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Publié le 13 Jan, 2012 dans Faites vos jeux, rien ne va plus

De plus en plus d’amateurs s’amusent à bricoler… le vivant

(Source : Futura-Sciences)

Avec les techniques de la biologie moléculaire, il devient de plus en plus facile de refaçonner le vivant. Des amateurs, dans les garages ou dans les labos, rivalisent d’ingéniosité pour créer des bactéries aux propriétés parfois étonnantes.

La biologie tend-elle à devenir un jeu de Lego avec des briques biologiques ? Les méthodes du « do it yourself » (DIY), du bidouillage isolé dans un garage, qui ont permis des percées dans l’informatique, s’étendent aussi aux biotechnologies.

Rêvant de créer un jour leur start-up ou simplement désireux d’expérimenter, de jeunes bricoleurs du vivant manipulent de l’ADN, l’insèrent dans des bactéries pour faire du yaourt fluo ou des biocapteurs détectant la présence de polluants.

Après avoir mis au point des boîtes à outils facilitant l’ingénierie du vivant, ces biohackers échangent ces kits de reprogrammation génétique sur Internet.

Il y a des « avancées technologiques telles » en biologie synthétique que dès que les gens pensent pouvoir bricoler dans leur propre garage, « ils arrivent à trouver des technologies DIY pour le faire », explique Ariel Lindner, cofondateur du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) à Paris.

 

Une communauté Internet de biobricolage amateur

Transformer des bactéries en usines productrices de biocarburants, de médicaments ou de nouveaux matériaux est un des objectifs de la biologie de synthèse.

La communauté DIYbio qui réunit au moins une vingtaine de groupes locaux dans le monde, dont un en France depuis cette année, veut rendre l’expérimentation biologique accessible aux amateurs en dehors des installations professionnelles traditionnelles. Afin de créer librement leurs propres projets.

Des passionnés ont réussi à mettre au point ce biofilm bactérien programmable grâce à la lumière. © endy, Wikipédia, cc by 2.5

 

« Au CRI, tout est fait dans le cadre d’un laboratoire », souligne M. Lindner, qui depuis 2007 encadre un petit groupe d’étudiants passant leurs vacances d’été à préparer un concours lancé en 2004 par le prestigieux MIT américain. Une compétition invitant à manipuler des briques biologiques standardisées (Biobricks) afin de créer des bactéries dotées de nouvelles fonctions : détecter l’arsenic, changer de couleur, d’odeur…

 

Des bactéries ont appris à compter jusqu’à 5

Cent soixante-cinq équipes du monde entier, dont quatre venues de Paris, Lyon, Grenoble et Strasbourg, ont participé en 2011 au concours iGEM (international Genetically Engineered Machine) ouvert aux étudiants n’ayant pas encore entamé une thèse.

Cette année, l’équipe parisienne comptait une quinzaine de passionnés de différentes disciplines, de la biologie à l’informatique. « La culture de la maison, c’est de promouvoir leurs idées et leurs projets », déclare M. Lindner qui cherche à faire de « l’enseignement par la recherche ».

En 2010, les huit membres de l’équipe CRI-fondation Bettencourt avaient montré qu’on pouvait faire compter des bactéries jusqu’à cinq. Un jeu ? Peut-être une technique utile dans le futur, selon M. Lindner. Si les bactéries issues de l’ingéniérie génétique savaient compter les étapes d’une tâche à accomplir, elles pourraient s’autodétruire une fois la mission terminée.

Ex-participant à iGEM 2007, Thomas Landrain a créé en avril La Paillasse, premier groupe français réunissant quelques dizaines « de passionnés de biologie » qui entendent « s’inspirer du mouvement DIYbio.org ».

« On a voulu mettre en place un laboratoire qui puisse être accessible à n’importe qui », dit-il, précisant qu’on peut y élever des bactéries. Mais «tous les organismes qu’on manipule sont absolument inoffensifs pour l’Homme » assure le fondateur de La Paillasse qui poursuit : « il y a autant de danger à travailler dans sa propre cuisine que dans notre labo ».

« On ne produit pas d’organismes génétiquement modifiés bien qu’on en ait les moyens » car on ne veut pas « être hors la loi, on n’est pas des pirates», ajoute le jeune chercheur qui prépare une thèse de biologie synthétique dans un laboratoire du Génopole d’Evry.

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