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Publié le 23 Août, 2011 dans Presse libre

États-Unis : Comment la démocratie s’achète

(Source : Cyberpresse)

Ma chronique du jour, Où est la grogne ?, porte sur la « démocratie » américaine, minée par le poids de l’argent. Dans un système où les compagnies sont considérées comme des « personnes » qui peuvent s’« exprimer » dans les élections et contribuer autant d’argent qu’elles le souhaitent pour appuyer des causes et des candidats (ainsi que salir des causes et des candidats), il n’y a pas de démocratie. Ça donne un système où le président des États-Unis peut bien être un marxiste, le législatif va toujours s’arranger pour faire des gâteries à ceux qui les financent, les riches. Je connais cette réalité depuis longtemps, je l’exècre et elle est documentée mais personne ne l’a mieux articulée, ces dernières années, que Bill Moyers.

Obama s’est écrasé dans ses négociations avec les républicains sur le rehaussement du plafond de la dette. Il a accepté de « négocier » selon les termes imposés par les extrémistes du Tea Party, imbriqués dans le Parti républicain. Ça ne l’honore pas mais Obama n’est qu’un homme dans ce système et, pour 2012, il doit lui aussi financer sa campagne et celle de son parti. En surface, Obama est un progressiste. Mais dans les faits, il fait partie de ce système qui fait en sorte que la secrétaire de Warren Buffett est plus imposée, en proportion de son revenu, que son milliardaire de patron. Les riches ont acheté les parlementaires pour se doter d’un système qui prend soin de leurs intérêts. C’est aussi simple que cela.

Quatorze pourcent des Américains dépendent des « food stamps » pour se nourrir, mais ce n’est pas grave : le « problème », c’est que l’assurance-chômage aux États-Unis est trop « généreuse ».

Le budget américain, sous Clinton, était non seulement équilibré mais il affichait un surplus. Bush a lancé ses armées dans deux guerres d’occupation sans toucher aux taxes et impôts. Au contraire il les a baissés, en particulier pour la classe la plus riche des Américains, mais ce n’est pas grave : le « problème », c’est que la Social Security et le Medicare coûtent trop cher aux Américains…

Si les Américains se rapprochaient juste un peu des taux d’imposition qu’on retrouve ailleurs, leurs problèmes de déficit se réglerait assez rapidement (À ce sujet: chronique de Claude Picher, publiée en juillet). Mais bon, le « problème », c’est que les Américains sont trop taxés, selon les malades mentaux du Tea Party, manipulés par les milliardaires qui ont déjà les parlementaires dans leurs petites poches arrières.

C’était drôle tant que ça ne concernait que les Américains. Mais là, on le voit avec la crise de « confiance » consécutive au chantage du Tea Party fin juillet/début août, crise qui secoue les marchés et menace de provoquer une autre récession, la mondialisation aide à propager la bêtise du système politique américain.

Pour le reste, référez-vous à George Carlin, dans le monologue qui coiffe ce billet, à propos de la perversion du système politique des USA.

The politicians are put there to give you the illusion of freedom of choice…

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