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Publié le 5 Oct, 2013 dans Propagande

Conditionnement psychologique : encore un exercice d’attaque terroriste à Montréal

(Source : Les 7 du Québec)

Nous avons tous vécu ces pratiques d’incendie qui ont lieu dans les grands édifices publics ou dans notre lieu de travail.

Le service des incendies conjointement avec les responsables désignés pour l’évacuation rapide et efficace des lieux simule qu’un incendie s’est déclaré.  Ils peuvent ainsi observer si l’opération d’évacuation comporte des lacunes, si le plan d’évacuation doit être révisé, si certaines sorties ont été congestionnées et d’autres sous utilisées, etc.  Bref, une opération dont nous comprenons tous l’importance et qui se fait dans le calme malgré l’alarme qui nous énerve et le dérangement momentané qu’un tel exercice occasionne.

Ce genre d’exercice n’a pas besoin de mise en scène ni de comédiens impressionnants.  On nous pratique à bien suivre les directives, à ne pas paniquer et à être fin prêt si cette catastrophe se produit.

Mais voilà qu’hier, un autre genre de simulation a eu lieu à Montréal.  Cette fois-ci, beaucoup de mise en scène.  Du vrai cinéma ! On a fait appel à plusieurs bons comédiens.  Impressionnant l’événement !

L’hôpital Saint-Luc a été pris d’assaut par 25 acteurs maquillés.
Des victimes d’un attentat terroriste fictif.
Attentat fictif à l’arme chimique !
La simulation aurait fait 300 victimes (simulées).

On nous a pratiqués à quoi donc ?

Le contexte était un événement terroriste fictif impliquant un agent chimique dispersé mécaniquement, suivi d’une explosion, le tout nécessitant une décontamination de masse.

Est-ce vraiment une pratique ou si ce n’est qu’une préparation mentale.  Une sorte de conditionnement psychologique ?

On dit:

Montréal n’est pas à l’abri d’un événement nécessitant un code orange, a-t-il expliqué. On a vu avec le marathon de Boston ou en 1995, avec l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, que des gens se rendent à l’urgence à pied.

Veut-on nous conditionner à craindre une attaque « chimique » ?   Veut-on nous conditionner à craindre les « terroristes » ?

On nous pratique au psychologique «code orange».

À deux reprises, Montréal a dû déclencher un code orange, soit lors des fusillades de Dawson, en 2006, et de Polytechnique, en 1989. 

Peut-on être prêt à réagir si une telle attaque survient ?  La supposée attaque «chimique»  potentielle va-t-elle respecter le brillant scénario de la « simulation » ?

La météo va-t-elle « coopérer » ?  Les victimes seront-elles comme les comédiens ?  Cette super simulation sert vraiment à quoi ?

L’an passé on nous faisait le même coup.  Un grand coup médiatique qui nous saisit l’imaginaire collectif.  On nous introduisait au psychologique «code orange».

La simulation visait à mettre en pratique un «code orange», une procédure internationalement reconnue lors d’un événement comme un attentat terroriste… 

Il y a un monde entre la simulation d’un incendie et la simulation d’une attaque « chimique ».

L’an passé:

Le centre-ville de Montréal a été, aujourd’hui, le théâtre de la plus grande simulation de mesures d’urgence, jamais réalisée, au Québec.

Afin de tester la réaction des services de santé, en cas de catastrophe, 80 victimes d’une attaque terroriste fictive, dans le métro. 

Le scénario testé aujourd’hui visait à recréer des conditions dans lesquelles il y aurait  «  400 victimes »   dans un même accident, a précisé Michel Garceau, coordonnateur régional des mesures d’urgence.

L’organisateur des deux événements est M. Michel Garceau.

Est-ce une faiblesse journalistique lors de la couverture de cet événement ?  Aucune question concernant l’approche psychologique d’une telle simulation.  Aucune question sur les points étudiés.  Aucune question sur ce besoin soudain de faire un tel coup de théâtre.  Aucune question sur l’efficacité et la nécessité de jouer la terreur.

Aucune entrevue «intelligente» et poussée de médecins ou du personnel hospitalier.  On  apprend simplement que les médecins ont embarqué dans «le jeu».

On dit pourtant que cet exercice leur est spécialement dédié.  On dit que cette simulation vise à bien les préparer pour une telle situation d’urgence.

Aucune entrevue d’ambulanciers.  Combien d’ambulances ont participé à la scène théâtrale ?  Les ambulanciers ont-ils pu acquérir des techniques qui leur étaient inconnues ?  Le service ambulancier souvent surchargé a-t-il mis en attente certains appels alors qu’il participait à cette pièce de théâtre ?

Lorsqu’on regarde les reportages, on constate que c’est une vraie farce.  Beaucoup de sourires, et surtout énormément de caméras.

Qui donc prépare-t-on le plus ?  Ces médecins et ce personnel hospitalier ou la population ?
Était-ce un exercice médical ou médiatique ?

Tandis que tous les paramètres d’un incendie mineur ou majeur peuvent être sérieusement étudiés,  population d’une salle, bouche d’aération, gicleurs, sorties, type de matériel inflammable, etc.   Les paramètres d’une attaque réalisée par des «terroristes» seront toujours en bonne partie inconnu et l’efficacité de la surprise brutale ne sera pas de la mise en scène calme.  Les morts ne seront pas vivants et les victimes ne joueront pas un rôle.  Le sang sera vrai et le gaz « chimique » si tel est le cas sera foudroyant.

On peut mettre en doute l’efficacité et surtout la nécessité de l’exercice «spectaculaire» d’hier.  Les services secrets et les limiers ayant pour fonction de détecter le terrorisme connaissent bien les outils qu’ils ont à leur disposition pour répondre efficacement à une telle attaque.  Ce n’est pas en faisant une scène à la population qu’ils améliorent leurs connaissances.

Cette simulation avait probablement pour objectif principal de nous préparer psychologiquement à l’acceptation de loi toujours plus invasive dans nos vies privées et dans le contrôle de nos libertés individuelles.  Les milliers de caméras qui surveillent nos moindres gestes, les écoutes de nos conversations téléphoniques, la lecture automatique des mots employés dans nos courriels, notre réseau de connaissances et d’amis, bref cette loupe de plus en plus insistante qui nous surveille doit se faire accepter. En faisant des opérations de simulation du terrorisme, notre inconscient consent à être scruté pour « sa protection ».

On accepte de se faire déshabiller pour prendre l’avion.  Accepterons-nous un jour la caméra de surveillance dans notre maison ou la puce qu’on nous mettra au cou ?

Pour terminer sur une note englobant les propos tenus précédemment, il vous est sérieusement conseillé de bien écouter ce bulletin de nouvelles concernant le terrorisme.  Nous ne serons jamais trop préparés.  Voyez.

Serge Charbonneau

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