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Publié le 6 Oct, 2011 dans Manifestations et résistance

Les manifestations du jour : Occupons Wall Street prend de l’ampleur, des retraités manifestent à Paris et la Grèce encore sous la violence

(Source : Radio-Canada + AlterInfo + 20 minutes)

Mobilisation record à New York contre le monde de la finance

Photo: AFP/EMMANUEL DUNAND Des milliers de personnes manifestent près de Wall Street, le 5 octobre 2011.

 

Le mouvement « Occupons Wall Street » prend de l’ampleur. Des milliers de manifestants ont défilé mercredi après-midi dans le quartier financier de New York pour réclamer une meilleure justice économique. Ils étaient environ 5000, selon des sources policières, et jusqu’à 12 000, selon des organisations syndicales. Un nombre record.

« Nous sommes les indignés de New York, les indignés de l’Amérique, les indignés du monde », a dit Hector Figueroa, du Syndicat des employés des services, en référence aux contestations en Espagne.

« Occupons Wall Street » se réclame du printemps arabe et certains militants se disaient solidaires mercredi de la Grèce. Mais les manifestants parlaient davantage du chômage aux États-Unis, des saisies immobilières « inhumaines » et de leurs difficultés à « finir le mois ». « Mettez fin aux guerres, taxez les riches », scandaient notamment les protestataires.

19 jours dans la rue

Quelques centaines de manifestants campent symboliquement depuis près de trois semaines dans le parc Zoccotti, qu’ils surnomment la « place de la liberté », à deux pas de la Bourse de New York.

Jusqu’à présent, les rassemblements n’avaient pas attiré plus de 2500 personnes. Mais l’arrestation samedi de plus de 700 manifestants, après qu’ils eurent bloqué le pont de Brooklyn, a contribué à étendre le mouvement.

Depuis, « Occupons Wall Street » a commencé à faire des émules, notamment à Boston, à Chicago et à Washington.

Le mouvement, qui s’appuie sur les réseaux sociaux pour diffuser son message, se présente comme « un mouvement de résistance sans leader » et non violent. « Nous sommes les 99 % qui ne toléreront pas plus longtemps la cupidité et la corruption du 1 % [restant] », précise-t-il sur son site web.

Soutien d’élus démocrates

Les manifestants ont également reçu l’appui d’élus démocrates. Mercredi, le président du groupe démocrate à la Chambre des représentants, John Larson, a « salué » ces manifestants qui « se battent pour donner une voix aux Américains qui luttent chaque jour ». La représentante démocrate de New York, Louise Slaughter, s’est pour sa part dite fière de les voir se dresser « contre la cupidité des corporations ».

Mardi, le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor des États-Unis, Timothy Geithner, disaient comprendre les frustrations des manifestants devant un secteur financier qui se comporte avec une certaine insouciance, malgré la crise financière dont il a été responsable.

« Jusqu’à un certain point, je ne peux pas leur reprocher quoi que ce soit. Il est certain qu’avec un chômage de 9 % et une croissance économique très faible, la situation n’est pas très bonne. C’est contre cela qu’ils protestent », a dit M. Bernanke.

 

Des milliers de retraités ont manifestés à Paris

Plus de 5.000 retraités, 3.200 selon la préfecture, ont défilé jeudi à Paris pour dénoncer le report « scandaleux » de la réforme sur la dépendance et réclamer une revalorisation de leurs pensions. « Vivre dignement sa retraite est un droit, pas un luxe », disaient des banderoles, « pouvoir d’achat, santé, aide à l’autonomie, rien ne va plus ». »On manifeste pour dire au gouvernement que ni les actifs, ni les retraités ne sont prêts à payer une crise dont le gouvernement est responsable. Ce n’est pas par l’austérité que l’on s’en sortira », a expliqué Nadine Prigent, secrétaire confédérale de la CGT.

 

Grèce: Des manifestations émaillées de violences à Athènes

Des manifestants contre les mesures d'austérité du gouvernement à Athènes, en Grèce, le 5 octobre 2011. STR/AP/SIPA

 

Plusieurs dizaines de milliers de Grecs ont défilé ce mercredi contre les mesures d’austérité prises par le gouvernement…

Ils ont même repeint en rouge les fesses de la statue d’un discobole. «Comme ça, on n’est pas tous seuls à avoir mal au cul!» Plusieurs dizaines de milliers de Grecs ont manifesté ce mercredi midi contre les mesures d’austérité qui touchent le pays. En fin de cortège, des échauffourées ont éclaté entre des jeunes casseurs cagoulés et les forces de l’ordre, présentes en nombre dans la capitale grecque.

En prévision de cette journée de grève générale et de manifestations, 5.000 policiers avaient pris position dès mardi soir autour du Parlement. C’est pourtant depuis la place Syntagma que les manifestants ont lancé la première escarmouche. Armées de pierres et de bouteilles, ils ont affronté pendant près de deux heures les policiers, qui ont riposté par de nombreux jets de bombes lacrymogènes. A priori, les affrontements n’ont pas fait de blessés graves mais le bilan n’est pas connu pour l’heure.

Menacé de faillite, le gouvernement grec a imposé de sérieuses mesures d’austérité au secteur public qui battait le pavé main dans la main avec le privé ce mercredi. «Mais ce n’est pas un plan pour sauver la Grèce, c’est un plan pour sauver les banques», dénonce Dimitris, un jeune enseignant qui a perdu 50% de son salaire en un an.

30.000 fonctionnaires mis au chômage?

De fait, toutes les banques du centre-ville ont été taguées ou aspergées de peinture. Voire les deux pour Europei Bank Group, dont le patronyme rappelait sans doute trop les injonctions européennes aux yeux des manifestants. Lundi, les ministres des Finances de la zone euro ont reporté le déblocage de huit milliards d’euros de prêts internationaux dont la patrie hellénique a un besoin vital. L’Europe estime en effet que les efforts du pays ne sont pas suffisants pour éviter la faillite.

Pourtant, Konstandinis souffre déjà beaucoup. Devant le Parlement, il exhibait fièrement ce mercredi midi sa paire de menottes. Ce cuisinier de 75 ans n’a pas été interpellé. Il se sent juste prisonnier du gouvernement. Sur sa pancarte, il a ainsi affiché le montant de sa pension mensuelle: 360,80 euros. «Comment je peux vivre avec ça?» a-t-il demandé aux policiers avant d’embraser un drapeau européen.

Pour les Grecs, la purge devrait pourtant se poursuivre dans le secteur public. Après avoir réduit les salaires et les pensions, le gouvernement envisage de mettre au chômage technique 30.000 fonctionnaires. Sans aucune garantie de retour à leur poste dans un an.

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