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Publié le 30 Sep, 2011 dans Environnement

Flashback – Une expérience d’ensemencement en fer de l’océan dans l’Atlantique Sud

(Source : NewsOfTomorrow.org – Archives DVD)

Lundi 12 janvier 2009

Le polarstern (« l’étoile polaire ») vogue vers les 40es rugissants. Parti mercredi 7 janvier du Cap, en Afrique du Sud, il doit atteindre une zone située dans l’Atlantique sud, par 50° S de latitude et 37° W de longitude. Le bateau de l’institut de recherche allemand Alfred-Wegener ne navigue pas dans les mêmes eaux que ceux du Vendée Globe : sa mission est de voir si l’ensemencement de l’océan en fer pourrait limiter le changement climatique.

L’expérience, baptisée Lahofex et menée en coopération avec l’Institut national d’océanographie d’Inde, consiste à répandre environ 20 tonnes de fer sur 300 km2 d’océan. « Dans cette zone, la mer est pauvre en fer, ce qui limite le développement du phytoplancton, explique Lars Stemmann, du laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), scientifique français impliqué dans l’expérience. Si l’on apporte du fer, le phytoplancton peut se développer et absorber par photosynthèse du gaz carbonique de l’atmosphère. » Piégé biologiquement, le CO2 serait alors entraîné au fond de l’océan. A très grande échelle, on peut imaginer que le procédé réduise le gaz carbonique présent dans l’atmosphère.

 

QUANTITÉ DE CO2 ABSORBÉE

Le fait que du plancton se développe en cas d’apport de fer est déjà bien établi. Les scientifiques de Lahofex vont en fait étudier comment la chaîne alimentaire utilise le CO2 absorbé par le phytoplanction. Soit les organismes (des diatomées) se coagulent et, à leur mort, tombent au fond de l’océan, entraînant avec eux les molécules de carbone. Soit le phytoplancton est mangé par le zooplancton, et des espèces telles que le krill, et le carbone atteindra le fond de l’océan dans les fèces ou les cadavres de ces petits animaux.

La cinquantaine de chercheurs présents dans l’Atlantique sud cherchera à établir le fonctionnement de cette chaîne alimentaire, modifié par l’apport en fer, ainsi qu’à mesurer les différents effets biologiques qui en résulteront, notamment la quantité de CO2 absorbée. Ils resteront soixante-dix jours en mer. Il s’agit de la plus grande expérience scientifique jamais réalisée sur le sujet.

L’ensemencement de l’océan en fer, qui relève de la géo-ingénierie (la transformation forcée des mécanismes naturels à l’échelle de la planète), est cependant très polémique. Evoqué en tant qu’hypothèse scientifique depuis la fin des années 1980, il a fait l’objet de plusieurs expériences à petite échelle, mais a aussi suscité des questions portant sur les effets secondaires possibles : « Le phytoplancton pourrait réémettre d’autres gaz à effet de serre, comme l’oxyde nitreux, estime Stéphane Blain, du laboratoire d’océanographie de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). La biomasse développée par le fer pourrait aussi appauvrir l’océan en oxygène. L’acidification de l’océan est une autre possibilité. »

Ces craintes ont conduit à interdire les expériences à échelle industrielle que voulaient mener des entreprises américaines. En mai, la Convention sur la biodiversité biologique a adopté une décision jugeant que « les opérations à grande échelle ne sont pas justifiées« . « Mais notre expérience n’est pas à grande échelle, se défend Uli Bathmann, de l’Institut Alfred-Wegener. La quantité de fer répandue n’est pas plus importante que celle issue de la fonte d’un iceberg de 300 km2, qui se produit régulièrement et naturellement. » Selon l’association canadienne ETC Group, Lahofex n’en défie pas moins « ouvertement l’accord d’interdiction passé par la communauté internationale« .

[Zone-7 : La fertilisation des océans avec du fer. Sujet qui revient et revient et revient… Lire ici « Le fer… ou l’inutile fertilisation des océans« . Pousser à ce point une expérience de la sorte doit nécessairement cacher des buts inavoués qui sont tout autre que la prétention de vouloir « sauver la planète ». Fer… magnétisme… HAARP ? Un truc militaire ?]

 

(Source : Le Monde)

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