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Publié le 17 Oct, 2011 dans Santé

Être diagnostiqué « accro aux sports » est maintenant possible

(Source : Techno-Science)

Certains s’estiment accros aux sports tout en ignorant qu’il s’agit d’un problème psychologique qui était, jusqu’ici, difficile à diagnostiquer chez les francophones.

Commentaire :
Qui dit « diagnostic », dit traitement. Qui dit « problème psychologique » dit antidépresseurs ou antipsychotiques. Bien que les problèmes de l’addiction existe réellement, l’ajout de nouveaux diagnostics ne sert habituellement qu’une cause : Big Pharma.

Alors qu’un outil d’évaluation pour les anglophones existe depuis 1997 (Exercise Dependence Questionnaire, Ogden et Veale), l’équivalent français vient d’être validé par Laurence Kern, affiliée au département de kinésiologie de l’Université de Montréal et au Centre de recherches sur le sport et le mouvement en France (Université de Nanterre Paris) et son collègue Nicolas Baudin.  » Je me suis intéressée non pas aux conséquences positives de l’activité physique, comme nous avons l’habitude de faire mais plutôt à sa pratique problématique qui peut entrainer dans certains cas l’apparition d’une dépendance à l’exercice physique, a expliqué Madame Kern. Les critères d’évaluation sont basés sur ceux utilisés pour identifier une dépendance à une substance.  »

Il s’agit alors d’une pratique extrême, dans la fréquence et dans la durée souvent associée à une impulsion irrésistible de continuer en dépit des blessures, de la maladie, de la fatigue, ou d’autres obligations personnelles comme le travail ou les rendez-vous avec les amis et la famille. Des chercheurs ont établi que cette impulsion peut être repérée grâce à vingt-neuf questions posées à travers un questionnaire autorapporté.  » L’intérêt de ce questionnaire réside dans la prise en compte des motivations (raisons liées à la santé, pour perdre ou contrôler son poids….) des personnes à pratiquer un exercice physique ; associées à une approche biomédicale traditionnelle a dit Madame Kern. On cherche alors le sevrage, la tolérance et le manque de contrôle, mais aussi l’interférence avec le travail, la famille et les amis.  »

Afin de mettre au point l’outil, Madame Kern a recruté 160 participants bénévoles, dont 60% d’hommes, sur leur lieu de pratique physique de loisir ou pendant des cours en sciences du sport. Les réponses ont dévoilé quelques surprises ; on note par exemple que les hommes sont plus susceptibles de voir leur pratique sportive occasionner des effets sur leur vie sociale et professionnelle. Néanmoins, les résultats reflètent ceux observés dans les pays anglophones.

« La pratique de l’exercice physique pourrait être une solution ou une réponse à un autre problème, comme par exemple les troubles du comportement alimentaire, ce qui implique des distinctions au niveau de la prise en charge thérapeutique. C’est pour ces mêmes raisons qu’il est apparu important pour moi et mes collègues de proposer aux chercheurs et aux cliniciens un outil validé en français, qui permet de dépister les raisons de la pratique problématique », a conclu Madame Kern.

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