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Publié le 4 Nov, 2015 dans Faites vos jeux, rien ne va plus

Flashback – de la modification génétique

(Source : Extrait du livre État du monde, état d’être )

Tout va très bien, madame la marquise

Nous sommes tous accoutumés à entendre le terme OGM qui décrit, sans réellement décrire, des aliments «améliorés», résistants aux sécheresses et aux prédateurs naturels, à saveur rehaussée et à conservation prolongée – du moins, c’est ainsi qu’on nous le présente. Après tout, il y a plus de 30 ans que les techniques d’insertion de gènes chez les végétaux existent et plus de 20 ans que nous les utilisons dans l’agriculture. Nous y sommes si habitués que nous n’en faisons plus de cas. C’est ainsi, sans plus. Laissons le génie de la science du génome faire son œuvre. Mis à part les rares périodes où un scandale de type Monsanto (qui d’autre?) éclate et que des informations dérangeantes font surface, la modification génétique de ce qui se retrouve dans notre assiette (directement ou par le biais de viandes nourries aux OGM) n’est pas une réalité qui semble nous concerner au quotidien, et ce, malgré le nombre impressionnant d’études cliniques révélant clairement des faits plus que troublants concernant les effets néfastes à long terme sur notre santé, entre autres sur la fécondité. Greenpeace titrait un article en novembre 2008 : « OGM : effets négatifs sur la fertilité – Nouvelle étude scientifique révélatrice » dans lequel nous pouvons lire :

Une étude publiée aujourd’hui par le gouvernement autrichien révèle que les OGM menacent la survie des espèces. La fécondité des souris de laboratoire nourries avec du maïs OGM, notamment avec du maïs contenant les gènes du maïs transgénique MON810 de Monsanto, diminue fortement dès la troisième génération.
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[…]Les OGM dans l’alimentation ont des effets long terme indéniables sur la capacité reproductrice. Dès la troisième génération, les descendants des souris nourries avec du maïs transgénique sont inférieurs en nombre et en taille. Cette nouvelle étude scientifique identifie des risques potentiels énormes, qui restent à évaluer pour la santé et la survie de l’humanité.

Après tout, cela n’a rien d’étonnant. Dès le départ, le génie mercantile des fabricants d’OGM avait tôt fait de modifier des commutateurs génétiques dans les plantes, soit pour activer soit pour réprimer l’expression génétique de traits spécifiques, notamment celui de la fécondité, afin de rendre les semences… stériles. Ce sont les controversés OGM dits «terminator» qu’il faut racheter chaque saison. 1+1=2. Réprimons l’expression génétique de la fécondité dans nos aliments et il y a fort à parier que ceci se répercute sur notre propre fécondité. C’est le gros bon sens qui vient nous dire bonjour.

Ce n’est là qu’un exemple isolé des nombreux aspects néfastes que l’« avancement » de la science en matière de génétique met gentiment à notre disposition –lire sans notre accord et sans l’étiquetage adéquat.

Mais laissons de côté cette «boule de neige sur la pointe de l’iceberg » et descendons dans le terrier… des super lapins produisant des médicaments.

Eh oui, des super lapins produisant des médicaments, des cochons « Enviropig » génétiquement altérés pour moins polluer (sic), des saumons « Frankenfish » qui grandissent deux fois plus rapidement, des vaches qui donnent du lait maternel « humain », des chèvres dont le lait contient des protéines de soie d’araignée, des chiens fluorescents pour « l’avancement de la médecine », des souris qui piaulent comme des oiseaux… Des êtres hybrides, mi-humains, mi- porcs, produits dans le but de fournir des organes pour les transplantations humaines, des « souris humaines » utilisées afin d’étudier la contagion de virus…

Partout dans le monde, des chercheurs hautement subventionnés s’en donnent à cœur joie pour magouiller le vivant et croiser des espèces tout en attendant, avec impatience, les autorisations de mise en marché.

 

Bienvenue sur l’Île du docteur Moreau… version HD

« 150 créatures hybrides homme-animal ont été produites dans des laboratoires au Royaume-Uni » titrait le Daily Mail Online dans un article publié le 22 juin 2011 dans lequel on peut lire :

Les chiffres dont a été témoin le Daily Mail montrent que 155 embryons hybrides, contenant à la fois le matériel humain et animal, ont été créés depuis l’introduction du Human Fertilisation Embryology Act en 2008.

Surprenant? Ce n’est pourtant pas nouveau. En 2003, une université médicale de Shanghaï croisait des cellules humaines avec des ovaires de lapines et, en 2005, ce sont des chercheurs du Minnesota qui créent des porcs dont le sang est humain. Si nous remontons encore plus loin dans le temps, c’est-à-dire à plus d’une décennie, le croisement de gènes humains et animaux était publiquement annoncé par le New York Times dans un article publié le 21 janvier 1998 :

L’été dernier (1997), les scientifiques du Roslin ont annoncé avoir créé trois agneaux en ajoutant des gènes humains à des cellules de fœtus de chèvre et en utilisant ces cellules pour produire des clones.

Agneaux, chèvres et humains. Joli mélange.

Toujours en 1997, le docteur Jay Vacanti a réussi l’« exploit » de faire croître une oreille humaine sur le dos d’une souris et parlait déjà, à cette époque, de modélisation tridimensionnelle informatique, de moules en plastique biodégradable et autres joyeusetés afin de créer des organes aussi complexes qu’un foie.

Voilà qui redéfinit le terme « rat de laboratoire ». Photo (c) BBC News

Mais c’était il y a 15 ans. Aujourd’hui, nous faisons dans la fantaisie.

Tout récemment, à l’aide de la « chèvre-araignée » dont le lait contient des protéines de soie, quelqu’un a eu le génie de croiser ce « lait » avec de la peau humaine transgénique (cultivée en laboratoire) afin de créer une peau humaine «à l’épreuve des balles». Ce même quelqu’un n’a juste pas eu le génie de penser à ce qui arriverait aux organes internes et aux os d’un « humain-araignée » s’il en venait à recevoir une balle et que sa peau ne déchirait point. Mais ce n’est pas important, l’argent de nos impôts doit bien aller quelque part et le fait que le domaine militaire se joigne aux efforts de biotech n’est pas surprenant. Passons.

 

Les modifications génétiques animales, une pratique marginale?

Loin de là. Comme l’écrivait Louis-Marie Houdebine (ex-directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique en France) dans la revue Science & pseudo-sciences : « Ces OGM [les plantes] ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Il existe en effet au moins autant d’animaux que de plantes qui sont génétiquement modifiés comme le sont également nombre de bactéries et de levures ». Après tout, les premiers animaux transgéniques auraient été créés en 1980 alors que les premières plantes OGM n’auraient vu le jour que trois ans plus tard. Officiellement, entendons-nous.

Les animaux transgéniques (génétiquement modifiés) sont monnaie courante pour des milliers de multinationales opérant dans des dizaines de milliers de laboratoires de par le monde. Préparés et utilisés dans ces laboratoires, et en toute légalité, ces animaux sont créés officiellement pour définir le rôle des gènes, pour étudier les maladies humaines et pour adapter des organes et des cellules (généralement de porc ou de souris) destinés à l’homme.

Oui, organes destinés à l’homme. C’est le vieux rêve utopique de l’immortalité corporelle qui revient nous hanter plus que jamais. Des clones humains en gestation dans un utérus de vache ou de chèvre? Ce n’est plus de la science-fiction, mais bien du présent et même du passé. Nous sommes aisément en mesure de le réaliser et l’avons assurément déjà réalisé. Pourquoi assurément? Parce qu’il serait naïf de croire que toutes ces expériences se soient arrêtées au stade d’embryon, tel que tous les articles de presse le « révèlent ». Dans la sphère scientifique, quel qu’en soit le domaine, le secret est de mise, et ce, pour plusieurs raisons : conserver l’avantage concurrentiel avant brevet, entretenir la supériorité militaire, se protéger d’un tollé public, préserver l’avance technologique nationale… Faites votre choix. Ce type d’informations est habilement dissimulé de nombreuses années avant toute révélation, si révélation il y aSouvenons-nous que le premier clone officiel remonte déjà à plus d’une quinzaine d’années et ce n’était bien là que son seul qualificatif différenciateur : officiel. Combien de clones ont dû être réalisés (résultant soit en réussite soit en bouillie organique informe) avant qu’on présente au grand public une réussite et… une « vulgaire » chèvre. Pour peu, on nous aurait présenté un mouton…

 

La pointe de la pointe de l’iceberg

Le peu d’exemples couverts par cet article – dont la portée ne se veut qu’initiatique – n’est que la pointe de l’iceberg des manipulations génétiques animales, elle-même n’étant que la pointe de l’iceberg du transgénique dans son ensemble – lequel comprend naturellement tous les OGM « standards » que nous retrouvons dans notre assiette quotidiennement ainsi que les virus et bactéries créés à des fins d’« études ».

Les médias traditionnels ne sont pas bavards à ce sujet et pour cause. Ces pratiques n’ont habituellement d’autres éthiques que celles des profits agroalimentaire et pharmaceutique habilement dissimulés sous l’opaque voile du « bien pour l’humanité »… et pour l’environnement, paradoxalement.

Du côté de l’agroalimentaire, les porcs « environnementaux » génétiquement modifiés arriveront inévitablement un jour dans nos assiettes : le ministère de la Santé canadien évalue en ce moment même l’innocuité d’« Enviropig » pour en autoriser la vente dans les rayons des supermarchés. Aux États-Unis, c’est AquAdvantage, le saumon transgénique qui grossit deux fois plus rapidement, qui est en attente de commercialisation.

Et comme si ce n’était pas assez de balancer des animaux mutants directement dans nos assiettes, on nous promet désormais de l’appétissante nourriture-éprouvette. Cyberpresse nous livrait un article en février 2012, « Bientôt : un hamburger fait avec des cellules souches », dont voici un extrait :

Le premier hamburger fait à partir de cellules souches bovines encore dans les éprouvettes d’un laboratoire néerlandais devrait être prêt cet automne, une avancée pouvant bouleverser l’élevage, l’alimentation mondiale et bénéficier à l’environnement (sic).
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[…]Pour ce premier hamburger, il a utilisé des cellules des muscles du squelette de bovins cultivés dans du sérum fœtal de veau.

Appétissant, c’est le moins qu’on puisse dire.

Notre estomac mis à part, en ce qui concerne le domaine pharmaceutique, citons l’exemple de Bioprotein Technologies Inc. qui est une firme européenne se spécialisant dans la production de protéines et de vaccins grâce au lait de lapines génétiquement modifiées. Dans cette industrie, la ligne de pensée est très simple et c’est encore Louis-Marie Houdebine qui nous l’indique clairement :

Dans le domaine médical, l’opposition à la transgénèse animale sera nulle. Quand les gens sont malades, ils sont presque prêts à accepter n’importe quoi.

Oui, n’importe quoi. Il est en effet trop simple d’utiliser les plantes pour se soigner et, surtout, ce n’est pas rentable. Par contre, des dizaines de milliards de dollars investis en recherche pharmaceutique sur quelques dizaines d’années afin de vendre au gros prix des médicaments, voilà qui a du sens. Parlant de sens…

 

Où est le gros bon sens dans tout ça?

Disons-le simplement, ouvertement et honnêtement : il n’y en a pas. Officiellement perçue comme une « avancée scientifique », l’horreur que laisse entrevoir ce peu de coupures de presse ne présage rien de bon ni pour l’humanité, ni pour les animaux, ni pour l’environnement. Outre le fait de bien graisser la machine économique du côté des multinationales qui nous « nourrissent » et nous « soignent », le merveilleux monde de la manipulation génétique n’est que ça : de la manipulation tous azimuts.

Vu dans son ensemble, c’est la Terre entière qui est devenue un laboratoire digne d’un mauvais film de science-fiction de série B. Comprenons ici que le patrimoine génétique de toutes les espèces, soient-elles végétales ou animales, disparaît tranquillement sous nos yeux. Ce n’est pas peu dire et ceci devrait être pris avec le plus grand sérieux. Contrairement aux altérations génétiques causées par l’utilisation inadéquate de matières radioactives (pensons à l’uranium appauvri utilisé dans les guerres dont toute une génération subséquente d’enfants souffre de malformations) et qui ont tendance à se dissiper avec le temps pour revenir à la normale, les modifications génétiques par insertion de gènes ne font que prendre de l’ampleur d’une génération à l’autre. L’exemple de la diminution de la fécondité après la troisième génération en est un des plus révélateurs. Il n’y a malheureusement pas de marche arrière sur ce type d’altérations, mais uniquement une aggravation constante des traits génétiques au fil du temps.

Peut-être que ça semblera alarmiste pour plusieurs, mais je suis sincèrement d’avis que les manipulations génétiques sans frontière réalisées et répandues de la sorte sont une des plus grandes menaces pour la biosphère terrestre dans son ensemble, humanité comprise. Le fragile équilibre de tous les écosystèmes est ainsi altéré de façon permanente, sans chance de retour. Alimentation, reproduction et survie étant ici des éléments clés dont l’avenir est désormais en péril.

La manipulation génétique, c’est une voiture de course sans conducteur, que l’on propulse au maximum possible de sa vitesse de croisière financière, qui possède un réservoir inépuisable d’idées tordues et que seul le mur de la fatalité semble pouvoir arrêter.

Science sans conscience est ruine de l’âme, dit-on.
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Et si l’âme reposait sur le délicat agencement génétique de notre corps physique?

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