de cette base, mais se déclinant dans des versions de plus en plus éloignées, mais capable de vivre par elles-mêmes dans la sphère sociale.

En se fondant sur des données anonymisées, dit Facebook, les chercheurs ont traqué pas moins de 121 605 variantes de ce message dans 1,4 millions de «status» passés au crible. Des variantes à saveur «geek» comme cet étonnant «personne ne devrait être congelé dans de la carbonite parce qu’il ne pouvait pas rembourser Jabba the Hut», une référence comique à un épisode de Star Wars ou encore ce très politisé «personne ne devrait mourir parce que le gouvernement vient mettre son nez dans l’assurance santé», pointe lancée à l’endroit du plan social de Barack Obama, baptisé Obamacare, et vertement dénoncé par la frange ultra-conservatrice aux États-Unis.

Pour les chercheurs, ces mutations étaient presque écrites dans ce réseau qui favorise la répétition d’idées qui se modifient d’elles-mêmes au fil des échanges pour s’adapter à l’auditoire de ceux et celles qui les partagent. Ces idées sont tantôt embellies, tantôt améliorées, tantôt détournées pour les rendre plus facilement assimilables par les abonnés qui se retrouvent dans notre environnement social numérique.

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