Vous appréciez ce site?
Faites-le-moi savoir!
Rubriques

Publié le 25 Juil, 2011 dans Indifférence

Un génocide silencieux…

(Source : Alter Info)

Broyée, décimée par la famine, la Corne de l’Afrique, enchaînée dans les engrenages de la famine et de la sécheresse, meurt à petit feu. C’est un paysage de désolation, incandescent et embrasé, qui s’étend à perte de vue, de terre lézardée sous le feu des rayons implacables du soleil. La « FAO » (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) organise, aujourd’hui, à Rome, un sommet d’urgence. 191 pays et les agences humanitaires y ont été invités, pour tenter de mettre en place un plan de sauvetage de dix millions d’êtres humains touchés par «la pire famine, depuis soixante ans», selon certains experts. L’Éthiopie, le Kenya, une partie de l’Ouganda, Djibouti et la Somalie sont frappés par cette double catastrophe, naturelle et humanitaire. La situation est plus particulièrement dramatique, en Somalie, où le conflit politique plonge le pays dans l’instabilité, depuis plusieurs années. La raréfaction des pluies sur cette zone a entraîné une diminution des récoltes, ainsi que la disparition partielle des troupeaux. Les conditions de vie se sont, gravement, détériorées, ces six derniers mois, provoquant un exode massif de populations, notamment, dans le Sud de la Somalie. Ces réfugiés ont fui, massivement, vers le Kenya, lui-même, touché par la catastrophe. Aujourd’hui, plus de 400.000 Somaliens sont regroupés, dans le camp de Dadaab, dans le Nord du Kenya. Au total, un quart de la population somalienne s’est réfugié dans d’autres régions du pays ou dans les États voisins. La moitié de la population est «en situation de crise» alimentaire. Le président de la Banque africaine de développement ne mâche, d’ailleurs, pas ses mots, quand il parle de la Somalie. Selon lui, la crise alimentaire de cette année est «absolument liée aux destructions causées par la crise somalienne». Il appelle la communauté internationale à se mobiliser pour trouver une solution à l’instabilité qui règne, dans ce pays, depuis vingt ans. Seulement, «la lassitude des donateurs» explique que l’aide aux populations ait pris tant de retard, selon Michael Klaus, Porte-parole de l’UNICEF. La moitié, seulement, de l’aide au Kenya et à la Somalie a été versée. La « FAO » tirait la sonnette d’alarme, depuis l’automne dernier, et un conseiller du secrétaire général de l’ONU constate, amèrement, que «la plus grande part de ce que nous avons dit est tombée dans l’oreille d’un sourd, en Europe et aux États-Unis». Dans un appel commun, la « FAO » et le Programme alimentaire mondial regrettent que cette sécheresse n’ait «pas reçu la même attention», en terme de secours humanitaire. Bref, la Corne de l’Afrique vit, ces derniers temps, au rythme d’un génocide qui ne dit pas son nom, avec des générations entières sacrifiées !

Commentaire :
Il s’agit de ne pas faire mention de ce genre de situation dans la presse alignée (préférant se focaliser sur les célébrités récemment décédées, le dernier film d’Holywood, etc.) pour que des générations entières périssent lentement dans l’indifférence générale.

Quand la vérité est remplacée par le silence, le silence devient mensonge.

– Yevgueny Yevtushenko

Partager cet article :