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Publié le 2 Nov, 2011 dans État policier

Flaking : les pratiques douteuses de la police

(Source : Cyberpresse)

Deux policiers du NYPD à Times Square. Photo: Lucas Jackson, Reuters

 

Commentaire :
Demeurons alerte. L’article qui suit ne parle que de la police de New-York et que de l’utilisation de drogue pour fausses accusations : nous pouvons très bien étendre la portée de cet article à toutes les polices du monde et à différentes formes d’insertions incriminantes (de la pédopornographie dans votre ordinateur, par exemple).

Flaking. L’expression est utilisée par certains policiers pour parler d’une pratique qui consiste à mettre de la cocaïne ou de l’héroïne dans les poches d’une victime innocente, histoire de pouvoir lui passer les menottes et atteindre un certain quota d’arrestations.

Stephen Anderson, ex-détective de la police de New York (NYPD), a affirmé récemment que le flaking était une pratique courante dans les escouades des narcotiques de Brooklyn et de Queens au sein desquelles il a travaillé. Superviseurs, détectives et enquêteurs s’y prêtaient ou s’en accommodaient, a-t-il précisé lors du procès d’un de ses anciens collègues de Brooklyn.

Anderson a lui-même été condamné pour avoir refilé deux sachets de cocaïne à un collègue qui s’en est servi pour piéger quatre hommes innocents dans un bar de Queens. Le juge au procès de son ex-collègue lui a demandé comment il avait pu justifier une telle pratique.

«Ils sortiront de prison le lendemain de toute façon, rien ne leur arrivera», a-t-il répondu en faisant référence aux victimes innocentes.

Les révélations sur le flaking ont mené en 2008 à l’arrestation de huit détectives et à l’abandon d’environ 400 causes criminelles contaminées par l’implication des policiers liés au scandale.

Commentaire :
400 causes en 2008 seulement. Faites le calcul, c’est plus d’une par jour! Et ce ne sont que celles qui ont été découvertes!

 

Contraventions falsifiées

À l’époque, le chef de police de New York, Raymond Kelly, a défendu la réputation de son service en affirmant que cette pratique était limitée à quelques pommes pourries. Mais le procès en cours à Brooklyn coïncide avec une série d’arrestations qui jettent une lumière crue sur d’autres pratiques douteuses au sein du NYPD, dont l’image n’a jamais été aussi malmenée depuis le début des années 90.

Ticket-fixing. Le terme se retrouvait samedi à la une des quotidiens new-yorkais, qui faisaient état de l’arrestation dans le Bronx de 16 policiers du NYPD. Ceux-ci sont accusés d’avoir détruit ou falsifié des centaines de contraventions pour faire une faveur à des amis, des parents ou d’autres personnes influentes. Ils ont tous plaidé non coupables lors de leur comparution devant un tribunal du Bronx, à l’extérieur duquel quelque 500 policiers en civil s’étaient rassemblés pour les soutenir et exprimer leur colère à l’égard du procureur du Bronx et du chef du NYPD.

À en juger par les affiches brandies par les policiers protestataires, le ticket-fixing fait partie de la culture du NYPD et doit être considéré non pas comme un crime mais comme un geste de «courtoisie». En fait, le procès des policiers inculpés pourrait mettre en cause plusieurs autres officiers du NYPD dans tous les arrondissements de la ville, ainsi que les dirigeants et représentants du plus important syndicat policier new-yorkais, qui semblent jouer un rôle central dans cette pratique.

Traité d’«hypocrite» par les policiers protestataires, le chef de police Raymond Kelly a déclaré vendredi que ces derniers se leurrent en croyant que le ticket-fixing fait partie de la culture du NYPD, «surtout s’ils pensent que le public trouve cela acceptable».

 

Commission d’enquête?

L’arrestation des 16 policiers du Bronx découle d’une enquête lancée il y a trois ans sur le comportement suspect d’un policier, Jose Ramos, qui a non seulement été inculpé pour avoir fait disparaître des contraventions mais également pour avoir transporté de l’héroïne, entre autres crimes.

Ce scandale a mis fin à l’une des pires semaines du NYPD depuis longtemps. Deux jours auparavant, huit policiers new-yorkais, encore en activité ou à la retraite, avaient été arrêtés et accusés d’avoir participé avec quatre autres personnes à la contrebande d’armes à feu, de cigarettes volées et de machines à sous.

Selon l’accusation, entre septembre 2010 et leur arrestation, ces 12 personnes ont fait entrer illégalement dans l’État de New York des armes à feu dont les numéros de série avaient été dans la majorité des cas effacés, dont trois fusils d’assaut M-16 et 16 armes de poing.

Ces histoires ne sont pas sans rappeler la situation délétère que la commission Mollen, du nom d’un juge new-yorkais, avait dénoncée en 1994. Créée en juin 1992 après l’arrestation de six policiers véreux, cette commission avait conclu que la police new-yorkaise avait fermé les yeux sur la corruption régnant en son sein. Elle avait de plus établi que certains officiers du NYPD avaient créé des réseaux de trafic de drogue et d’armes dans les quartiers noirs et hispaniques de la ville.

L’heure d’une nouvelle enquête sur la corruption au sein du NYPD aurait-elle sonné?

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