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Publié le 27 Fév, 2012 dans Santé

Big pharma expérimente encore? : la mystérieuse maladie du hochement de tête en Ouganda

(Source : NaturavoxSpread the truth)

Les profiteurs de la misère , les laboratoires : essais médicaux dans les pays en voie de développement

Chaque jour, nous apprenons qu’un laboratoire pharmaceutique a opéré des essais de médicaments sur des populations de pays en voie de développement, ce qui est plus facile, moins risqué et plus lucratif que dans les pays riches.

Mais depuis quelque temps, ces profiteurs de la misère humaine ont plus de difficulté à passer à travers les mailles du filet qui se resserrent, grâce aux associations de défense des droits de l’homme qui se mobilisent contre les géants pharmaceutiques qui exploitent des populations pauvres et ignorantes comme « cobayes » pour leurs recherches, souvent inhumaines et la plupart du temps inutiles.

Nous avons récemment signalé 6 000 enfants africains et 15 000 enfants argentins, mais ils ne représentent que la petite partie visible de l’iceberg.

Actuellement, 1 500 séries d’essais sont conduites en Inde sur près de 150 000 sujets et les décès de patients testés ont augmenté. Toutefois, on reconnait difficilement le lien direct avec les essais cliniques et, l’an dernier, quatre cas seulement ont été dédommagés. Mais les scandales se renouvellent. Dernièrement, des accusations se sont ainsi portées sur l’hôpital de la ville de Bhopal, victime d’une catastrophe industrielle meurtrière causée par un gaz toxique en 1984.

« L’hôpital devait mener des recherches sur les effets de l’isocyanate de méthyle, produit à l’origine du désastre, rapporte la revue médicale Mims. Au lieu de se concentrer sur ces enjeux, l’hôpital est vite devenu le siège de tests de médicaments. Les condamnations récentes de douze médecins, dans l’État du Madhya Pradesh, ouvrent de nouveau le dossier des controverses en matière d’essais médicamenteux en Inde. Une amende de 5 000 roupies (72 euros) a été infligée aux docteurs pour ne pas avoir fourni de détails concernant une série de tests conduits à l’hôpital public de la ville d’Indore. Les effets du Tadalafil, un médicament contre l’hypertension artérielle, commercialisé par le laboratoire Eli Lilly sous le nom de Cialis® pour traiter des dysfonctionnements sexuels, auraient été étudiés auprès des patients de l’unité psychiatrique, y compris des enfants. Si les médecins invoquent des clauses de confidentialité, le docteur Anand Rai, l’activiste qui a alerté sur la situation, dénonce « des peines ridicules ». Et l’affaire souligne de réelles inquiétudes sur le déroulement des tests de médicaments en Inde.

À l’hôpital d’Indore, les violations auraient été nombreuses par le passé. D’après Mims, « aucun des patients n’a été rémunéré pour les tests, les détails fournis sur les fiches sont flous » et « les fortes doses administrées comportent des risques pour la santé ». Anand Rai évalue à 3 300 le nombre des « cobayes » d’Indore depuis quatre ans, dont 1 833 mineurs.

« Les tests sont une source alléchante de revenus », explique Chandra M. Gulhati, rédacteur de MIMS qui s’est procuré des copies de contrats illégaux à Indore. «

Les médecins recrutés utilisent le nom de l’hôpital, mais avec leur adresse et leur compte en banque. C’est une fraude ! » Pour Anand Rai, les droits des patients sont bafoués : « J’ai vu des gens se faire tester sans en avoir aucune idée. Ils sont illettrés et parlent un dialecte local. C’est un crime de pratiquer des essais sans leur consentement. » Dans le cas du Tadalafil, médicament dont les tests sont en cause par le tribunal, 9 sujets sont des femmes ainsi qu’un mineur de 17 ans. Et, fait rare, deux docteurs ont été sanctionnés par le Bureau national du contrôle des médicaments (DCGI, Drug Controller General of India).

Les controverses pourraient aussi faire chuter ce marché. « L’Inde fait face à une baisse des tests pratiqués en raison de la lourdeur des approbations nécessaires, mais aussi des accusations au manquement éthique », signale le quotidien économique Mint. Les États-Unis relèvent que 2 % des tests de médicaments dans le monde ont été pratiqués en Inde en 2011. C’est loin des 15 % qui étaient visés, selon une étude de la Chambre du commerce et de l’industrie de l’Inde. Réalisée en 2009, elle évaluait le marché national à 300 millions de dollars, avec une croissance de 30 % par an.

Mais, face aux pressions, le Bureau national du contrôle des médicaments étudie un projet de compensations obligatoires en faveur des victimes de tests de médicaments. Dans l’immédiat, la proposition ne fait pas l’unanimité, ce qui n’étonne personne.

 

La mystérieuse maladie du hochement de tête tue les enfants en Ouganda

Des épidémiologistes, biologistes, neurologues, toxicologues et psychiatres tentent de cerner les causes d’une mystérieuse maladie qui touche les enfants du nord de l’Ouganda. Cette maladie, appelée « maladie du hochement de tête », a déjà fait 200 victimes.

Personne ne sait pourquoi Patrick Anywar, 14 ans, gît recroquevillé, nu dans la poussière et sous le soleil au zénith, dans le nord de l’Ouganda, luttant pour relever la tête et apercevoir son frère et sa soeur cadets qui jouent devant le domicile familial. Après quelques minutes d’effort, sa tête retombe sur sa poitrine et son corps amaigri est saisi de convulsions.

 

Des crises de convulsions

Patrick est l’un des 3.000 enfants du nord de l’Ouganda atteints d’un mal mystérieux, connu sous le nom de « maladie du hochement de tête » ou « maladie du tremblement » (« nodding disease »). Les scientifiques qui l’étudient depuis plusieurs années se perdent en conjectures sur l’origine de cette maladie qui a déjà tué au moins 200 enfants dans la région. Le peu qu’ils sachent est qu’elle ne touche que les enfants. Elle se traduit par des crises de convulsion qui les empêchent de se nourrir, provoquant des retards de croissance, des membres amoindris, des handicaps mentaux, jusqu’à ce que parfois ils meurent de faim.

 

« Avant, il marchait et courait »

La maladie a déjà pris un fils, Watmon, à la mère de Patrick Anywar, Rugina Abwoyo, qui dit ne pouvoir rien faire d’autre que d’assister impuissante aux ravages de celle-ci sur son autre fils. « Avant, il marchait et courait comme les autres enfants, mais maintenant, quelqu’un doit veiller sur lui en permanence« , explique-t-elle. « La maladie est terrible, elle l’empêche de manger et de boire tout seul« .

 

Un village ravagé

Sur un sentier ouvert dans un champ de sorgho, Joe Otto, un auxiliaire médical volontaire de 54 ans, raconte que la pathologie a ravagé son village de Tumangu, dans le district de Kitgum, à environ 450 km au nord de Kampala. « Dans le village vivent 780 personnes et nous avons 97 cas. Presque toutes les familles ont été touchées« , explique-t-il.

 

Un mal incurable

Quand le dispensaire local, à plusieurs kilomètres, reçoit l’une de ses épisodiques livraisons de médicaments, Joe Otto enfourche sa bicyclette pour s’en procurer. Mais ces traitements ne sont qu’un pis-aller. « Nous donnons des médicaments contre l’épilepsie, comme la carbamazepine, mais cette maladie est différente de l’épilepsie« , souligne-t-il. Face à ce mal incurable, les habitants sont passés de la crainte au fatalisme, dit-il: « On commence à dire que les patients qui sont morts ont guéri, parce que finalement, ils ne souffrent plus de cette maladie douloureuse« .

 

Les scientifiques pataugent

Depuis 2010, des scientifiques de toutes disciplines – épidémiologistes, biologistes, neurologues, toxicologues, psychiatres – ont mené toutes sortes de tests pour tenter de découvrir les origines de la maladie. Plusieurs hypothèses ont été étudiées: d’un parasite tel que celui provoquant l’onchocercose (ou cécité des rivières) aux possibles effets secondaires de la guerre civile dans le nord de l’Ouganda, où sévit la très brutale rébellion de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). « Nous avons examiné tout cela, mais malheureusement nous n’avons pu identifier aucun réel facteur déterminant ou de risque (…) les recherches de l’agent pathogène continuent« , explique Miriam Nanyunja, du service de prévention et contrôle des maladies à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Kampala.

 

Pourquoi se limite-t-elle à quelques communautés ?

Les résultats ont même souvent suscité plus de questions que de réponses. Les scientifiques ne savent pas si la maladie est liée à des épidémies similaires au Soudan du Sud et en Tanzanie, tentent de comprendre si elle continue de s’étendre ou a commencé à décliner, et pourquoi elle se limite à quelques communautés.

 

Un plan d’intervention d’urgence mis en place

Fin janvier, sous la pression de députés ougandais, le ministère de la Santé a mis en place un plan d’intervention d’urgence pour tenter d’identifier et de circonscrire la maladie. Mme Nanyunja, de l’OMS, estime qu’en attendant la découverte de l’origine de l’affection et d’un possible traitement, les médecins doivent se consacrer à tenter de soulager les patients. « Il existe de nombreuses maladies dont nous continuons à traiter les symptômes sans en connaître la cause exacte », souligne-t-elle.

 

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