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Publié le 23 Sep, 2014 dans Environnement

Empoisonnement des masses au glyphosate

(Source : Bio Marche)

Le glyphosate est le composant le plus important présent dans les herbicides et autres désherbants à large spectre à l’instar du Roundup, l’herbicide le plus vendu partout dans le monde. Mais il n’y a pas que dans les sols, les plantes ou les nappes phréatiques que l’on retrouve des résidus de ce poison; il contamine également les humains et les animaux et on le soupçonne d’être à l’origine de perturbations endocriniennes et de cas de cancer. L’étude du Professeur Séralini, récemment re- publiée est lourde de reproches. La sécurité du glyphosate devait être réexaminée dans l’Union européenne en 2012, mais cet examen a été repoussé à 2015.

Petit rappel historique : les propriétés herbicides du glyphosate ont été brevetées par Monsanto dans les années 70, et le Roundup en tant qu’herbicide total fut mis sur le marché en 1974. A l’expiration du brevet, d’autres grands groupes chimiques à l’instar de Syngenta (sous l’appellation Touchdown) et Dow (sous l’appellation Durango) ont mis au point des herbicides chimiques à base de glyphosate. Selon le site internet allemand keine-gentechnik.de, on en aurait déjà utilisé 1 million de tonnes de par le monde en 2010, dont la moitié produite en Chine.

L’industrie agro-alimentaire utilise massivement le glyphosate dans la culture des OGM résistants à cet agro-toxique. Au cours de ces dernières années, l’introduction d’herbicides dans l’agriculture a doublé et ne cesse de se généraliser depuis. Particulièrement en Amérique latine où la culture du soja OGM est largement répandue. En Argentine par exemple, on a pulvérisé dès 2010 quelques 200 millions de litres sur 19 millions d’hectares de cultures de soja Roundup-Ready. Mais c’est aussi l’herbicide favori des jardiniers et des paysans. (cf. le film de Marie-Monique Robin : Le monde selon Monsanto, la grande tromperie, l’interview : Marie Monique Robin contre la désinformation de Monsanto, et les débats autour du sujet : Séralini OGM DÉBAT députés Chanteguet Sauvadet GNIS Complet.

Le glyphosate est absorbé par les parties vertes de la plante et la tue. Mais les plantes génétiquement modifiées ne meurent pas lorsqu’on les asperge de glyphosate. Ce dernier absorbé dans le sol, peut non seulement affecter l’absorption des nutriments dans les plantes cultivées mais aussi dans les plantes résistantes au glyphosate, augmentant par là même la sensibilité des parasites et entraînant des rendements de cultures plus faibles. A l’heure actuelle il y a dans le Mid-Ouest américain, de plus en plus de fermiers qui luttent contre les mauvaises herbes super résistantes pour lesquelles même le glyphosate ne fait plus d’effet. On en compte une vingtaine d’entre elles. Des cultivateurs de maïs transgénique en Amérique du sud se plaignent de voir leurs récoltes anéanties par des parasites, qui finissent par proliférer à l’insu des pulvérisations toxiques.

Mais les effets catastrophiques du glyphosate, ses composants toxiques et ses produits de dégradation ont des effets encore pires sur les êtres humains et les animaux. Particulièrement en Amérique du sud à l’instar de l’Argentine avec ses terres immenses où l’on cultive du soja transgénique et où la population est démunie face aux épandages aériens. Des malformations congénitales et des cas de cancer dont on peut penser qu’ils sont liés à l’utilisation du glyphosate, sont apparus. En Allemagne, le Umweltinstitut München e.V, indique qu’entre 2000 et 2009, le nombre de cancers chez les enfants a triplé, les fausses-couches et les malformations à la naissance quasiment quadruplé.

Différents rapports et études n’ont pas manqué de souligner les dangers du glyphosate et constaté que l’on retrouvait des traces de ce poison chez les êtres humains et les animaux. En juin 2013, le BUND allemand a publié en collaboration avec Friends of the Earth dont il fait partie, les résultats d’une étude réalisée à l’échelle européenne, des traces de glyphosate retrouvés dans le corps humain. Des tests ont été menés dans 18 pays européens ; sur 182 volontaires qui ont donné des échantillons d’urine vivant dans les grandes villes, aucun d’entre eux n’avait utilisé, ni manipulé des produits à base de glyphosate dans la période précédent les tests. En Allemagne, 70 % des échantillons ont témoigné de la présence de résidus de glyphosate (cf. graphique).

L’Institut allemand pour l’évaluation des risques, le BfR, rejette les diverses études et conclusions effrayantes, en les considérant comme non scientifiques et souligne l’innocuité du glyphosate . « Les résultats de l’étude du BUND sont plausibles, ils font que l’on s’interroge sur le glyphosate, mais nous considérons que celui-ci est loin de constituer un danger pour la santé », déclare-t-on au BfR.

Comme lors de la première étude du Professeur Gilles-Eric Séralini de l’Université de Caen réalisée à l’automne 2012, qui disait : « Major pesticides are more toxic to human cells than their declared active principles » (‘la plupart des herbicides ont plus d’effets toxiques sur les cellules humaines que ce qu’ils ne prétendent avoir comme principes actifs’), le BfR n’a pas manqué de déclarer en 2014, alors que l’étude venait d’être re-publiée, « qu’elle n’était pas assez probante pour que l’on puisse ré-évaluer les effets du glyphosate en Europe ».

On a introduit du soja OGM résistant au glyphosate dès 1996 dans le fourrage pour l’alimentation des animaux en Europe. Chaque année, ce sont quelques 36 millions de tonnes de fourrage protéique que l’on importe. Nous absorbons malgré nous à travers les œufs, le lait, la viande, du glyphosate ou plutôt du polyoxyéthylène amine (POEA), un surfactant qui amplifie l’activité des herbicides ou bien de l’AMPA (produit de dégradation du glyphosate). L’étude du Prof. Séralini souligne que les tallow amines à eux seuls et combinés au glyphosate, peuvent engendrer le cancer. A l’heure actuelle, en Allemagne quelques 70 produits contenant du glyphosate bénéficient de l’autorisation de mise sur le marché, dont certains sont aussi à usage domestique ou pour le jardin.

Le glyphosate dont les données avaient été fournies à l’époque par l’industrie agroalimentaire seule, a été autorisé par l’Union européenne en 2002 et ce pour une durée de dix ans. Son homologation devait être revue en 2012, mais elle a été repoussée jusqu’en 2015, le temps d’effectuer d’autres études à caractère plus scientifique, car d’après la nouvelle réglementation européenne sur les pesticides 1107/2009, la « littérature grise » (celle produite par l’industrie agroalimentaire) ne serait plus prise en considération. Elle n’apporterait pas suffisamment de preuves scientifiques. Il existe certes des valeurs seuils à l’utilisation du glyphosate à l’échelle européenne, mais dans la réalité, aucun système de contrôle pour les vérifier. En ce qui concerne le co-formulant POEA, il n’existe aucun seuil à ne pas dépasser, et quasiment pas de tests de contrôle normalisés.

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