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Publié le 28 Nov, 2013 dans OGM

OGM : touche pas à mon lobby!

(Source : La Presse + ActuWiki – Merci à Clara)

Le papier de Séralini sur les OGM est retiré
Commentaire :
Séralini et ses collègues se sont fait connaître du grand public pour leurs études sur les OGM et les pesticides et, en particulier, une étude toxicologique controversée publiée en septembre 2012 et fortement médiatisée attestant que Oui, les OGM sont poisons, très poisons.

Un peu plus d’un an après sa publication, la revue Food and Chemical Toxicology a finalement décidé de retirer l’étude extrêmement controversée (et presque unanimement dénoncée par la communauté le lobby scientifique) dans laquelle le biologiste et militant anti-OGM français Gilles-Éric Séralini prétendait avoir trouvé un lien entre la consommation de maïs génétiquement modifié et le cancer.

L’étude avait eu un retentissement planétaire, en partie parce que les OGM sont en eux-mêmes un sujet extrêmement politisé, mais aussi parce que la publication de l’étude avait fait l’objet d’une mise en scène médiatique adroitement ficelée, coïncidant avec le lancements de deux livres et d’un documentaire. Les journalistes qui l’avaient obtenue sous embargo — une pratique courante en sciences, qui vise à donner le temps aux médias de consulter des experts indépendants de l’étude — avaient en outre dû signer une entente de confidentialité les empêchant de communiquer le document à d’autres chercheurs, ce qui transformaient essentiellement les médias en meneuses de claque. Un rôle que certains avaient d’ailleurs embrassé avec un enthousiasme désarmant.

Commentaire :
« Pratique courante » sont ici les termes à retenir. On accuse certaines de le faire (comme ici) quand ça ne plaît pas au lobby, mais on le passe sous silence, puisque c’est « pratique courante » lorsque ça va en notre sens.

L’ennui, c’est qu’il est très vite apparu que le travail du labo de M. Séralini souffrait de très graves lacunes. Le groupe-contrôle — soit celui qui n’avait pas été nourri au maïs Round-Up et qui servait de point de comparaison, de «norme» en quelque sorte — était ridiculement petit, comptant seulement 10 mâles et 10 femelles, ce qui limitait énormément la portée statistique de l’étude. Le nombre de variables testées et de combinaisons de diètes (11 % à 33 % d’OGM, trois doses différentes du pesticide associé au Round-Up, le glyphosate, et des mélanges d’OGM et de pesticide) avait également eu pour effet de diminuer la taille des groupes-test à 10 mâles et 10 femelles, ce qui limitait encore la puissance statistique de l’étude — jusqu’à l’insignifiance. En outre, la souche de rats utilisés dans l’expérience était connue pour développer facilement des cancers en fin de vie, soit en plein ce que Séralini et al. avaient «trouvé».

C’est essentiellement pour ces deux raisons qu’un panel de Food and Chemical Toxicology, qui a examiné récemment les données brutes de l’expérience (une procédure exceptionnelle), a demandé au chercheur/activiste français de retirer de lui-même son article — ce qu’il a refusé très publiquement —, faute de quoi la revue savante le fera unilatéralement.

Comme le fait remarquer le blogue Retraction Watch, cette rétraction provoquera inévitablement beaucoup de remous, parce que ces faiblesses étaient connues de FCT depuis le début, mais la revue avait décidé de publier le papier quand même parce qu’elle lui trouvait malgré tout, à travers ses lacunes, un certain «mérite».

Commentaire :
Voyez comment il est facile de détruire quelque chose dont on ne veut pas.

L’examen des données brutes de Séralini et al. n’a pas permis de trouver la moindre indication de fraude ou de manipulation. La décision peut donc effectivement paraître assez étrange, mais la lettre de FCT invoque également la «revue par les pairs post-publication» comme un motif de sa décision. Et force est d’admettre que c’est une pluie de critiques rudement drue qui est tombé sur cet article depuis un an : la liste des commentaires (presque tous assassins) publiés dans FCT en dit long là-dessus, tout comme les commentaires très durs formulés notamment par six académies scientifiques françaises, le Haut conseil des biotechnologies, l’Agence européenne de sécurité des aliments, l’Agence nationale de sécurité sanitaire françaises ainsi que ses homologuesallemande, néerlandaise et danoise.

Commentaire :
On ne reconnaît aucune fraude ni manipulation, mais le tsunami de commentaires aura su faire le boulot sale de discréditation.

Peut-être que c’est une mauvaise raison de retirer un papier. Peut-être que les rétractations devraient être réservées aux cas de fraudes ou d’erreurs grossières. On peut en débattre. Mais certains acteurs et médias vont beaucoup plus loin que ça et, c’était à prévoir, voient dans ce revirement l’«ombre de Monsanto» car, font-ils valoir, un ancien employé de l’entreprise a été nommé en mai dernier sur le comité éditorial de FCT. Le chercheur en question, Richard Goodman, un spécialiste des allergies alimentaires de l’Université du Nebraska, a effectivement déjà travaillé chez Monsanto, mais il a quitté l’entrepriseen 2004 — bien lire «2004», comme dans «ça fait presque 10 ans». Pour l’accuser de conflit d’intérêt ou y voir une «prise de contrôle» de FCT par Monsanto après tout ce temps, il faut y mettre une sacrée dose de mauvaise foi, ou alors porter des œillères épaisses comme ça.

Commentaire :
Ou encore comprendre comment fonctionnent les « portes tournantes ». Copains un jour, copains toujours.

Car les appels à la rétractation fusent de toutes parts depuis le tout début de cette affaire, bien avant la nomination de M. Goodman. La liste des commentaires citée ci-haut ainsi que diverses autres sources en témoignent éloquemment. Alors je ne peux m’empêcher de penser que si certains observateurs, et en particulier les médias qui se sont fait rouler dans la farine en 2012, embarquent si facilement dans cette histoire de complot, c’est parce qu’elle leur permet de sauver les apparences — à défaut, malheureusement, de tirer les leçons qu’il faut de cette histoire.

Si le Nouvel Obs (journal que j’aime bien, par ailleurs) a en bonne partie raison de dire que cette rétractation est un «coup dur pour Gilles-Eric Séralini (et…) pour la légitimité des grandes revues scientifiques et le débat scientifique grand public en général», il oublie convenablement de dire que cette histoire est aussi un gros œil au beurre noir pour les médias qui avaient accepté sans sourciller de jouer le jeu du CRIIGEN.

Commentaire :
L’oeil au beurre noir des médias est, en réalité, issu de ceci : touche pas à mon lobby!

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Voici une courte liste des entreprises qui font du lobbying pour bloquer l’étiquetage des OGM

•Monsanto: 4.208.000 $
Monsanto est le leader mondial des semences, responsable des pesticides dangereux comme le DDT et l’agent Orange. La société fait actuellement pression pour l’approbation d’une nouvelle variété de maïs qui résiste au 2,4-D, l’un des deux défoliants de la famille de l’agent orange. (L’autre pesticide de cette famille…)

• DuPont: 4.025.200 dollars
DuPont, firme qui fait essentiellement dans la chimie, gagne 19 millions de dollars chaque année à partir des ventes liées à ses semences génétiquement modifiées, les pesticides et les produits chimiques de transformation des aliments.• Bayer CropScience: 1.618.400 $• Dow Agrosciences: 1.184.800 $

• BASF: 1.642.300 $
Leader mondial de l’industrie chimique, BASF a récemment abandonné ses tentatives de commercialisation de cultures d’OGM en Europe, où les OGM sont rejeté de l’alimentation, en grande partie grâce aux consommateurs. BASF a déménagé son usine de la division science de l’Allemagne à Raleigh, en Caroline du Nord. Là, la société travaille avec Monsanto pour développer un maïs résistant à la sécheresse et une souche de blé génétiquement modifié.

• Syngenta: 821.300 $
Conseil de l’information en biotechnologie: $ 375,000 et l’Organisation des Industries des Biotechnologies: 250,000 $. Les deux là sont des groupes qui représentent DuPont, Monsanto, Dow, et d’autres sociétés qui fabriquent les pesticides et les semences génétiquement modifiées destinées à les supporter.

• Grocery Manufacturers Association: $ 375,000
Il s’agit d’un groupe professionnel représentant les fabricants d’emballages alimentaires . Ce groupe a exercé des pressions pour mettre à bas un amendement à la sécurité alimentaire et la Loi sur la modernisation en 2011 qui aurait interdit aux USA, la substance chimique hormonoperturbantes bisphénol A, dans les aliments en conserve.

Maintenant, les entreprises alimentaires…Ironiquement, beaucoup de ces mêmes sociétés ont acheté des marques bio dans les dernières décennies, alors, qu’en parallèle, elles maintiennent les clients dans l’ignorance de la composition de leurs produits “classiques”. Cela doit sonner comme un avertissement : Tous les “bio” ne se valent pas.

• Pepsico: 1.716.300 $
Le vendeur du Pepsi Cola, entre autres…

• Nestlé: 1.169.400 $
Possède “Tribu Méditerranéenne Foods”, qui a une ligne de houmous certifiés biologiques, mais s’il n’y avait que ça….

• Coca-Cola: 1.164.400 $
Possède Odwalla, qui fabrique une ligne de smoothies et jus certifiés biologiques, mais s’il n’y avait que ça….

• ConAgra Foods: 1.076.700 $

• Kellogg: 632.500 $
Possède Morningstar Farms, burgers végétariens, et Kashi, sa marque de céréale et graine, a récemment été prise en flagrant délit d’utilisation d’ingrédients OGM dans des produits annoncés comme «naturels»; Kashi fait des céréales certifiées biologiques et Kellogg travaille même à faire étiqueter tous les produits Kashi de la mention “Vérifié sans OGM” alors même qu’il tente de démolir ce même étiquetage.

• General Mills: 519,401.17 $
Propriétaire de Cascadian Farms et Muir Glen, marques bio. En France, c’est Géant Vert, Old El Paso, Haagen-Dazs, ou les céréales pour petit-déjeuner Jordan’s.

• Hershey: 395.100 $

• J.M. Smucker: 388,000$
Vend deux types de beurre d’arachide certifié biologiques.

• Hormel Foods: 374.300 $

• Ocean Spray: 301,553.21 $
En France, c’est une boisson aux cranberry.

• Dean Foods: 253.950 $
Même si elle ne dépense pas autant que d’autres entreprises pour contrer le projet de loi, Dean Foods possède les deux plus grandes entreprises laitières bio des USA, Horizon Organic et Alta Dena.

• Cargill: 202,229.36 $
En France, Cargill produit pour l’industrie : des intrants agricoles, des sous produit de poulet, du chocolat. Difficile de le cerner avec exactitude.

Un certain nombre d’autres grandes entreprises alimentaires ont fait des dons plus modestes, y compris Del Monte, Sara Lee, Sunny Delight (Boisson sucrée aux arômes de fruits), Lacs Land O ‘, et les épices McCormick (Marques existant en l’état dans les rayons français d’épices de supermarché).
N’hésitez pas à leur faire savoir ce que vous en pensez et, puisque ce sont des entreprises qui croient plus aux lois du marchés qu’à la démocratie, évitez simplement d’acheter leurs produits et faites circuler cette information sur vos réseaux. Si vous avez du mal à faire le tri dans votre panier, on ne peux que vous encourager à aller dans des magasins qui auront fait un pré-tri en amont. Satoriz le fait, les Biocoop aussi, les magasin locaux aussi. Puisque ces gens comptent sur l’adaptation de nos libres comportements pour leur indiquer ce qu’ils doivent faire, sachons être libres de se passer d’eux.

Commentaire :
Et on ne parle ici que d’étiquetage!

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