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Publié le 6 Jan, 2012 dans Santé

Des scientifiques laissent de côté les données et pondent des conclusions bidons

(Source : AlterInfo)

L’essai clinique des médicaments et des autres traitements médicaux est soigneusement réalisé et est même l’étalon-or de l’évidence scientifique, pas vrai ? Selon un examen approfondi de cette question venant d’être publié dans le British Medical Journal (BMJ), la réponse est non. En fait, le BMJ avertit que les données communiquées par les scientifiques sont trop souvent fausses – car les chercheurs omettent les faits gênants. La conséquence d’oublier des faits pourrait bien nuire aux patients, doper le coût des soins de santé par la vente de traitements médicaux basés sur de fausses conclusions, et menacer l’intégrité même de la médecine.

Ces avertissements viennent de multiples articles publiés par le BMJ. Les auteurs de ces articles jetant l’alarme ont examiné l’étendue, les causes, les conséquences des faits cachés, les chiffres, et d’autres données découvertes par des scientifiques lors d’essais sur l’homme. Il s’avère aussi que ce genre de problème n’arrive pas « de temps en temps. » Le BMJ affirme qu’une « grande proportion de preuves issues d’essais sur l’homme ne sont pas déclarées, et beaucoup de ce qui est rapporté l’est fait d’une manière très inadéquate. »

Dans un éditorial, le Dr Richard Lehman, de l’université d’Oxford et rédacteur en chef pour l’épidémiologie clinique du BMJ, et le Dr Elizabeth Loder, exposent l’état actuel de la recherche médicale comme une « culture de publications choisies à l’aveuglette et de divulgations de données incomplètes. » Ils exigent l’accès complet aux données brutes des essais pour permettre une meilleure compréhension des avantages et des inconvénients de nombreux traitements.

Solde final : Quand des données sont laissées de côté, le dossier scientifique et les conclusions publiées de l’étude sont faussés par les faits manquants. Cela conduit ensuite les médecins à prendre des décisions cliniques potentiellement dangereuses concernant les médicaments ou les procédures nécessaires aux patients, car les toubibs s’appuient sur des « faits » biaisés et même bidons.

Absence opportune des faits oubliés dans les essais cliniques

Dans son numéro actuel, le BMJ inclue une étude du Dr Beth Hart et ses collègues, qui informe de la manière dont des données sont « opportunément absentes » dans beaucoup de publications de méta-analyses [synthèses des recherches] sur les essais de médicaments. C’est exact. Pilules et potions de Big Pharma sont souvent recommandées sur la base d’études qui ignorent et laissent tout simplement de côté les données de première importance sur ce qui a été réellement découvert : absence d’avantages, dangers potentiels, effets secondaires et autres. L’équipe du Dr Hart soutient que l’accès aux données intégrales de l’essai est nécessaire pour permettre toute évaluation indépendante des médicaments.

Deux études supplémentaires montrent que l’obligation d’enregistrer les essais et le partage opportun des résultats sont mal suivis, voire pas suivis du tout. Par exemple, il s’avère que moins de la moitié des essais financés par les Instituts nationaux de santé zuniens ont été publiés dans des revues révisées par des pairs dans les 30 mois suivant leur achèvement, et seulement 22 pour cent des essais qui sont censés être soumis à publication obligatoire ont rendu leurs résultats disponibles dans l’année suivant leur achèvement.

« Quand le mot obligatoire s’avère si peu faire loi, la nécessité de renforcer les mécanismes de mise en application devient très évidente, » rapportent les chercheurs.

Et qu’arrive-t-il quand des scientifiques éthiques et consciencieux essayent d’évaluer les vrais préjudices par rapport aux avantages des médicaments et des autres interventions de Big Pharma ? Ce n’est pas une belle carrière, apparemment. Des études complémentaires, publiées dans le numéro spécial du BMJ, mettent en évidence les nombreuses difficultés face à ces chercheurs quand ils essaient d’aller à l’encontre du système.

Néanmoins, les docteurs Lehman et Loder s’expriment courageusement et franchement en disant que la dissimulation des données d’essai clinique est tout sauf rare. Ils la qualifient de « grave violation à l’éthique » et demandent que les réalisateurs d’essais cliniques qui ne publient pas les données « doivent faire l’objet de mesures disciplinaires de la part des organisations professionnelles. Cet amendement est demandé depuis longtemps, et le retard a déjà causé des torts. Les faits que nous publions montrent que la situation actuelle fait du tort aux acteurs de recherches, aux patients, aux systèmes de santé, et à la totalité de la démarche de la médecine clinique. »

 

Pour plus d’informations :
– www.bmj.com/
– www.naturalnews.com/medical_errors.html

Original : www.naturalnews.com/034577_quack_science_clinical_trials_BMJ.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

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