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Publié le 29 Sep, 2012 dans Ego

Sagesses concordantes : dictat de la charité

(Source : Être et conscience 2)

Généralement, notre prétendue charité n’est que l’expression de nos sentiments de culpabilité par rapport au monde, un désir de pouvoir déguisé ou encore une façon de blanchir quelque autre mobile obscur, sans souci réel des vrais problèmes du monde. Notre aide à court terme ne crée-t-elle pas bien souvent des obstacles à long terme ? Il est notoire que l’aide matérielle ou même psychologique que nous apportons à une personne pour résoudre l’un de ses problèmes est susceptible d’en créer deux autres. Seule l’aide que l’on donne quand on se connaît vraiment soi-même ( et les autres à travers soi) a des chances d’être à coup sûr bénéfique et exempte de ces malheureux effets secondaires se prolongeant de manière si imprévisible : dans ce cas, l’aide est probablement secrète, inexprimée et inexprimable.

La vérité, c’est que s’aider soi-même (c’est-à-dire se trouver soi-même) c’est aider les autres, bien que l’influence puisse être tout à fait souterraine. Il va sans dire que nous devons être aussi activement bons que possible, mais tant que nous ne voyons pas clairement QUI est bon, nous agissons plus ou moins à l’aveuglette, avec toutes les conséquences imprévues auxquelles on peut s’attendre.
Ce prétendu oubli de soi au service des autres a un autre inconvénient : il est, de toute façon, pratiquement impossible. La vertu délibérée oublie rarement de se passer la main dans le dos. La bonté calculée évite rarement l’autosatisfaction, et alors elle commence à sentir moins bon. Si au contraire elle est une conséquence indirecte, naturelle, de la véritable connaissance de Soi et du souci que l’on a des autres, parce que fondamentalement on est eux, alors elle se désintéresse d’elle-même et de tous mérites accessoirement gagnés, et continue à sentir bon. Malheureusement, essayer de devenir un saint, ou même un sage, est une entreprise de mystification de soi ( ou plutôt de mystification de Soi) qui a toutes les chances d’aboutir au résultat contraire au but recherché – c’est-à-dire un ego hypertrophié.
– Douglas Harding

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