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Publié le 7 Sep, 2011 dans État policier

Les Américains prêts à sacrifier des libertés pour plus de sécurité

(Source : Cyberpresse)

Environ la moitié des personnes sondées ont l'impression d'avoir perdu certaines libertés personnelles dans la lutte contre le terrorisme. Photo: PC

 

Dix ans après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, qui ont mené à un renforcement des mesures de surveillance aux États-Unis, deux Américains sur trois estiment qu’il est nécessaire de sacrifier une partie de leur droit à la vie privée et de leurs libertés individuelles au nom de la lutte contre le terrorisme, selon un sondage Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research.

Un faible majorité d’Américains (54 pour cent) affirment que s’ils avaient à choisir entre préserver leurs droits et libertés et protéger les citoyens du terrorisme, ils choisiraient leurs libertés. Les Américains sont très attachés au droit à la vie privée et s’opposent majoritairement à la surveillance des courriels et des conversations téléphoniques par le gouvernement.

Le sondage montre qu’environ la moitié des répondants ont l’impression d’avoir perdu certaines libertés personnelles dans la lutte contre le terrorisme. L’effort en valait-il la peine? Près de la moitié de ceux qui estiment avoir perdu des libertés doutent que ces mesures aient été vraiment nécessaires.

Dans l’ensemble, six Américains sur dix pensent que le gouvernement en fait assez pour protéger les droits et libertés des citoyens. Mais ils ne sont peut-être pas conscients de ce qu’ils ont perdu. L’étendue de la surveillance et des écoutes téléphoniques par le gouvernement américain reste un mystère.

Le Congrès a récemment tenté, sans succès, d’exiger que le département de la Justice fournisse une estimation du nombre de personnes aux États-Unis dont les appels et les courriels ont été scrutés en vertu d’une loi de 2008 qui donne plus de pouvoir de surveillance au gouvernement. Une enquête récemment menée par l’Associated Press a par ailleurs révélé l’existence d’une unité de police secrète à New York qui a surveillé la vie quotidienne des communautés musulmanes.

Mais malgré leurs inquiétudes quant à la protection de leurs droits individuels, les Américains, tout comme leurs élus et leur système judiciaire, sont beaucoup moins réticents à autoriser des intrusions dans la vie privée de citoyens étrangers que dans la leur.

Tandis que 47 pour cent des Américains sont d’accord pour que le gouvernement surveille sans mandat les courriels envoyés par des personnes se trouvant à l’extérieur des États-Unis, ils ne sont que 30 pour cent à accepter une surveillance des appels téléphoniques effectués sur le territoire américain.

Le gouvernement américain peut écouter sans mandat les appels provenant de l’extérieur des États-Unis, mais les enquêteurs doivent généralement obtenir des ordonnances judiciaires pour écouter des conversations entre deux interlocuteurs qui se trouvent aux États-Unis ou pour surveiller les échanges électroniques faits à l’intérieur du territoire américain. Les règles sont encore plus complexes pour les appels internationaux entre Américains et étrangers.

Les Américains ont une opinion mitigée des efforts de leur gouvernement pour combattre le terrorisme: seuls 36 pour cent d’entre eux pensent qu’ils sont extrêmement ou très efficaces, tandis que 49 pour cent estiment qu’ils sont moyennement efficaces.

Environ le tiers des Américains craignent qu’eux ou leur famille soient victimes d’une attaque terroriste, et 37 pour cent pensent que la région dans laquelle ils vivent présente au moins un risque modéré d’être attaquée.

Le sondage AP-NORC a été mené par téléphone du 28 juillet au 15 août auprès de 1087 adultes à travers les États-Unis. Il comporte une marge d’erreur de plus ou moins 4,1 points de pourcentage.

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