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Publié le 4 Sep, 2011 dans Santé

États-Unis, France, Canada : les pénuries de médicaments à l’ordre du jour

(Source : Cyberpresse + Cyberpresse + France Soir)

Commentaire :
Peu importe la raison officielle qu’on nous donnera, il faut se rendre à l’évidence : Big Pharma, note chère (jeu de mots intentionnel) industrie pharmaceutique, n’a aucun intérêt (financier) à moins produire et donc moins vendre  de médicaments, bien au contraire. Cette dernière, main dans la main avec les Monsanto de ce monde (entre autres) qui nous empoisonnent à même notre assiette, a tout à gagner à continuer son intoxication de la population à coups d’antidépresseurs, de coupe-faim, etc. Trouver une raison valable pour ces endémiques pénuries de par le monde tient d’une logique conspirationniste du style dépopulation. Aussi, vous laisserai-je le soin (jeu de mot intentionnel) de faire vos propres recherches et d’en tirer vos propres conclusions.

 

États-Unis : La pénurie de médicaments menace la santé publique

Photo : Martin Tremblay, La Presse

 

Des pénuries de médicaments essentiels, notamment des anticancéreux, sont un problème grandissant aux États-Unis qui inquiète hôpitaux, médecins et malades, mobilisant les autorités fédérales, des associations privées et le Congrès.

Selon un récent rapport de la FDA, l’agence américaine des médicaments, le nombre de traitements très importants et difficiles ou impossibles à trouver a triplé de 2005 à 2010, passant de 61 à 178.

La plupart sont donnés aux malades dans les hôpitaux sous forme d’injections ou d’intraveineuses.

Les traitements les plus fréquemment concernés sont des anticancéreux, les anesthésiants ainsi que des antibiotiques, explique Valerie Jensen, une pharmacienne à la FDA.

La plupart de ces produits sont des génériques bon marché et efficaces.

«La FDA est informée par les malades, les professionnels des soins et les organisations de défense des conséquences terribles de ces pénuries», assure Shelly Burgens, une porte-parole de la FDA.

«Nous continuons à faire tout ce que nous pouvons pour pallier à ces déficiences», a-t-elle dit dans un courrier électronique à l’AFP.

Mais la FDA n’a pas le pouvoir de forcer une firme à produire un médicament et ne peut l’obliger à informer l’agence à l’avance de son intention de mettre fin à la production de tel ou tel produit, souligne cette porte-parole.

Une enquête menée en juin par l’American Hospital Association auprès de 820 centres hospitaliers américains a révélé que quasiment tous avaient connu une pénurie d’au moins un médicament important les six mois précédents.

Plus de 80% de ces hôpitaux ont dû retarder des traitements de malades tandis que 70% ont donné à leurs patients des médecines moins efficaces et 80% en ont rationné ou restreint l’accès.

«Nous devons vraiment nous pencher très sérieusement sur ce problème pour voir ce qui se passe», explique à l’AFP Mike Cohen, un pharmacien de  l’Institute for Safe Medical Practices, un organisme indépendant à but non-lucratif qui informe les médecins et le public sur les pratiques médicales souhaitables.

«Je n’ai jamais vu ça depuis que je suis pharmacien», ajoute-t-il, citant une enquête de 2010 faite par son organisation auprès de 1.800 professionnels de la santé.

Les résultats montrent qu’un tiers des médecins et le cinquième des pharmaciens avaient connaissance de réactions néfastes, y compris de décès, que la pénurie a provoquées chez leurs patients.

«Une grande partie de ces pénuries s’explique par des problèmes de qualité au niveau de la production: un nombre grandissant de médicaments proviennent de l’étranger, forçant les laboratoires à arrêter de les produire», explique Cynthia Reilly, une responsable à l’American Society of Health System Pharmacists, un organisme à but non-lucratif.

En outre, du fait de l’importante consolidation du secteur pharmaceutique ces dernières années, on se retrouve parfois avec une ou deux firmes fabriquant le même médicament, dit-elle à l’AFP.

Il y a aussi des laboratoires qui cessent de produire un médicament générique car peu rentable, a noté Cynthia Reilly.

Selon elle, une nouvelle réglementation fédérale plus stricte donnant l’autorité nécessaire à la FDA pour forcer les firmes à donner un préavis de six mois avant d’arrêter la production d’un médicament «peut vraiment améliorer la situation».

Deux projets de loi sont examinés au Congrès.

Enfin le «marché gris» (marché de produits véritables, importés et vendus à des prix supérieurs à leur prix d’origine) de ces médicaments est un autre problème aggravant les effets de ces pénuries. Bien que cette distribution de produits soit légale, elle n’est pas autorisée par le laboratoire qui les produit.

Des distributeurs peu scrupuleux raflent autant de médicaments difficiles à trouver qu’ils le peuvent pour les revendre au prix fort parfois jusqu’à mille fois plus, aux hôpitaux pris à la gorge.

 

Canada : Pénurie de médicaments: 16 produits s’ajoutent sur la liste

Photo: Daniel Acker, Bloomberg

 

Santé Canada vient d’ajouter 16 nouveaux médicaments, dont plusieurs utilisés pour combattre le cancer, sur la liste des produits en rupture de stock au pays. Ces médicaments s’ajoutent à une liste déjà longue de produits manquants.

L’origine du problème se trouve en Ohio. Les laboratoires Ben Venue ont échoué à leurs récents tests de contrôle de la qualité, a annoncé Santé Canada, jeudi. L’usine doit donc procéder à des modifications avant de poursuivre sa production. Santé Canada indique toutefois que les médicaments «essentiels» pourront continuer d’entrer au pays.

Parmi les produits manquants, on trouve plusieurs médicaments contre le cancer, les infections bactériennes et les problèmes respiratoires chez les enfants.

La présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, explique que ces produits s’ajoutent à une liste d’environ 200 produits manquants. Mme Lamarre s’inquiète, car, en ce qui concerne les médicaments contre le cancer, notamment, «tous les produits ne sont pas remplaçables». Jusqu’à maintenant, aucun incident fâcheux n’est survenu parce qu’un médicament n’était pas accessible au Québec et qu’aucun produit de remplacement ne pouvait être trouvé. «Mais ça risque d’arriver un jour», croit le directeur général de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires, Normand Cadieux.

Plusieurs raisons expliquent que, depuis un peu plus de deux ans, le nombre de médicaments manquants ne cesse d’augmenter. En plus de subir des pénuries de matières premières, les usines de production sont de plus en plus concentrées dans les mêmes pays. Le moindre événement, une catastrophe naturelle par exemple, menace donc les approvisionnements.

Le fait que des pays comme la Chine et l’Inde voient leur classe moyenne s’étoffer, et donc que le nombre de clients potentiels pour les médicaments augmente, accentue aussi les problèmes de pénurie.

L’Association canadienne des pharmaciens demande qu’un système soit mis en place pour tenir un registre en temps réel des pénuries de médicaments et des produits de remplacement pouvant être utilisés.

 

France : Pénurie de médicaments, plusieurs explications

En France, ce sont 600 médicaments qui feraient l’objet d’un contingent orchestré par les laboratoires et seraient régulièrement en rupture de stocks SIPA

 

Antiépileptiques, antidépresseurs, antihypertenseurs… Sur les 5.300 médicaments commercialisés en France, entre 160 et 370 sont régulièrement absents des rayons des pharmacies depuis plusieurs mois. « En quarante ans de métier, s’alarme l’ex-président de la Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique, je n’ai jamais vu autant de ruptures de stocks ». Le taux de rupture chez les grossistes serait en effet passé de 0,7 jour par mois par produit à 1,3 actuellement.

Quotas en fonction des parts de marché

En cause : des difficultés de production mais aussi la répartition des médicaments voulue par les laboratoires eux-mêmes à travers le monde. Un système de quotas a en effet été mis en place. En 2010, un collectif d’associations de lutte contre le sida avait déjà tiré la sonnette d’alarme suite à des ruptures d’approvisionnement des pharmacies en antirétroviraux. Mais actuellement, ce sont 600 médicaments en France qui font l’objet d’un contingent orchestré par les laboratoires. Si la demande s’avère être supérieure aux quotas réservé à la France, les grossistes ne peuvent donc plus approvisionner les pharmacies.

Les médicaments étant vendus aux pharmacies françaises par des grossistes répartiteurs, ce sont donc sept entreprises qui ont la responsabilité d’organiser leurs 183 établissements régionaux pour livrer les officines en deux jours. Et c’est donc le laboratoire fabricant qui décide de la quantité de médicaments qu’il accorde mensuellement à chaque grossiste en fonction des parts de marché dans chaque pays.

Les pays développés sont les plus touchés

Suite à la pénurie des antirétroviraux, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, avait commandé, en mars, une série d’enquêtes, notamment auprès de la Direction de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le ministre a, à nouveau, dénoncé le système de quotas. Mardi, sur Europe 1, Xavier Bertrand, s’est dit prêt à légiférer si laboratoires et grossistes ne respectaient pas leurs obligations.

Les pays en voie de développement seraient les plus durement touchés par ce système de quotas. Mais au final, ce sont les malades qui sont pénalisés. D’après Philippe Coatana, directeur général répartition chez Alliance Healthcare, 2ème grossiste répartiteur français, qui s’est exprimé au site spécialisé dans l’industrie, L’Usine Nouvelle, « des produits significatifs commencent (aussi) à être affectés comme l’insuline » dû à ce système de quotas. Selon Le Parisien, certains observateurs du secteur affirmeraient de manière anonyme que les laboratoires préfèrent réserver la vente de leurs produits à des pays où les médicaments sont plus chers.

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