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Publié le 5 Nov, 2012 dans Indifférence

Ouragan Sandy : New York, New York… et les Antilles, elles?

(Source : France Antilles et La Croix)

Commentaire :
Comme me le faisait remarquer Clara : les États-Unis, et surtout New York, ont les ressources pour se remettre d’une catastrophe naturelle rapidement, mais pas les pays exploités (ceux qu’on appelle « en voie de développement » en novlange politiquement correcte). Pourtant, ces derniers sont passés sous silence médiatique comparativement à New York, New York, Oh pauvre New York…

Une situation très alarmante après le passage de Sandy

Une semaine après le passage de Sandy, le gouvernement peine à établir une évaluation des dégâts causés par l’ouragan dans un pays qui panse toujours les plaies du séisme dévastateur de 2010.

« Le bilan est lourd, les routes et les ponts n’ont pas résisté, l’économie a été durement frappée. Plus de 200 000 personnes sont sinistrées et la sécurité alimentaire du pays est désormais problématique » , a souligné le gouvernement en décrétant mardi soir l’état d’urgence sur l’ensemble du pays.

Selon le dernier bilan disponible à la direction de la Protection civile, Sandy a fait 51 morts et une vingtaine de disparus dans le pays, tandis que des milliers de personnes se trouvaient toujours dans des abris provisoires.
De concert avec les autorités haïtiennes, les experts internationaux continuent d’évaluer dans des conditions difficiles les dégâts causés par les intempéries : certaines régions étaient toujours inaccessibles en milieu de semaine.
« HAUSSE DES PRIX DES PRODUITS DE BASE »
« Ce qui préoccupe le plus c’est la sécurité alimentaire, qui sera la conséquence la plus grave du passage de Sandy » , souligne Johan Pelemen du bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHA).
Selon le fonctionnaire de l’ONU, les intempéries ont eu un « impact désastreux » sur l’agriculture car elles sont arrivées au moment où les récoltes étaient en cours. Une première estimation dans le secteur agricole fait état de 104 millions de dollars de pertes, selon Garry Mathieu, directeur du Conseil national pour la sécuritéalimentaire (CNSA). Selon lui, les départements du sud et de la Grand’Anse, les plus affectés, représentent les greniers d’Haïti.
« Dans les prochains jours, il y aura une réduction de la disponibilité alimentaire locale, ce qui va entraîner une hausse des prix des produits de base » , estime-t-il.
Après le passage de l’ouragan, le gouvernement haïtien a annoncé qu’environ 8 millions de dollars étaient rendus disponibles pour intervenir dans les régions affectées.
UN APPEL À L’AIDE INTERNATIONALE
« Les bailleurs ne doivent pas se tourner ailleurs et oublier Haïti qui a encore des besoins humanitaires liés au séisme, auxquels sont venus s’ajouter les conséquences de l’ouragan Sandy » , souligne M. Pelemen.
« Il va falloir lancer un appel à l’aide internationale, mais pour l’instant on a de l’eau et de la nourriture qui étaient prépositionnés pour gérer les urgences » , ajoute-t-il.
Sur le plan international, cette nouvelle catastrophe qui a touché Haïti est passée relativement inaperçue comparée à la couverture médiatique de Sandy aux Etats-Unis, et notamment à New York. Cependant, le Venezuela a offert un bateau et un avion cargo d’aide humanitaire.
De passage en Haïti en tant qu’ambassadeur de bonne volonté du PNUD, le prince héritier Haakon de Norvège a également visité des régions inondées dans le sud, constatant que les familles ont été durement frappées.
« J’espère que les partenaires internationaux d’Haïti aideront le pays à se relever de l’impact de Sandy » , a-t-il confié.
UN PAYS OUBLIÉ PAR LES MÉDIAS
Les caméras du monde entier restent braquées sur les ravages de Sandy à New York, objet de tous les fantasmes et capitale médiatique, un contraste saisissant avec le traitement journalistique a minima des 50 morts en Haïti laissés dans le sillage de l’ouragan.
Les ravages de Sandy en Haïti sont passés relativement inaperçus. L’International Herald Tribune consacrait mercredi sa Une et plusieurs articles aux États-Unis, contre une maigre colonne à la situation d’Haïti, rédigée de Mexico.
Professionnels et observateurs des médias mettent en avant notamment la communication lente autour de la situation à Haïti.
« Effectivement, l’ouragan a fait plus de victimes en Haïti (…), mais les autorités sont venues avec ces chiffres plusieur s jour s après le passage de Sandy. Faute de moyens sans doute elles n’ont pas réussi à informer à temps » , explique un journaliste sur place, ajoutant que le gouvernement a décrété l’état d’urgence seulement mardi, une semaine après le passage de Sandy.
Par ailleurs, si nombre de journalistes étaient déjà aux États-Unis au moment du passage de Sandy, notamment pour couvrir la campagne présidentielle américaine, peu étaient présents en Haïti.

Haïti appelle à l’aide pour les victimes de l’ouragan Sandy

Dans ce centre médical de Médecins sans frontières, des patients atteints de choléra sont traités. Après le passage de Sandy, les cas de choléra ont augmenté à Haïti. (Swoan Parker / Reuters)

Un million d’habitants seraient menacés par la malnutrition.

Une fois encore, Haïti n’a d’autre choix que d’en appeler à la solidarité. Près de trois ans après le séisme qui avait fait plus de 300 000 morts sur cette île de la Caraïbe figurant parmi les pays les plus pauvres du monde, l’ouragan Sandy y a tué au moins 50 personnes, endommagé les maisons d’environ 20 000 habitants et entraîné des pertes importantes dans l’agriculture. Un « désastre » , selon les mots du premier ministre Laurent Lamothe, qui a conduit dimanche 4 novembre le gouvernement de Port-au-Prince à appeler la communauté et les organisations internationales à lui fournir une aide d’urgence.

D’après le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (Ocha), un million de personnes (sur une population totale de 9,8 millions d’habitants) sont désormais menacées par le manque de nourriture. Le passage de l’ouragan a entraîné la destruction de près de 70 % des récoltes – bananes, maïs – dans le sud de l’île.

 

DES PERTES DE 100 MILLIONS DE DOLLARS

« Plusieurs milliers de kilomètres de routes agricoles ont été détruits, des milliers de têtes de bétail ont été emportées par les eaux qui ont détruit des milliers d’hectares de plantations », a déclaré le ministre de l’agriculture Jacques Thomas. D’après ce dernier, le montant des pertes dans le secteur agricole dépasse 100 millions de dollars (80 millions d’euros).

Fin août, déjà, la tempête Isaac avait entraîné la destruction de la majorité des récoltes dans le nord du pays. « Avec le sud touché à son tour, de sérieux problèmes de malnutrition et d’insécurité alimentaire sont à craindre dans les mois à venir », a prévenu Johan Peleman, le coordinateur d’Ocha, sur la radio de l’ONU.

 

RECRUDESCENCE DU CHOLÉRA

La situation sanitaire sur l’île constitue une autre source d’inquiétude. « Nous enregistrons de nombreux cas de choléra dans plusieurs régions alors que des hôpitaux et des centres de santé ont été endommagés par Sandy », a expliqué la ministre de la santé publique, Florence Guillaume. Depuis son apparition en Haïti en octobre 2010, le choléra a tué plus de 7 500 personnes. La saison des pluies, qui s’étend de mai à octobre, favorise la résurgence de la maladie, moins virulente qu’en 2010 mais toujours endémique. D’après Médecins sans frontières, plus de 200 000 cas de choléra s’étaient déclarés à cette époque en 2011.

Le Venezuela a déjà offert son aide, et a envoyé un avion cargo et un bateau chargés de vivres. La France, en marge de son aide à la reconstruction après le séisme (326 millions d’euros sur la période 2010-2011), promet quant à elle de faire son possible pour rétablir la circulation sur l’axe routier principal et a débloqué une enveloppe d’urgence de 220 000 €. Celle-ci est destinée à Haïti, mais aussi à Cuba et à la Jamaïque, également touchés.

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