Vous appréciez ce site?
Faites-le-moi savoir!
Rubriques

Publié le 15 Mar, 2012 dans Science du contrôle

Diagnostics psychiatriques du DSM-5 : 69% des « experts » ont des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique

(Source : Psychomédia)

Deux tiers (69%) des 141 experts qui travaillent à la révision du manuel de référence américain (qualifié de bible dans les média) pour les diagnostics psychiatriques, le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), rapportent des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique, selon une étude publiée dans la revue Public Library of Science, ce qui représente la même proportion que lors de la révision précédente en 1994.

La publication de la nouvelle édition, le DSM-5, par l’American Psychiatric Association, est prévue pour 2013. Elle fait l’objet de nombreuses critiques, par exemples de la part de certaines sections de l’American Psychological Association et de la British Psychological Society qui estiment que les critères proposés feront en sorte que beaucoup plus de gens recevront des diagnostics, subiront un risque de stigmatisation et recevront des traitements parfois plus dommageables qu’utiles.

Selon Lisa Cosgrove et Sheldon Krimsky, des universités Harvard et Tufts, les proportions d’experts rapportant des conflits d’intérêts seraient justement plus importantes dans les groupes travaillant dans des domaines où les médicaments constituent l’intervention de première ligne, comme les troubles de l’humeur et les troubles psychotiques. Ces groupes ont fait des propositions extrêmement controversées: celle d’inclure le deuil dans la définition de la dépression majeure et celle d’ajouter un nouveau diagnostic de syndrome psychotique atténué qui vise à identifier les jeunes à risque de développer la schizophrénie.

Selon David Elkin, président de la Society for Humanistic Psychology, une division de l’American Psychological Association, qui a publié une lettre ouverte sur laquelle est basée une pétition qui a reçu 12000 signatures, les psychiatres ont une influence indue sur la définition de la maladie mentale.

En février dernier, un article de la revue Monitor, publiée par l’association des psychologues, applaudissait la participation des psychologues et d’autres catégories de professionnels à l’élaboration de la prochaine édition de la classification de la CIM-11 (Classification internationale des maladies) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à paraître en 2015.

Partager cet article :