Vous appréciez ce site?
Faites-le-moi savoir!
Rubriques

Publié le 4 Oct, 2011 dans Environnement

Trou géant dans la couche d’ozone de l’Arctique : le Canada abandonne son programme de surveillance et des apprentis sorciers britanniques projettent un écran solaire dans la stratosphère

(Source : Cyberpresse + Métro Montréal + Mondialisation.ca)

Un trou dans la couche d’ozone de l’Arctique

L'hiver plus froid que la moyenne a été un des facteurs qui ont fait que la couche d'ozone a été plus touchée cette année, expliquent les chercheurs. PHOTO: FRANCOIS LENOIR, ARCHIVES REUTERS

 

L’Arctique a pris des airs de pôle sud pour la première fois cette année avec la formation d’un trou géant dans la couche d’ozone.

L’ozone offre une protection contre des rayons ultraviolets, qui causent le cancer de la peau et des cataractes. Le trou observé cette année fait craindre pour la santé des populations des zones tempérées dans l’hémisphère nord.

«Le déclin précipité de l’ozone arctique en février et mars 2011 est le résultat d’une perte chimique d’une magnitude similaire à celle qu’on observait dans l’Antarctique dans les années 80», affirment les chercheurs dans un article publié dimanche dans la revue Nature.

L’hiver plus froid que la moyenne a été un des facteurs qui ont fait que la couche d’ozone a été plus touchée cette année, expliquent les chercheurs

Les gaz destructeurs d’ozone sont plus actifs avec le froid. La couche d’ozone se trouve dans la haute atmosphère, où, comme effet pervers du réchauffement climatique, on prévoit une baisse des températures.

Cela «soulève la possibilité d’un appauvrissement encore plus sévère» dans l’avenir, affirment les chercheurs.

En avril 2011, le trou dans l’Arctique a exposé des populations dans la zone tempérée de l’hémisphère nord quand il s’est déplacé vers le sud, affirment les chercheurs.

La nouvelle survient alors que le gouvernement fédéral essuie des critiques pour les compressions qu’il a annoncées au ministère de l’Environnement.

Hier aux Communes, le ministre de l’Environnement, Peter Kent, a dit que les conclusions de l’étude étaient «troublantes». «C’est pourquoi Environnement Canada va continuer à surveiller l’ozone», a-t-il dit.

Il s’est défendu par ailleurs de museler les scientifiques de son ministère. Certains membres de l’équipe de surveillance de l’ozone craignent pour leur emploi, selon une série de reportages publiés au cours des dernières semaines par la chaîne Post Media.

 

Couche d’ozone: Environnement Canada coupe

Bien que la majeure partie de son programme de surveillance de la couche d’ozone fera l’objet de lourdes compressions, Environnement Canada soutient que cette mesure n’affectera pas sa capacité à mesurer la couche de gaz protectrice de la Terre.

Le ministère fédéral utilise deux technologies pour mesurer la couche d’ozone, mais les compressions budgétaires annoncées mettront fin à ces deux systèmes parallèles, a expliqué la sous-ministre adjointe de la direction des sciences et de la technologie au ministère, Karen Dodds.

Le réseau sera plutôt «consolidé et rationalisé» afin de s’assurer que la meilleure technologie possible sera utilisée à bon escient, a ajouté Mme Dodds.

Elle a expliqué en entrevue avec La Presse Canadienne que le ministère tentait d’élaborer le meilleur scénario possible en matière de fusion des technologies.

Au cours des premières années de recherche sur la couche d’ozone, les experts canadiens ont exploré et développé les deux méthodes. Les tenants et aboutissants étant désormais bien connus des spécialistes, rien ne justifie le maintien de ces deux types de technologies, a soutenu Mme Dodds.

La même logique s’applique à la surveillance des pluies acides dans l’est du Canada. Les émissions qui entraînent les pluies acides ont chuté à un niveau négligeable et sont demeurées stables au cours des 10 dernières années, a fait valoir Mme Dodds.

Elle a expliqué que les fonds ainsi épargnés seraient consacrés à la surveillance environnementale des sables bitumineux. Environnement Canada s’est engagé à créer un système de surveillance de calibre international afin de superviser l’impact de l’exploitation des sables bitumineux sur la qualité de l’air et l’eau dans la région, et Mme Dodds a affirmé avoir besoin de ressources pour ce faire.

Les écologistes et le ministre de l’Environnement, Peter Kent, s’accusent mutuellement depuis quelques semaines de tromper la population concernant les impacts de l’élimination de 300 postes au sein du ministère.

Le ministère s’affaire à abolir 300 postes sur 6700, tandis que 776 employés ont été avisés que leur poste pourrait être appelé à changer, voire éliminé.

 

Couche d’ozone – Levée de boucliers contre une expérience britannique

Au moment où des chercheurs confirment l’existence d’un trou de plus de 2 millions de kilomètres carrés dans la couche d’ozone au-dessus de l’Arctique, des équipes britanniques s’apprêtent à amorcer une expérience en vue d’injecter dans la stratosphère des sulfates pour refroidir éventuellement la planète. Or les sulfates sont les molécules qui auraient fortement contribué à endommager la couche d’ozone.

Le projet britannique SPICE se propose dans un premier temps de lancer un ballon qui ferait grimper un tuyau permettant de pulvériser de l’eau à un kilomètre dans l’atmosphère. Cette première phase permettrait d’injecter un jour des sulfates dans la stratosphère pour créer un écran solaire qui contribuerait à réduire le réchauffement climatique en cours.

Une cinquantaine d’organismes internationaux ont demandé hier au gouvernement britannique de cesser toute expérimentation dans la stratosphère et de mettre fin au projet SPICE, qui implique quatre universités, trois conseils de recherche, des ministères et la société Marshall Aerospace. Les groupes ont aussi lancé une pétition internationale.

Au même moment, on apprenait qu’un trou d’une ampleur sans précédent s’était créé au-dessus de l’Arctique durant les trois premiers mois de 2011 à environ 20 km de la surface terrestre. Plus de 80 % de l’ozone stratosphérique aurait disparu de cette zone. Les premières observations de ce trou ont été faites au début des années 80 et les deux plus importants ont été relevés en 1996 et 2005.

Pour Olivier Collin-Haubensak, un chercheur de l’UQAM qui a touché aux sciences de l’atmosphère, il y a un lien entre ce trou et les changements climatiques. La rotation de la Terre, dit-il, engendre un vortex qui concentre aux pôles les vapeurs d’eau des régions en voie de réchauffement et les acides des émissions industrielles. Ces sulfates contribuent à augmenter l’intensité de ce vortex et accentuent le refroidissement de l’air entre la troposphère et la stratosphère. Les molécules de chlore transportées par ce vortex réagissent aux froids extrêmes et agissent comme des catalyseurs qui détruisent les molécules de la mince couche d’ozone qui nous protègent des rayons ultraviolets. Ainsi, plus il y aura de chaleur au sol, plus on risque de voir ces sulfates contribuer à l’élargissement des trous dans la couche d’ozone.

C’est pourquoi, dit-il, le projet SPICE des Britanniques est tout simplement «délirant» puisqu’il pourrait contribuer à ces réactions. Il devrait faire l’objet d’une étude d’impacts préalable par la communauté internationale avant d’être autorisé.

En 2009, les parties à la Convention sur la diversité biologique (CBD) ont demandé en 2009 à tous les pays de la planète d’observer un moratoire complet sur les projets de géo-ingénierie. La CBD avait demandé, mais en vain, à l’Allemagne de mettre fin à une tentative de fertiliser avec de la limaille de fer les mers de l’Antarctique pour augmenter leur capacité de captage du CO2 afin de ralentir le réchauffement de la planète. L’expérience a eu cours, mais elle a été un échec.

Partager cet article :