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Publié le 3 Fév, 2012 dans Santé

La vente de sucre bientôt aussi encadrée que l’alcool?

(Source : Le Parisien)

La consommation excessive de produits sucrés devrait être contrôlée d'après une étude scientifique. ( LP )

Un article paru dans la revue scientifique de référence «Nature» avance que le sucre consommé avec excès serait tout aussi dangereux pour la santé que l’abus d’alcool. Jusque-là rien de nouveau. Mais les auteurs de l’université de San Francisco (Californie) ont lancé une polémique en proposant désormais d’encadrer la vente aux Etats-Unis des produits sucrés (boissons, friandises…) au même niveau que la vente de tabac et d’alcool.

Dans leur tribune du 1er février intitulé « Public health: The toxic truth about sugar», les chercheurs notent que l’abus de produits à forte teneur en sucre – notamment du fructose – comporte des risques d’obésité mais que cela nuirait également au foie. Le sucre à forte dose serait également responsable de la mort de 35 millions de personnes par an.

« Il y a de bonnes et de mauvaises calories comme il y a de bonnes et de mauvaises graisses. Mais à part ces bonnes calories, le sucre est toxique », explique le docteur Robert Lustig. En 2009, ce spécialiste de l’obésité infantile avait déjà qualifié le fructose de «poison». D’aprés le docteur Lustig et son équipe, les effets sur la santé d’une consommation sucrée excessive sont comparables à une intoxication éthylique. Un comble quand on sait que l’alcool est justement produit à partir de sucre…

Commentaire :
Tiens donc…

La contre-attaque de l’industrie du sucre

Les fabricants de boissons sucrées et les producteurs de sucre américains n’ont pas tardé à contester cette étude. Ils dénoncent l’irresponsabilité des chercheurs qui tenteraient d’effrayer la population en utilisant des termes comme « cancer» ou « diabète ».

Commentaire :
Le diabète et pour cause! Quand au cancer, si ça peut plaire à l’industrie du sucre, on peut ajouter le diminutif « facilitateur » ou « catalyseur », ce qui est probablement plus exact.

Mais une autre auteure, le docteur Laura Schmidt, a répondu à ces critiques : « Nous ne parlons pas de prohibition. Nous ne prônons pas une surveillance du gouvernement sur la vie des gens. Nous voulons suggérer des façons de réduire l’accès aux produits sucrés pour éviter la consommation massive. Nous souhaiterions rendre l’accès à la nourriture sans sucre plus facile et moins cher

Le cas particulier de la France

Dans l’Hexagone, le problème n’a pas atteint les mêmes proportions qu’aux Etats-Unis, même si la consommation de produits sucrés est en hausse constante. Reste à voir quel impact aura la taxe sur les boissons sucrées décidée par le gouvernement à l’automne.

Le Centre d’études et de documentation du sucre (CDUS), association professionnelle de promotion du sucre, a tenu à réagir. Dans un communiqué, le CDUS dénonce cet article partisan et rappelle que « en France, la consommation de sucres provient essentiellement du saccharose issu de la betterave. Les niveaux de consommation de fructose et plus largement de sucres en France sont environ deux fois inférieurs à ceux des Etats-Unis. Les quantités de boissons sucrées consommées par les Américains sont en moyenne entre deux et quatre fois supérieures à celle des Français.»

Commentaire :
Ce qui ne veut en rien dire que cette consommation n’est pas dommageable pour la santé. C’est un sophisme détourné.

Même si le consommateur français apparaît en théorie moins exposé, cet article paru dans une revue de renom va donner à réfléchir à la communauté scientifique mondiale et pourquoi pas à terme au ministère de la Santé comme au législateur.

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