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Publié le 1 Nov, 2013 dans OGM

Non, il n’existe pas de consensus scientifique sur la sécurité des OGM

(Source : Combat Monsanto)

Un groupe international de scientifiques se mobilise : il n’existe pas de consensus scientifique sur la sécurité des OGM

Il n’y a pas de consensus scientifique relatif à la sécurité des aliments et des cultures génétiquement modifiés (GM). C’est ce qu’affirment, dans un communiqué publié aujourd’hui, un groupe international de 92 scientifiques, universitaires et médecins. Une déclaration qui contraste avec les conclusions récentes du Fond national suisse pour la recherche scientifique (FNS) ou les récentes prises de position de l’Académie des sciences.

La déclaration du réseau européen de scientifiques engagés pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) intervient une semaine après la farce de l’attribution du Prix mondial de l’alimentation, financé par les plus grosses multinationales agro-chimique du monde, à des employés des géants des semences GM Monsanto et Syngenta. La déclaration a été rédigée en réponse aux allégations récentes de la part de l’industrie biotech, de certains scientifiques, journalistes et commentateurs qui veulent clore le débat en prétendant que tout le monde est d’accord et que les OGM sont sûrs.

Les signataires de la déclaration comprennent des scientifiques éminents et respectés, y compris le Dr. Hans Herren, ancien lauréat du Prix mondial de l’alimentation et lauréat du prix Nobel Alternatif de cette année, et le Dr. Pushpa Bhargava , connu comme le père de la biotechnologie moderne en Inde.

Prétendre à « un consensus scientifique » est fallacieux pour la Dresse Angelika Hillbeck, présidente de l’ENSSER et chercheuse à l’ETHZ : « De telles allégations font peser des risques inconsidérés sur la santé humaine et l’environnement et contribuent à créer une atmosphère de complaisance. La déclaration vise à attirer l’attention sur le fait que l’opinion de la communauté scientifique qui travaille sur les OGM est partagée et que les résultats des études s’intéressant à la question de la sécurité des OGM sont souvent contradictoires ou non concluants ».

Pour le Pr. Ernst-Ulrich von Weizsäcker, co-président du Panel international des ressources (PNUE) et Co-Président du Club de Rome, « Revendiquer l’existence d’un consensus scientifique relatif à la sécurité des OGM est trompeur et ne rend pas compte des preuves scientifiques diversifiées et peu concluantes. L’étendue totale de la recherche scientifique doit être prise en compte dans des débats ouverts, transparents et honnêtes qui implique la société en général lorsque des décisions d’intérêt mondial sont en cours. Il s’agit d’une responsabilité des scientifiques et de la science ».

Dans leur lettre documentée et référencée, articulée en 9 points [1], les scientifiques insistent sur le besoin de plus de recherches scientifiques indépendantes et sur l’absence du consensus relatif à la sécurité environnementale ou sanitaire des OGM. Ils citent par exemple l’absence d’études épidémiologiques à long terme, le non-accord des différentes agences gouvernementales en charge de l’évaluation, l’absence de preuve de l’innocuité des OGM, l’absence de consensus sur les risques environnementaux, et la reconnaissance par les différentes législations et les accords internationaux des risques posés par les aliments et les cultures GM.

Selon l’ENSSER, le désaccord parmi les scientifiques peut être mis en corrélation avec leurs sources de financement ou leur formation académique. Les scientifiques recevant des financements de l’industrie et/ou formés en biologie moléculaire seraient très susceptibles d’avoir une attitude positive envers les cultures GM et d’affirmer qu’elles ne présentent pas de risques particuliers, alors que les scientifiques formés en écologie et/ou financés par l’État et travaillant indépendamment des sociétés agro-chimiques développant des semences GM seraient plus susceptibles d’avoir une attitude « plutôt négative » quant à la sécurité des cultures GM et de souligner l’incertitude et l’ignorance impliquées.

En Suisse, la récente conclusion du FNS sur le Pôle national de recherche 59 « les OGM ne présentent aucun risque pour l’environnement et pour la santé » et le récent engagement de l’Académie des sciences pour présenter le génie génétique comme sûr et durable au travers de rapports, journées d’information et conférences de presse souvent à l’intention des Parlementaires et des médias semblent confirmer cette analyse. Les conclusions proposées ne reflètent l’opinion que d’une partie des chercheurs au sein du PNR59 ou de l’Académie des sciences, mais sont proposées comme étant un consensus. Plus grave, elles n’intègrent pas tous les résultats disponibles ; ce qui est tendancieux, fallacieux et profondément non scientifique.

La science se construit et procède sur la base du discours contradictoire. Toute démarche scientifique objective se doit d’intégrer et de présenter les divergences d’opinion et de résultats. Toute tentative de décrédibilisation de résultats scientifiques ou des scientifiques critiques fera perdre de la crédibilité à l’ensemble de la communauté scientifique aux yeux de la société civile. C’est ce qui se passe actuellement.

Les décisions sur l’avenir de notre alimentation et de notre agriculture ne doivent pas être fondées sur l’allégation trompeuse et non représentative qu’un « consensus scientifique » existe sur la sécurité des OGM. Elles impliquent des considérations socio-économiques qui dépassent le cadre d’un débat scientifique étroit et de programmes de recherche en biosécurité n’ayant pas encore livrés leur verdict. Ces décisions doivent donc impliquer la société en général. Elles doivent cependant être étayées par des preuves scientifiques solides sur la sécurité à long terme des cultures et des aliments GM pour la santé humaine, animale et l’environnement. Elles doivent être obtenues d’une manière honnête, éthiquement rigoureuse, indépendante, transparente et suffisamment diversifiée pour compenser les biais.

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Pour de plus amples informations : StopOGM – Coordination romande sur le génie génétique Dr. Luigi D’Andrea, Chargé d’affaires pour StopOGM, 077 400 7043 Fabien Fivaz, Président de StopOGM, 078 740 06 51 info[at]stopogm.ch et www.stopogm.ch

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