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Publié le 9 Avr, 2014 dans Météo

France : séisme de magnitude 5.0 dans le sud-est. Anodin? Pas sûr…

(Source : Le Veilleur)

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Vous avez été nombreux et nombreuses à exprimer votre inquiétude hier soir, suite au séisme de forte magnitude survenu dans les hautes alpes françaises. Ces inquiétudes sont elles fondées? Je vous livre mon analyse à ce sujet en bas de page, mais voici pour l’instant une compilation des évènements relatés par la presse. Le veilleur

La terre a tremblé lundi à 21h27 durant une quinzaine de secondes dans le Sud-Est de la France, faisant tomber quelques cheminées et fissurant quelques maisons, sans faire de blessés. L’épicentre du séisme se situe dans les Alpes-de-Haute-Provence, à 7 km de Châteauroux-les-Alpes, 8 km d’Embrun et 10 km de Barcelonnette, et  à une profondeur de 8km selon le Réseau national de surveillance sismique (Renass), basé à Strasbourg.

Ce séisme était de magnitude 5 sur l’échelle de Richter. Une secousse d’une telle ampleur, ressentie dans tout le quart Sud-Est jusqu’en Italie, « se produit une fois tous les 30 ans dans les Alpes » selon François Thouvenot, responsable du réseau Sismalp à Grenoble.

Dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, où se trouve l’épicentre de la secousse, une dizaine de cheminées sont tombées dans la commune de la Condamine, où deux maisons et le clocher ont été également fissurés. Cinq cheminées sont également tombées à Barcelonnette et deux à Jausiers, tandis qu’une maison a été légèrement fissurée à Saint-Paul-sur-Ubaye.

Le tremblement de terre a par ailleurs provoqué une crise d’angoisse chez une personne, prise en charge par les secours, a indiqué un officier du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis) des Alpes-de-Haute-Provence, qui a recensé « une centaine d’appels » à la suite de l’évènement. Aucun relogement n’a été nécessaire, ont précisé les secours.

Les pompiers « mènent une reconnaissance plus approfondie » mardi matin dans la zone la plus touchée, près de l’épicentre du séisme. Dans les Alpes-Maritimes, le Codis n’a recensé aucun dégât mais a reçu 600 appels dans les 30 minutes qui ont suivi la secousse, a confirmé un officier mardi matin (Twitter).

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Une zone connue des laboratoires de sismologie

« Ce n’est pas une surprise. C’est une zone connue des laboratoires de sismologies régionaux », a indiqué le Renass. La sismicité de cette zone est due aux compressions qui forment les Alpes, nées de la remontée de la plaque tectonique africaine sur la plaque eurasienne.

« Aujourd’hui les plaques bougent continuellement », confirme l’organisme. Le séisme a été ressenti dans les Alpes-de-Haute-Provence à Digne, dans la vallée de l’Ubayeet jusqu’à Gréoux, selon les pompiers du département, ainsi qu’à Gap et même Briançon dans le nord des Hautes-Alpes, ou encore Grenoble, et dans le sud jusqu’à Nice. Article complet sur leparisien.fr

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La profondeur de l’épicentre estimée à 5 km sous terre

La profondeur de l’épicentre est estimée à 5 km sous terre (ndv: corrigée depuis à 8km). Il s’agit là, toujours selon le Renass, d’un séisme de magnitude 100 fois inférieure à celui de L’Aquila en Italie (6.4) qui avait fait plus de 300 morts et d’énormes dégâts, en avril 2009.

« C’est une magnitude qui est importante pour la France, qui arrive à peu près tous les 10 ans », selon cette même source, qui indique que « le dernier séisme de cette magnitude a eu lieu près de la Corse en juillet 2011 » (5.3 sur l’échelle de Richter). Article complet sur  sciencesetavenir.fr

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Quelques répliques

Pour l’heure, de faibles répliques sont en cours avec une magnitude 2.4 à 19h52 TU, 2.2 à 21h10 TU, 2.0 à 21h45 et 2.3 à 00h23 TU. Des répliques plus fortes ne sont pas exclues (Voir la carte interactive).

Depuis quelques semaines il a été relevé dans l’Ubaye une reprise de la crise sismique de 2012. Sismalp avait indiqué que cette extrémité sud-est de l’essaim 2012-2013 est très proche de l’essaim 2003-2004. Il existe à cet endroit entre les deux essaims, une zone qui est restée anormalement peu active (lacune sismique) et où pourrait se produire un séisme plus important.

Cette zone est située approximativement par 44°28’N. et 6°42’E., à environ 3 km à l’ouest de La Condamine. Cette lacune n’excède pas 2 à 3 km de long ; il est peu probable (sans que l’on puisse en être vraiment certain) qu’un séisme de magnitude supérieure à 4 s’y produise. L’épicentre semble correspondre à cette analyse, les spécialistes le confirmeront.

Depuis l’événement de février 2012 et la crise qui a suivi, l’activité n’a jamais vraiment cessé, avec environ plus de 4000 séismes qui ont été localisés depuis un peu plus de deux ans dans cette zone du massif du Parpaillon. Une quarantaine de ces séismes avaient des magnitudes comprises entre 2 et 3,6.

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Séisme historique

Un tremblement de terre d’une magnitude 5.5 s’est produit le dimanche 5 avril 1959, 55 ans presque jour pour jour faisant des dégâts à Saint-Paul-sur-Ubaye. La haute vallée de l’Ubaye est connue pour ses séismes en essaim. La référence historique semble être la crise sismique de 2003 2004 qui a produit durant cette période plus 16.000 séismes dont le plus fort n’a pas dépassé la magnitude 2.7. Le dernier très important, le 26 février 2012 à Saint-Paul-sur-Ubaye à 23h21, de 4,5 sur l’échelle de Richter. La réplique n’avait eu lieu que le lendemain en fin d’après-midi à 17h31.

En raison de sa magnitude élevée, le Bureau Central Sismologique Français de Strasbourg (B.C.S.F.) a lancé un appel à témoignages. Si vous avez ressenti la secousse, merci de témoigner à partir du formulaire en ligne. Article complet sur azurseisme.com

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Analyse du veilleur

Tout d’abord, prenez note que ma compréhension assez large dans certains domaines, dont celui ci, ne fait pas de moi un expert, je ne vous livre ici que mon analyse personnelle, qui semble cependant confirmée par celle d’un professionnel en sismologie.

Ce même professionnel annonce « Comme souvent, après un gros séisme du côté du Pacifique on peut craindre des répercutions de par chez nous. En voici un qui pourrait très bien n’être que le début des valses, sans jeux de mots, du moins pour l’instant. ». En clair, si ce type de séisme n’est pas considéré comme anormal pour cette zone sujette à d’habituelles micro-secousses, le contexte est ici assez différent.

Si vous avez suivi l’activité sismique de ces dernières semaines, vous avez pu constater que cette dernière est pour le moins hors normes, et ce constat est toujours d’actualité. Cette activité, principalement axée au large des côtes Chiliennes en Amérique du sud (océan pacifique), s’effectue à la jonction de plusieurs plaques tectoniques qui «s’affrontent », et libèrent une quantité gigantesque d’énergie à l’issue d’un combat titanesque.

Seulement, ce combat n’affecte pas seulement l’Amérique du sud, mais aussi les autres plaques qui de fait s’entrechoquent l’une l’autre dans un effet de domino. Si les plus grandes répercussions répertoriées se situent sur le pourtour de la grande ceinture de feu, affectant l’Amérique du nord, l’Alaska, la Russie, le Japon, les Iles Fidji pour ne nommer que les zones les plus touchées, il n’en reste pas moins que ces mouvements, in fine, affectent également la plaque Africaine, ainsi que la plaque Eurasienne ou se situe la France.

Or, une ligne de faille importante existe, passant (entre autres) par l’Italie, allant jusqu’aux Alpes Françaises et longeant la méditerranée. Partant de ce constat, tout devient un peu plus clair, et je pense que vous appréhendez un peu mieux la situation. Il est donc compréhensible que l’activité sismique inhabituelle observée au Chili puisse être indirectement mais concrètement liée au séisme d’hier soir.

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Quels sont les risques ?

Les risques liés directement à un séisme de forte ampleur sont réels, et il serait mal avisé de penser que nous vivons un pays non sujet à de forts tremblements de terre. J’en veux pour preuve cette longue liste des tremblements de terre répertoriés pour la France dans l’histoire, ou vous pourrez constater que certains atteignent jusqu’à 8, voir 9 de magnitude !

Au delà de pertes humaines considérables liées à l’effondrement d’immeubles n’appliquant pas les nouvelles normes sismiques en vigueur (depuis seulement 2010 et ne concerne que 60% des communes françaises), de maisons, routes, et autre édifices, le risque réel, bien que souvent minimisé, concerne… le nucléaire.

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Connaissez vous la centrale nucléaire EDF de Bugey ? Elle se situe dans région géographique et historique du même nom, entre Lyon (ou a aussi été ressenti le séisme d’hier) et Genève, zone considérée comme sismique (chaine des alpes). Et saviez vous qu’en 1822, dans cette même région de Bugey, un tremblement de terre de magnitude estimée entre 7 et 8 à eu lieu ?

Or, il est intéressant (ou plutôt inquiétant) de savoir que la magnitude maximale de référence pour toutes les centrales mises en route jusqu’en 2000, était de 6.0 ! (Merci à Eaglefather pour ces détails) Suivant les experts, « il ne peut y avoir de séismes plus forts en Europe de l’Ouest ».

Toujours selon Eaglefather (sismologue), Les capteurs et sorties d’eau ne sont pas pourvus d’une scelle suffisamment épaisse pour amortir une déformation du sol pour un séisme de 6 (qui est pourtant la référence) à 5 km de profondeur… Je vous invite d’ailleurs à consulter un de ses articles intitulé « Sismicité en France Métropolitaine en 2013 » pour plus de détails.

Bien évidemment, les déclarations officielles se veulent une fois de plus rassurantes, mais la réalité est tout autre. Notez bien que mon but n’est aucunement de répandre la panique, mais de vous faire prendre conscience de ce qu’il en retourne sur les risques réels concernant les risques sismiques en France, et ainsi vous inciter à la vigilance.

Le veilleur 
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Liens connexes

• Coupures de presse pour les séismes du sud-est depuis le début des années 80 (sismalp)
• Le séisme de Lambesc du 11 juin 1909 : contexte géologique et structural du dernier « gros » séisme de France métropolitaine
• Centrales nucléaires : les zones à risques
• Carte des centrales nucléaires en Europe
• Cartes du nucléaire en France
• Liste des séismes en France (wikipédia)

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