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Publié le 14 Fév, 2012 dans État policier

La Grèce apprend du maître des prisons à ciel ouvert (Israël) : un mur de 10 km à la frontière turque

(Source : AlterInfo)

Ce lundi le ministre grec Christos Papoutsis, répondant pour la sécurité intérieure du pays, a annoncé le plan de son gouvernement d’élever un mur sur 10 km de sa frontière turque. Haut de 4 mètres, il sera muni de caméras et de barbelé.

Le mur sera patrouillé par des militaires et des policiers. Les travaux de construction de cet ouvrage doivent commencer en mars. Il a la vocation de protéger la Grèce contre des immigrés illégaux et des contrebandiers. Des experts considèrent que le mur posera à la Grèce de nouveaux problèmes.

La longueur de la frontière terrestre entre la Grèce et la Turquie dépasse 200 km. Le mur va protéger un secteur entre les villages Kastanies et Nea Vissa, par où plus de 200 migrants clandestins passent chaque jour en territoire de Grèce, et à la fois de toute l’UE. D’après les données du gouvernement, quelque 55 mille personnes ont essayé de passer l’année dernière par la frontière gréco-turque. Le ministre grec de la Protection des citoyens Christos Papoutsis a appelé le futur ouvrage un projet de coopération des autorités grecques et turques en matière de lutte contre l’immigration illégale. De plus, il servira de preuve pour l’UE de la volonté de la Grèce d’honorer ses engagements pour ce qui concerne de protéger la frontière extérieure commune de la communauté européenne.

Des experts doutent cependant que ce mur permette à la Grèce de faire tarir efficacement le flot des intrus. Dmitri Danilov, en charge de la section de la sécurité européenne à l’Institut de l’Europe auprès de l’Académie russe des sciences a remarqué dans son interview à la «Voix de la Russie» :

A peine un tel ouvrage puisse-t-il résoudre le problème de lutte contre l’immigration illégale. Ici il s’agit de l’ensemble de l’UE, et pas seulement de la Grèce. Car le flux d’immigrés clandestins s’est considérablement accru après le « printemps arabe », et il est énorme. En plus de la Grèce, c’est par tout le sud-est de l’UE que les réfugiés et les immigrés illégaux arrivent. On parle sérieusement de la transparence des frontières, par exemple, de la Bulgarie et de la Roumanie. Il est peu probable que le mur grec puisse aider beaucoup sur ce plan.

La construction du mur entame sérieusement le prestige de l’UE, estime M. Danilov. En outre une barrière posée sur la voie de l’arrivée massive des réfugiés, assez agressifs, est capable de provoquer divers incidents frontaliers, allant jusqu’à des conflits humanitaires.

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