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Publié le 24 Sep, 2011 dans Inexpliqué

Combustions humaines spontanées : phénomène paranormal ou phénomène physique?

(Source : Besoin de savoir)

Phénomène déconcertant, la combustion spontanée d’un corps humain était déjà parfaitement décrite au 17ème siècle.

Des historiens et chroniqueurs bien des siècles avant, signalent ce phénomène extrêmement troublant, mais de telle sorte que l’on ne peut retenir avec certitude avoir  affaire à une authentique combustion spontanée. Le bon sens peut nous faire considérer que ce phénomène doit remonter à la nuit des temps.

Lorsqu’il se produisait, il est vraisemblable que la victime, post mortem, devait être suspectée de sorcellerie, de satanisme ou autres par son entourage.

Ce n’est qu’à la fin du 19ème  siècle que le constat de la combustion spontanée a été observé et étudié plus objectivement, faisant taire tout l’aspect passionnel qui y était attaché jusqu’alors.

 

Une combustion parfois supérieure à une incinération : 1650°C

La rareté du phénomène en rend son étude particulièrement difficile, cependant il a pu être établi des constantes qui sont pratiquement toujours présentes : seule une partie du corps plus ou moins importante – voire le corps entier –  est carbonisée, totalement consumée.

L’environnement immédiat de la victime est quasi intact d’où non propagation de l’incendie.

La température oscillait selon les cas entre 700°C et 1650°C.

Ces très hautes températures étaient fortement suggérées lors des expertises qui montraient des cendres d’os, blanches alors que les cendres d’os issues de fours crématoires (températures de l’ordre de 900°C) pour les incinérations, sont grises et non pulvérisées comme celles retrouvées dans ce type de phénomène. D’ailleurs les résidus osseux doivent être finement broyés pour être ensuite versés dans l’urne funéraire.

 

L’entourage accusé de … meurtre !

Nous sommes en 1725, plus exactement le lundi de Pentecôte. Jean Millet tenancier d’auberge à Reims va se reposer tandis que son épouse ferme l’établissement.

A 2h30 du matin Jean est réveillé par une forte odeur de fumée qui semble provenir de la grande salle située au ré de chaussée. Il découvre alors, avec l’effroi que l’on imagine, le corps calciné de son épouse qui repose sur un fauteuil… resté intact !

La société, dans sa “ logique ” implacable, l’accuse d’avoir lui-même immolé par le feu sa femme. Le moins que l’on puisse dire est que notre homme se trouvait dans une situation dramatique : au deuil de son épouse s’ajoutait une accusation de meurtre.

Il fut sauvé de justesse par le témoignage d’un client ; jeune chirurgien, un nommé Le Cât qui réussit non sans peine à disculper ce pauvre aubergiste. Il put prouver que des cas similaires avaient été constatés à l’étranger et pour lesquels aucune explication assimilable à un meurtre ou assassinat n’avait pu être retenue.

Cette affaire qui fit grand bruit à l’époque, peut être considérée comme la première qui fut sérieusement répertoriée en France.

 

Arcis-sur-Aubes, Uruffe, Honfleur, Ebbw Vale… Une multitude de cas répertoriés

Le 17 juin 1971, à Arcis-sur-Aube, le corps de Léon Eveil est retrouvé complètement carbonisé dans sa voiture.

La chaleur produite devait être d’une très grande intensité puisque le pare-brise de son véhicule était fondu ! Quand au reste : sièges, garnitures, tableau de bord tout était à peu près intact.

À Ebbw Vale, dans le Gwent (Pays-de-Galles), il ne restait que le crâne noirci du corps du septuagénaire Henry Thomas et un tas de cendres blanches qui se terminait par deux pieds intacts, dans le salon du pavillon où les faits venaient de se produire.  C’est effectivement ce que vit l’officier de police judiciaire britannique John Heymer lorsqu’il se rendit  pour les besoins de l’enquête, dans le salon du pavillon où les faits venaient de se produire.

Seul le fauteuil à armatures en bois présentait quelques traces du sinistre. Rien d’autre dans la pièce n’avait été atteint par la combustion de la victime.

L’enquête précisa qu’Henri Thomas âgé de 73 ans ne fumait pas; ce qui écartait une des causes possibles de cet incendie.

Le médecin légiste conclut aux faits suivants : la victime serait d’abord tombée la tête la première dans l’âtre de la cheminée, ses cheveux se seraient enflammés.

Se ressaisissant, Henry Thomas aurait repris tranquillement place dans son fauteuil et ce, sans bousculer les braises ou manipuler les pinces, tisonnier placés près de l’âtre. Allongeant ses jambes, confortablement assis dans son fauteuil face à la télévision, il perdit connaissance pour une cause indéterminée. Ceci s’expliquant par la position du corps qui dénote une absence de réaction aux brûlures intenses.

Georgie (Etats-Unis), le cas de Jack Angel plaiderait pour l’hypothèse que nous suggérons : Dans tous les cas (ou presque) toutes les victimes se trouvent – pour des causes indéterminées – dans un profond état d’inconscience qui les font se consumer sans qu’ils réagissent et ce malgré les douleurs aiguës dues aux brûlures.

Le cas Angel est intéressant, puisque ce dernier a survécu à ce qui semble bien être un début d’autocombustion humaine.

En 1974, notre homme s’endort dans son lit, pour ne se réveiller que quatre jours plus tard, avec des brûlures épouvantables qui nécessiteront l’amputation de son avant bras droit. Pourtant son pyjama et ses draps étaient intacts. Il n’a ressenti les douleurs que quelques heures après avoir repris conscience. Angel fut incapable de se souvenir comment l’incident s’était produit.

Dans son cas, les médecins décelèrent de grandes quantités de fumée que ses poumons avaient inhalé.

 

Des victimes encore vivantes mais inconscientes

Ceci corrobore les expertises des médecins légistes qui, dans les cas d’autocombustions où il restait quelques résidus de parenchyme pulmonaire, décelèrent des dépôts de fumée. Et d’en conclure que lesdits sujets devaient être encore vivants certes mais dans un état d’inconscience assimilable au coma.

Ceci posé, nombre expertises prouveraient avec une bonne fiabilité que la victime était décédée avant “ sa  combustion ».

Le soir du 12 mai 1977, Ginette Kazmierczack est seule dans son appartement du petit bourg lorrain d’Uruffe, près de Toul.

Cette femme a une vie faite de discrétion, d’effacement et de solitude.

Vers 3 heures du matin, sa voisine de palier se réveille en sursaut. Sa chambre est pleine de fumée et elle est prise de suffocation. Elle sort précipitamment de son appartement et voit des petites flammes qui commencent à embraser le bas de la porte d’entrée de l’appartement de Ginette. Elle alerte les pompiers, qui ,arrivés sur place, se trouvent devant un spectacle effroyable.

Le corps de Ginette Kazmierczack git, carbonisé, sur le plancher, contre la porte d’entrée. La stupeur vient du fait que les jambes, le bassin et le bras droit sont restés indemnes de toute brûlure. Le reste n’est que cendres. Rien d’autre n’a été brûlé dans l’appartement.

Crime, suicide ? Aucun élément objectif ne vient à l’appui de ces thèses. La police judiciaire de Nancy est chargée – par le parquet – de mener une enquête.  Le capitaine Lorrain chargé de l’expertise reprend toutes les hypothèse envisageables et n’en retiendra aucune.

De la foudre (météo France invalidera cette possibilité pour le jour considéré), à l’explosion d’une bombe aérosol ou tout autre gaz (dans ce cas nous aurions eu embrasement du mobilier), au crime (mais la porte était fermée de l’intérieur avec la clef introduite dans la serrure) aucun expert ne put privilégier une piste crédible.

Le parquet de Nancy prononça le 18 janvier 1978 une ordonnance de non-lieu.

Plus près de nous, le 17 novembre 1998, l’hebdomadaire “ Le Point ” relate l’énigme posée à la police judiciaire de Caen.

Sur les hauteurs de Honfleur à la ferme “ Jack Aiméé ”, l’on retrouve dans la pièce principale un cadavre réduit en cendres dont il ne reste qu’un moignon de jambe enfilé dans un chausson. On ne sait si c’est un homme ou une femme. Pas de traces d’incendie.

Les experts de la PJ passent en vain la maison au microscope à la recherche d’indices. Mais dans ce cas également, il n’a pas été possible de déterminer une cause possible à l’origine de cette combustion humaine. Nous pourrions citer d’autres cas de combustions humaines toutes aussi étranges et inexpliquées.

La variation du magnétisme terrestre, serait pour certains, un facteur favorisant l’auto combustion humaine. Une étude semble montrer qu’il existerait une corrélation entre les périodes de forte intensité géomagnétique et les cas de combustions humaines spontanées. Troublant certes mais peu convaincant.

Jean-Pierre Girard : « L’auto combustion humaine considérée à tort comme « spontanée » et qui naîtrait de l’intérieur du corps pour se propager vers l’extérieur, est une hypothèse écartée de nos jours. Ce phénomène, longtemps considéré comme « paranormal » s’inscrit comme un phénomène physique – rare certes – mais… sans mystères ! ».

Une cinquantaine de cas actuel dans le monde

Cas qui ont pu être qualifiés d’autocombustions humaines. Le chiffre est sans doute plus élevé, mais beaucoup de victimes ne sont pas signalées aux fins d’expertises.

À partir des faits objectifs, des expertises et travaux sérieux qui ont été menés sur ce phénomène qualifié d’  »autocombustion humaine spontanée », peut-on continuer à le classer dans les phénomènes paranormaux ?

Oui dans la mesure où ce dernier ne se produit que dans des conditions exceptionnelles, avec un ensemble de paramètres nécessaires qui sont difficiles à rassembler à un moment donné. Mais pour autant, et pour ce qui nous concerne nous n’admettons pas la notion ou le concept de phénomène nommé “ surnaturel”.

Une multitude de phénomènes sont inexpliqués en l’état de nos connaissances actuelles ; un certain nombre ont trouvé une explication tout à fait satisfaisante qui rentre parfaitement dans le cadre de la physique. Nous pouvons citer à titre d’exemple, la vision dermo-optique.

Une approche affinée de la physiologie cellulaire nous a démontré le rôle prépondérant d’un organite du cytosquellette intracelllaire : les centrioles. Qui ces dernières (une paire par cellule eucaryote) possèdent des photorécepteurs capables de déterminer – avec une sensibilité extraordinaire – la longueur d’onde émise par les couleurs et de parfaitement les différencier.

Ainsi, les cellules qui sont disposées à l’extrémité de nos doigts, grâce à ces lecteurs, déchiffreurs de la longueur d’onde (  I.R.) de chaque couleur ; que sont les centrioles, permettront par exemple à un non-voyant de discerner des couleurs, voire des lettres.

Les centrioles des cellules épidermiques communiquant l’information perçue aux centrioles des cellules du cortex cérébral qui en fera la “ traduction ” au niveau des zones de la conscientisation et de l’interprétation. Cette digression m’a semblé nécessaire en qualité d’avant propos des explications concernant les genèses possibles de l’autocombustion humaine.

 

Auto-combustions humaines spontanées, des explications plausibles ?

Les hypothèses que nous suggérons résultent des expertises ou observations  auxquelles nous pouvons accorder un crédit sans réticence, jusque et y compris nos propres travaux et recherches.

Un facteur constant revient lors des expertises médico-légales : l’inconscience quasi totale du sujet ; inconscience suffisante qui explique que le constat de brûlures intenses avec les douleurs atroces que l’on imagine, n’ont induit aucune réaction psychophysiologique de la victime (le sujet reste immobile soit dans son lit, son fauteuil ou autre endroit où il repose).

Ceci est important à souligner. D’autre part, il est inexact de parler de combustion spontanée, au contraire toutes les constatations fiables ne peuvent que conclure à un processus d’ignition/combustion qui s’est étalé sur plusieurs heures.

Autre lieu commun à bannir : il est inexact de parler d’auto-combustion humaine. Il paraît maintenant bien établi qu’il y avait toujours présent, dans l’environnement de la victime, une matière en train de se consumer : bougie, cigarette, braise projetée d’une cheminée, court circuit électrique, etc..

Faisons taire l’hypothèse d’une combustion endogène, elle est difficile à soutenir pour ne pas dire plus. Mais dans un souci d’objectivité nous la soumettrons à votre réflexion.

Certains physiciens évoquent des “ boules de feu ” qui dégageraient une énergie immense et produiraient des ondes millimétriques comparables à celles d’un four à micro-ondes.

Cette hypothèse ne serait pas en contradiction avec le fait que les vêtements sont intacts malgré les éléments corporels carbonisés que ces vêtements recouvrent.

 

L’hypothèse endogène

Yvan Sanderson poursuivant ses recherches sur la synthèse des phosphagènes dans les tissus musculaires et notamment sur la vitamine B10 (indispensable à l’approvisionnement du corps en énergie) signale que le phosphagène est un composé similaire à la nitroglycérine, est de formation endothermique.

Il poursuit en précisant que chez certaines personnes sédentaires on peut assister à une accumulation telle que le corps devient un combustible type poudre “ mouillée ”. Ces gaz phosphiniques, rappelons-le, sont liés à la production de méthane par notre intestin. Dès que cette poudre “ mouillée ” serait en contact avec une source de matière en ignition, celle-ci sécherait et s’enflammerait.

On parle également du rôle joué par les périodes d’intense activé solaire. Les importantes protubérances solaires généreraient d’importants orages magnétiques ,faisant monter le champ magnétique de la localité où réside la victime. Il ne manquerait plus alors qu’une simple étincelle (rayon cosmique, poussée d’énergie BF, poussée naturelle d’énergie à basse fréquence, la foudre, etc.) pour déclencher la combustion humaine.

 

La forte imprégnation alcoolique : Thèse à écarter

Nous ne pouvons ignorer l’hypothèse qui a longtemps fait florès : les victimes manifestaient une très forte imprégnation alcoolique (ce qui est vrai dans nombre de cas) et c’est l’alcool ingéré et diffusé dans les tissus qui se serait enflammé.

Nos connaissances actuelles de la physiologie et de la biologie humaine, nous font écarter sans hésitation cette hypothèse. Même une imprégnation alcoolique doublant la DL 100 (1) estimée pour provoquer un coma éthylique puis la mort, ne peut être à l’origine d’une auto-inflammation endogène (ou exogène par un élément en ignition qui atteindrait l’épiderme ou une muqueuse).

Pour qu’un liquide s’enflamme il est nécessaire que la concentration d’alcool soit supérieure à 50%. 1 verre de rhum s’enflammera, mais pas un verre de vin à 12% !

*Dose létale 50 : quantité nécessaire d’une substance entraînant le décès de 50% des sujets l’ayant absorbée. DL 100 : quantité de ladite substance, entraînant la mort chez tous les sujets.

 

Une réaction biochimique céllulaire ?

Quant à nous, nous privilégions deux hypothèses : celle décrite dans la revue “ New Scientist ” du 4 mai 1996 et que nous devons à John Heymer déjà cité.

La combustion spontanée serait liée à une réaction biochimique intracellulaire entre l’hydrogène et l’oxygène (comme pour la propulsion des fusées qui usent d’un carburant et d’un comburant). Les réactions d’un mélange hydrogène/oxygène peuvent produire des réactions induisant des hautes températures suffisantes pour réduire en cendres blanches les os humains.

Malgré toute sa “ séduction ” cette hypothèse… ne possède pas encore de suffisamment d’éléments pouvant l’accréditer.

 

Sans doute la réalité :  »L’effet chandelle »

En réalité ce serait “ L’effet chandelle ” qui serait sans doute à l’origine de la plupart des auto combustions humaines et cette hypothèse (qui ne semble ne plus en être une !) doit être privilégiée. Nous devons cet “ éclaircissement ” à des chercheurs comme Gee (2) (1965) Krogman (3) ou plus récemment à A. Bagady.

Gee a reproduit la  combustion à l’aide un tube à essai cylindrique de 20cm de long (en Pyrex®) qui servait de tuteur , entouré par de la graisse humaine. L’ensemble était enveloppé par une couche de peau, puis – et ceci est important – recouvert par le tissu d’un vêtement. Le tout était enflammé à une extrémité.

En moins d’une minute, le dispositif commence à se consumer lentement dégageant une petite flamme jaune et un peu de fumée. Le cylindre se trouve totalement consumé au bout d’une heure. Gee (2) refit d’autres expériences (4) notamment avec un morceau de gigot recouvert d’un linge en coton.

A la fin de la combustion il ne restait qu’un tas de cendres et l’os était profondément calciné. La partie du gigot, non recouverte par le linge, était quasiment intacte !

Que nous dit l’expert judiciaire Bagady (5) : «Sur ordonnance d’un Juge d’Instruction, nous avons effectué récemment l’expertise de la combustion d’une victime. Le corps était très massivement carbonisé. Seuls les pieds et la tête ont été épargnés.

Dans le présent contexte, l’autocombustion s’est arrêtée avec la partie supérieure du blouson ( que portait la victime) calciné. Le maxillaire inférieur est certes cartonnisé (6) de façon compréhensive, par raport au dégagement de la chaleur consécutive à la combustion antérieure. La tête, le visage et la chevelure sont intacts».

En conclusion, nous pensons que tous les phénomènes dits “paranormaux” trouverons tôt ou tard une explication à leur genèse. Et c’est faire preuve d’une rationalité saine que de les examiner sans à priori avec la sérénité nécessaire à toute recherche scientifique et où le terme “ croyance ” (7) n’est jamais de mise, puisqu’il représente déjà à lui tout seul une prise de position !

Les effets psi étudiés en parapsychologie ne peuvent que s’inscrire dans la physique de la Nature et cette dernière est bien loin de nous avoir livré tous ses secrets! Si le qualificatif de « surnaturel » représente une commodité de langage il n’a pas sa place dans le sérail de la recherche scientifique, puisqu’il désigne en fait des phénomènes naturels non expliqués !

 

Jean-Pierre Girard

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