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Publié le 18 Oct, 2011 dans Hécatombes animales

Qui tue les abeilles?

(Source : ASP)

Au Canada, aux Etats-Unis, en France et dans une demi-douzaine d’autres pays, les apiculteurs sont en émoi…

Leurs ruches perdent entre 30 et 90% de leurs occupantes sans qu’il y ait jusqu’à présent d’explications concluantes pour ce phénomène.

 

Contrairement à des situations antérieures, où les abeilles succombaient à des attaques de parasites, aucun corps n’est retrouvé dans la ruche ou dans ses environs. De plus, le miel de ruche et le pollen restent intacts. Ce qui ne serait pas le cas si des prédateurs étaient impliqués. Il semble que les abeilles ouvrières ont tout simplement abandonnés la ruche laissant derrière elles la reine et les abeilles immatures.

 

Plusieurs hypothèses sont avancées et en particulier certains scientifiques jettent le blâme sur l’apiculture « industrielle » qui est courante de nos jours. Ils condamnent la pratique de nourrir les abeilles de sirop de sucre pour augmenter la production de miel et celle de transporter les ruches sur de milliers de kilomètres d’une région à l’autre pour la pollinisation des récoltes. D’après eux, ces procédés stressent le système immunitaire des abeilles et les rendent plus vulnérables aux substances toxiques.

 

Pour beaucoup d’apiculteurs, la toxine coupable est un insecticide, l’imidaclopride. Introduit en 1994 par la compagnie Bayer, l’imidaclopride est un neurotoxique appartenant à la même famille que la nicotine. L’insecticide est surtout utilisé pour combattre les pucerons qui attaquent les cultures de maïs et de tournesol.

 

D’après les critiques, l’imidaclopride se retrouverait dans le pollen de ces plantes d’où il serait absorbé par les abeilles. Ils affirment que du fait de son mode d’action la toxine causerait la désorientation des abeilles les empêchant de retrouver le chemin de la ruche. Ce qui expliquerait la disparition de colonies entières.

 

La compagnie Bayer de son côté affirme que les quantités minimes de résidus présents dans le pollen ne peuvent pas causer les effets observés. Quoi qu’il en soit, la France, sous la pression de ses apiculteurs, a interdit l’utilisation de l’imidaclopride dans la culture du maïs et du tournesol. Depuis il semblerait, coïncidence ou causalité, que la situation s’améliore.

 

Au Canada, la bataille de l’imidaclopride se passe à l’Île-du–Prince-Édouard où l’insecticide est utilisé dans la culture des pommes de terre et où les apiculteurs le rendent responsable des pertes de leurs ruches. Espérons qu’une solution à la crise soit trouvée rapidement.

 

L’apiculture, c’est plus que la production de miel. Les abeilles sont responsables de la pollinisation de plus de 90 espèces de fruits et de légumes. Et aux États-Unis elles représentent 15 milliards de dollars en rendements supplémentaires.

 

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