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Publié le 15 Oct, 2011 dans Manifestations et résistance

Planète sous occupation : 1500 villes à travers le monde se joignent à « Occupons Wall Street »… s’invitent même des agents provocateurs

(Source : Le Devoir + Cyberpresse + Le Parisien via SOTT)

Quelque 1500 villes, dont Montréal, se joignent aujourd’hui au mouvement de protestation Occupy Wall Street, une charge à fond de train contre les excès du capitalisme.

Après un mois de manifestations, le mouvement Occupy Wall Street ne démontre encore aucun signe d’essoufflement.

Au moins dix villes canadiennes, dont Toronto, Vancouver, Calgary, Québec et Halifax, accueillent aujourd’hui des manifestations, calquées sur celle lancée à Wall Street le 17 septembre. La page Facebook d’«Occupons Montréal» compte près de 3200 membres. On gazouille fort sur Twitter. Le message est simple, pour ne pas dire simpliste: 99 % de la population est dominée par 1 %, c’en est trop! L’occupation du square Victoria vise à établir «un dialogue collectif sans précédent».

 

Les «indignés» se mobilisent dans le monde entier

Contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance, les «indignés» manifestent samedi dans le monde entier, espérant donner une dimension internationale à cette forme de contestation inédite, née en Espagne au printemps.

De Madrid jusqu’à New York, des appels à manifester ont été lancés dans 719 villes de 71 pays, selon le site 15october.net, s’appuyant sur une large diffusion via les réseaux sociaux de leur mot d’ordre: «United for Globalchange».

Cinq mois après la naissance du mouvement, le 15 mai à Madrid, les «indignés» ou d’autres groupes associés veulent faire du 15 octobre une journée symbolique, ciblant des hauts lieux de la finance comme Wall Street, la City, le coeur financier de Londres, ou la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort.

À Madrid, convergeant depuis les quartiers périphériques et la banlieue, ils referont le chemin jusqu’à la Puerta del Sol, la place emblématique qu’ils avaient occupée pendant un mois au printemps, où ils prévoient de passer la nuit de samedi à dimanche.

«Nous ferons savoir aux politiques et aux élites financières qu’ils servent, que désormais c’est nous, les gens, qui allons décider de notre avenir», proclame un manifeste appelant à des rassemblements dans toute l’Espagne.

L’extension du mouvement, aux États-Unis notamment, «démontre qu’il s’agit d’une question qui ne concerne pas seulement l’Espagne mais le monde entier, car la crise est mondiale, les marchés agissent à l’échelle globale», explique Jon Aguirre Such, un porte-parole du mouvement en Espagne.

Après les grandes manifestations du printemps en Espagne, le mouvement s’est répandu dans de nombreux pays, mais avec des audiences très diverses, la mobilisation restant par exemple très modeste en France.

L’absence de leader identifié, le rejet de toute forme de structure politique, la «démocratie participative» poussée à l’extrême ont fait douter de sa viabilité.

«Le terme «indignés» est une sorte de label, les liens sont encore assez lâches. Il n’y a pas de revendications communes, c’est la faiblesse du mouvement», souligne Arnaud Zacharie, ancien président d’Attac Belgique.

Mais en Espagne, un pays frappé par un chômage record de 20,89%, la voix des «indignés», portée par un large soutien populaire, a su se faire entendre, comme dans les manifestations qui ont empêché ou retardé les expulsions de dizaines de propriétaires surendettés.

Ou dans la promesse du candidat socialiste aux législatives, Alfredo Perez Rubalcaba, de réformer la loi électorale pour accroître le poids des petits partis politiques.

«C’est un phénomène extrêmement prometteur, qui vise à renouveler profondément une forme d’intervention des citoyens dans la politique. Puisque les citoyens ne veulent plus déléguer à des hommes politiques ou des partis, ils veulent peser, chacun à sa place. On peut dire que c’est un retour aux sources de la démocratie», analyse l’économiste français Thomas Coutrot, coprésident du mouvement Attac.

«C’est dans les pays qui ont pris la crise de plein fouet que la mobilisation est la plus forte», remarque Arnaud Zacharie, citant l’Espagne. «Les États-Unis sont le pays d’où la crise est partie et où ses conséquences sont très fortes, ce qui explique la mobilisation là aussi».

Le mouvement «Occupons Wall Street», qui s’est nourri aux États-Unis du chômage des jeunes et de l’accroissement des inégalités, appelle à un rassemblement samedi à Times Square à New York.

En Europe, les «indignés» descendront dans les rues un peu partout, comme à Lisbonne où le mouvement «génération précaire» est présenté comme un précurseur de la mobilisation.

Quelques centaines ou quelques milliers d’autres sont attendus à Bruxelles, point d’arrivée d’une marche qui vient de traverser l’Espagne et la France, à Zurich, Genève et Bâle, où le pouvoir des banques sera en ligne de mire, sur la place de la Bourse à Amsterdam ou encore à Vienne, Varsovie ou Prague.

 

Italie : des agents provocateurs mettent le feu à deux voitures et attaquent des banques

A Rome, des groupes d'inconnus ont fracassé les vitres de banques et mis le feu à deux voitures peu après le début de la manifestation des "indignés" samedi après-midi en plein centre-ville, ont constaté les journalistes de l'AFP.Les incidents se sont produits tout près du Colisée. | Alberto Pizzoli

 

A Rome, 200 000 personnes étaient attendues samedi pour une grande manifestation contre la précarité et le pouvoir de la finance. Les forces de l’ordre craignaient des échauffourées avec les franges plus extrémistes du cortège, avaient affirmé vendredi les médias italiens sans donner de sources pour ces chiffres. Des craintes justifiées.

Samedi, en plein centre de Rome, des groupes d’inconnus ont fracassé les vitres de banques, et mis le feu à deux voitures. Des incidents qui ont éclaté peu après le début de la manifestation, tout près du Colisée. A 16h30 environ, la police décidait de charger les manifestants.

La totalité des syndicats, des associations étudiantes et lycéennes, et les «Indignés» ont appelé à défiler dans les rues. La manifestation a débuté vers 14H00 sur la place de la République, près de la gare centrale et à deux pas de la Banque d’Italie, devant laquelle des centaines d’«Indignés» ont déjà manifesté mercredi à l’occasion d’un discours du gouverneur de la banque et futur président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Le cortège doit traverser la ville pour rejoindre aux environs de 17 heures la place Saint-Jean-du-Latran, lieu traditionnel des grandes manifestations comme le 1er mai. 70 bus ont été mobilisés au départ des provinces italiennes pour convoyer les manifestants.

Le gouverneur de la Banque d’Italie, «comprend» les Indignés

Mario Draghi a donné raison aux jeunes «Indignés». «Les jeunes ont raison d’être indignés», a-t-il déclaré à des journalistes italiens samedi en marge de la réunion du G20 à Paris. «Ils sont en colère contre le monde de la finance. Je les comprends», a déclaré cet économiste de 64 ans, ajoutant : «Nous les adultes, nous sommes en colère à cause de cette crise. Alors pensez aux jeunes de 20 ou 30 ans…»

En Italie, les «Indignés» veulent faire tomber le gouvernement, d’autres refusent de payer «une dette qu’ils n’ont pas contractée». D’autres encore estiment, comme ailleurs dans le monde, que «les jeunes sont les oubliés de l’Italie, et que le gouvernement est en train de monter les générations les unes contre les autres».

Julien Assange dans la manifestation à la City de Londres 

800 Indignés se sont rassemblés samedi à la City de Londres, le cœur financier de la capitale anglaise. Les manifestants ont reçu le renfort inopiné du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. L’arrivée d’Assange, qui est en liberté conditionnelle dans un manoir près de Londres en attendant une éventuelle extradition vers la Suède où il est poursuivi pour viol, a suscité des cris de joie. «Nous soutenons ce qui se passe ici parce que le système bancaire à Londres est le bénéficiaire d’argent issu de la corruption», a expiqué M. Assange sur les marches de la cathédrale Saint-Paul, où étaient massés les manifestants. Entouré de gardes du corps, il est resté comme les «Indignés» à bonne distance de la bourse de Londres. Des heurts mineurs avec la police se sont produits à la mi-journée alors que certains manifestants ont tenté de se diriger vers le London Stock Exchange (bourse de Londres).

Crise oblige, le mouvement des «Indignés» rebondit dans toutes les capitales européennes. Et même ailleurs. En Israël, aux Etats-Unis où des milliers de personnes ont, comme à Madrid fer de lance de ce mouvement, installé des tentes sur la place publique pour faire entendre leurs revendications. De Bruxelles à Mexico, de Paris à Rome ou Athènes, Madrid… la planète vibre au rythme des «Indignés». Dans plusieurs villes, des milliers de personnes vont exprimer, ce samedi, leur mécontentement. Un rassemblement est prévu à Times Square à l’appel du mouvement «Occupons Wall Street». D’autres sont prévus devant la Bourse de Johannesburg, Santiago. Les revendications sont partout les mêmes: pour une «démocratie réelle», pour une société «éthique».

 

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