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Publié le 13 Fév, 2017 dans Presse libre

Pour le « journaliste » Thibaut Schepman, les hécatombes animales ne sont que « théorie du complot biologique »

Initialement publié le 18 novembre 2014 et repris le 1er janvier 2016, Le Nouvel OBS/Rue89 relaie un article d’opinion de Thibaut Schepman (qui aime « les hyperliens, les boutures et les reportages à vélo ») comparant le phénomène des hécatombes animales à une « théorie du complot biologique ». Oui, vous avez bien lu! Je ne sais trop comment on en arrive à une telle sémantique, peut-être une imagination incontinente? Peu importe.

La logique et l’explication d’une telle comparaison? L’auteur écrit simplement :

Théorie du complot biologique
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En 2011, la mort de deux millions de poissons dans le Maryland avait indigné et alimenté les plus loufoques théories du complot. Mais elle n’était due qu’à une vague de froid, un grand classique. Le tout alors que – mis à part le génial coup médiatique de la dessinatrice Pénélope Bagieu –, la condition halieutique [reliée à la pêche] peine à mobiliser les foules.
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Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, confirme  :
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« Ces exemples intéressent parce qu’il y a des images qui permettent de choquer. Le problème, c’est que ce qui est vraiment inquiétant en termes de biodiversité ne peut pas être montré aussi facilement. On sait que l’action de l’homme et les millions de molécules chimiques que l’on introduit chaque jour dans l’environnement sont extrêmement dommageables pour la biodiversité, mais ces liens sont difficiles à prouver et encore plus à illustrer. »

Je suis d’accord avec le professeur : on introduit chaque jour dans l’environnement des millions de molécules chimiques. En fait, « millions » est un terme très faible, une molécule, c’est petit. Passons. Je suis aussi d’accord avec le professeur sur le fait que ce lien est difficile à prouver. Facile à imaginer, certes, mais prouver est une autre chose. Et d’ailleurs, c’est là un des grands problèmes : la majorité des cas d’hécatombes de la sorte n’ont, après analyse, aucun lien avec la pollution. Est-ce que ça en fait pour autant une « théorie du complot »? Biologique, de surcroît? Non. Mais cela devrait en faire un domaine de recherche.

Un autre « argument » de notre « journaliste » passionné par « les hyperliens, les boutures et les reportages à vélo », est ceci :

Dernier exemple en date : ce post du blog Pilulerouge qui recense les «  hécatombes animales en série que nous cachent les médias  ». En s’appuyant sur des articles de journaux, son auteur (que nous n’avons pas réussi à joindre[1]) – dresse une liste impressionnante de drames locaux : le plus souvent des poissons, oiseaux ou mammifères morts en masse à cause d’une maladie, d’une pollution locale ou sans explication.
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Cette liste a été partagée des milliers de fois avec indignation sur Facebook et Twitter. Sauf que ces histoires sont grosso modo à la biodiversité ce que le fait divers est à la justice. Elles ne nous apprennent quasiment rien sur l’état de notre planète, elles font diversion.

Vous avez bien lu, « ces histoires ne nous apprennent rien sur l’état de notre planète »! Cécité volontaire? Il n’est certes pas aisé de voir les choses pour ce qu’elles sont, mais – et c’est peut-être seulement moi – le déni total est encore plus difficile à réaliser.

L’auteur de continuer :

Pire, tenter de dénoncer des phénomènes manifestes via ces faits divers du vivant est souvent une mauvaise idée.

Nous aurions donc d’un côté un « phénomène manifeste » et de l’autre des « faits divers ». Dissonance cognitive oblige, impossible de réconcilier cette idée de « mauvaise idée ». Ou, peut-être, le remède réside à même la maladie. En effet, ce qui est considéré ici comme « faits divers » est pourtant d’une surprenante (lire inquiétante) fréquence et d’une ampleur à faire réfléchir. Les hécatombes animales sont tout sauf des « faits divers » : trop nombreux et trop fréquents. « Phénomène manifeste » est déjà une bien meilleure appellation, toujours est-il qu’il faut savoir voir le phénomène dans son ensemble.

Bien que je n’aie pas couvert toute l’actualité sur le sujet, loin de là, je vous laisse vous en faire une idée par vous-même via la rubrique hécatombes animales de ce site.

 


Note :

[1] Il n’est pourtant pas difficile de joindre Pilule Rouge, simplement relayer un de ces articles et elle accourra en vous insultant sur les réseaux sociaux (du pseudo Réveillez-vous sur Facebook) :

Pour n’en citer que quelques-uns!…