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Publié le 21 Mar, 2013 dans Propagande

La nouvelle propagande est libérale, le nouvel esclavage est numérique

(Source : SOTT)

Qu’est-ce que la propagande moderne ? Pour beaucoup, elle réside dans un état totalitaire. Dans les années 70, j’ai rencontré Leni Riefenstahl et lui ai posé des questions au sujet de ses films épiques à la gloire des nazis. Utilisant une caméra et des luminosités révolutionnaires, elle produisit une forme documentaire qui hypnotisa les Allemands, son « Triomphe de la volonté » fit sortir le mauvais génie Hitler de sa lampe.

Elle m’a alors dit que les « messages » de ses films n’étaient pas dépendants des « ordres venus d’en haut », mais du « vide de la soumission » du public allemand. Cela incluait-il la bourgeoisie libérale et éduquée ? « Tout le monde » m’a t’elle répondu.

Aujourd’hui, nous préférons croire qu’il n’y a pas de vide de soumission. Le « choix » est partout. Les téléphones sont des « tremplins » qui lancent chaque demie-idée. Il y a le Google de l’espace si vous en avez besoin. Caressés comme des rosaires, les engins précieux se portent la tête basse, ils sont regardés et mis en exergue sans arrêt. Leur thème dominant est le moi. Mes besoins. Le vide de la soumission de Riefenstahl aujourd’hui est l’esclavage numérique.

Edward Said a décrit cet état de connexion dans son « Culture et Impérialisme » comme menant l’impérialisme dans des endroits que les marines d’antant n’auraient jamais pu atteindre. C’est le contrôle social ultime car il est volontaire, addictif et enrobé des illusions de la liberté individuelle. 

Le « message » d’aujourd’hui de grotesque inégalité, d’injustice sociale et de guerre est la propagande des démocraties libérales. Par tout standard du comportement humain, ceci est un extrémisme. Quand Hugo Chavez l’a défié, il fut abusé par une mauvaise foi et son successeur sera trompé par les mêmes zélotes de l’American Enterprise Institute, de l’Harvard’s Kennedy School et les organisations « des droits de l’Homme », qui se sont appropriés le libéralisme américain et pilotent en sous-main sa propagande. L’historien Norman Pollack appelle ceci le « fascisme libéral ». Il écrivit: « Tout est étalage de normalité. Pour les adeptes du pas de l’oie, substituer pour plus de militarisation rampante de la culture totale et pour le leader qui aime bombarder, travaillant froidement (à la Maison Blanche), planifiant et mettant en œuvre des assassinats, sourire radieux aux lèvres. »

Alors qu’il y a encore une génération, la dissidence et la satire acerbe étaient autorisées dans la culture « de masse », leurs contre-façons d’aujourd’hui sont aceptables et représentent les règles d’un faux esprit du temps (NdT: « zeitgeist » dans le texte original) moral. « L’identité » seule importe, féminisme en mutation et déclarant les classes obsolètes, de la même manière que les dégâts collatéraux couvrent pour le meurtre de masse, l’ « austérité » est devenue un mensonge tout à fait acceptable. En dessous du vernis du consumérisme, un quart de la population de la grande banlieue de Manchester vit dans « une pauvreté extrême ».

La violence militariste perpétrée contre des centaines, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants inconnus par « nos » gouvernements, n’est jamais un crime contre l’humanité. En s’entretenant avec Tony Blair il y a 10 ans sur son invasion criminelle de l’Irak, Kirsty Wark de la BBC lui offrit un moment dont il n’aurait osé rêver: Elle permit à Blair d’agoniser publiquement sur sa « décision difficile », plutôt que de le rendre responsable des mensonges monumentaux et du bain de sang qu’il déclancha. Cela rappelait Albert Speer (NdT: Ministre de la guerre d’Hitler à partir de 1942).

Hollywood est retournée dans son rôle de la guerre froide, emmené par les libéraux. Le film gagnant des oscars de Ben Affleck « Argo » est le premier film si intégré au système de propagande, que son message subliminal d’alerte de la « menace » de l’Iran est offert alors qu’Obama se prépare, encore et toujours, à attaquer l’Iran. Que la « véritable histoire » d’Affleck des gentils contre les « méchants musulmans » soit une fabrication de la même mouture que la justification d’Obama pour ses plans de guerre, est noyé dans les applaudissements gérés par la relation publique idoine. Comme le critique indépendant Andrew O’Hehir l’a si bien noté, « Argo » est « un film de propagande dans le plus pur sens du terme, un de ceux qui affirme être innocent de toute idéologie. » A savoir, il réduit l’art cinématographique en reflet de l’image du pouvoir qu’il sert.

La véritable histoire est que, depuis 34 ans, l’élite de la politique étrangère américaine a piaffé d’impatience pour une vengeance de leur perte du Shah d’Iran, leur tyran bien-aimé et son état de la torture fait pour lui sur mesure par la CIA. Quand les étudiants iraniens ont occupé l’ambassade des Etats-Unis en 1979, ils y ont trouvé une mine de documents incriminatoires, qui révélait qu’un réseau d’espionage israélien opérait au sein même des Etats-Unis, volant des secrets scientifiques et militaires. Aujourd’hui, l’allié sioniste duplicite, et non pas l’Iran, est la seule et unique menace nucléaire au Moyen-Orient.

En 1977, Carl Bernstein, rendu célèbre pour son reportage sur le Watergate, a révélé que plus de 400 journalistes et exécutifs de bon nombre d’organisations médiatiques libérales des Etats-Unis avaient travaillé pour la CIA ces 25 dernières années. Incluant des journalistes du New York Times et des grosses chaîne de télévision. De nos jours, une telle force de travail criminelle est relativement inutile. En 2010, le New York Times n’a fait aucun secret de sa collusion avec la Maison Blanche en censurant les Wikileaks war logs. La CIA possède un « bureau de liaison de l’industrie du spectacle », qui aide les réalisateurs et les producteurs à refaçonner son image, celle d’un groupe de mafieux hors-la-loi qui assassine, renverse des gouvernements et traffique la drogue. Alors que la CIA d’Obama multiplie les assassinats par drones, Affleck, lui, loue les « services clandestins, qui font quotidiennement des sacrifices pour les Américains. Je désire les remercier profondément. » Le film gagnant aux Oscars 2010 « Zero Dark Thrity » de Kathryn Bigelow, qui n’est que prosélytisme et apologie de la torture, était pratiquement fait sous license du Pentagone.

La prise de marché du cinéma américain au Royaume-Uni atteint souvent 80% et la petite portion cinématographique britannique est essentiellement en co-production américaine. Les films d’Europe et du reste du monde ne sont qu’une infime fraction de ceux que nous sommes permis de visionner. Dans ma propre carrière de réalisateur, je n’ai jamais connu une époque où les voix du désaccord et de la dissidence dans les arts visuels ont été si peu nombreuses et silencieuses. 

Pour toutes les poignées de main concernant l’enquête de Leveson, le « moule Murdoch » demeure intact. Les écoutes téléphoniques ont toujours été une distraction, un moindre mal, comparées aux tambours de la guerre martelés par les médias pour les guerres criminelles. D’après un sondage de Gallup, 99% des Américains croient que l’Iran constitue une menace pour eux, tout comme la majorité a cru que l’Irak était responsable des attaques du 11 Septembre. 

« La propagande gagne toujours », a dit Leni Riefenstahl, « si vous l’y autorisez.« 

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