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Publié le 17 Oct, 2011 dans Santé

Flashback – DMS-5 : « Il n’y a aucune définition du trouble mental »

(Source : SOTT)

Allen Frances est actuellement un psychiatre qui fait couler beaucoup d’encre autour du très critiqué DSM-V, le successeur attendu du DSM-IV. Il n’est pas le seul à critiquer le coeur du projet de mise à jour mais ce qui le distingue des autres, c’est son rôle majeur dans l’édition de la version précédente, l’actuel DSM-IV justement.

Ces doutes vont bien au-delà de l’écriture du nouveau manuel puisqu’il a déclaré, selon un article paru dans Wired (Inside the Battle to Define Mental Illness) « qu’il n’y aucune définition du trouble mental. C’est des foutaises. Nous avons fait des erreurs qui ont eu de terribles conséquences » puis de rajouter que « certains concepts sont virtuellement impossibles à définir et à délimiter précisément ». 

C’est un des auteurs du DSM-IV qui parlent, là !

L’une de ses plus grandes craintes, rapporte Frances, concerne l’inflation de nouveaux troubles mentaux comme l’extension du trouble bipolaire chez les enfants qui a conduit à multiplier par 40 le diagnostic en pédiatrie ! Allen Frances souligne l’impact des antipsychotiques chez ces enfants avec l’apparition d’obésité et de diabète et des conséquences encore inconnues sur le développement du cerveau.

En 2007, une série d’investigations a souligné qu’un promoteur particulièrement influent du diagnostic de trouble bipolaire chez l’enfant, le psychiatre d’Harvard Joseph Biederman, avait omis de déclarer d’importants revenus touchés directement par le laboratoire Johnson & Johnson, qui commercialise le Risperdal, principal traitement du trouble bipolaire.Frances illustre ces propos d’inflation des troubles psychiatriques avec la proposition d’un nouveau syndrome fourre-tout : le syndrome de risque psychotique…

Ce syndrome permettrait de traiter des adolescents qui ont parfois pu présenter des idées confuses, ou expérimenter des hallucinations ou des idées délirantes. Parce que ces jeunes ne perdent pas le contact avec la réalité, ils échappent aujourd’hui au diagnostic et donc à un potentiel « traitement ».

Robert Spitzer, célèbre psychiatre à la tête de la rédaction du DSM-III a rejoint Frances dans son combat, souhaitant à son tour dénoncer le processus de rédaction du nouveau manuel, particulièrement obscure et sujet à toutes les influences pharmaceutiques.

Source : Inside the Battle to Define Mental Illness By Gary Greenberg December 27, 2010 – Wired January 2011

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