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Publié le 24 Mar, 2015 dans Endoctrinement

Quiconque s’intéresse aux irrégularités de la version officielle du 11 septembre est un complotiste

(Source : Le Devoir – Titre original Des chiens de garde sélectifs)

Photo: Doug Kanter Agence France-Presse. Quiconque s’intéresse aux faits, aux anomalies ou aux irrégularités en lien avec la version officielle des attaques du 11 septembre 2001, est automatiquement qualifié de complotiste.

Photo: Doug Kanter Agence France-Presse. Quiconque s’intéresse aux faits, aux anomalies ou aux irrégularités en lien avec la version officielle des attaques du 11 septembre 2001, est automatiquement qualifié de complotiste.

Dans un texte publié sur LeDevoir.com, Stéphane Baillargeon affirmait récemment (18 mars) que j’avais « salué » sur ma page Facebook deux écrits de Jacques Lanctôt portant sur la mort récente de trois journalistes américains qui, selon Lanctôt,« préparaient un documentaire qui allait prouver la complicité de la CIA dans les attentats du 11-Septembre ». Le texte faisait référence aux morts presque simultanées des journalistes Bob Simon, Ned Colt et de David Carr, décédé d’un arrêt cardiaque dans ses bureaux du New York Times quelques minutes après avoir modéré une vidéo-conférence entre Edward Snowden, Glenn Greenwald et Laura Poitras à propos du récent documentaire Citizen Four. Selon l’agence de presse vénézuélienne Aporrea.org, ces trois journalistes avaient récemment formé avec Brian Williams (présentateur vedette de NBC récemment suspendu pour six mois et décrédibilisé à la suite d’un mensonge sur sa couverture de la guerre en Irak en 2003) une structure de production afin de mener une enquête sur les événements du 11-Septembre.

J’ai effectivement publié une chronique (et non deux textes) de M. Lanctôt sur ma page Facebook en mentionnant qu’il « osait réfléchir à des questions importantes… » puis :« Je ne crois pas qu’aucun journaliste radio-canadien n’ait fouillé ces dossiers… et pourtant… »

Mais la réalité de cet échange Facebook est plus nuancée et, si M. Baillargeon avait pris la peine de lire tous les échanges sur le forum en question, il aurait trouvé cette phrase que j’adresse à la journaliste Alexandra Szacka et qui me voit admettre qu’il n’existe pour l’instant aucune « preuve incontestable que les trois journalistes travaillaient sur ce documentaire », mais que c’est une possibilité puisqu’aucun média n’a encore confirmé ou infirmé l’affaire et que Brian Williams demeure silencieux sur la question. Dans les circonstances, il m’apparaissait pertinent que des journalistes de Radio-Canada fouillent cette question, d’où mon énoncé.

M. Baillargeon agrémente ensuite son texte du sous-titre « chicane de Roy » en décrivant aux lecteurs du Devoir l’échange qui suivit entre mon frère Patrice, journaliste et présentateur du Téléjournal Grand Montréal, et moi sur des questions dépassant largement l’histoire des trois journalistes décédés, englobant des enjeux plus vastes sur la couverture médiatique de certains événements géopolitiques. Étant le fils d’un ancien directeur de l’information, rédacteur en chef et directeur du Devoir, je me demande bien pourquoi Le Devoir glisse ainsi dans le « placotage », mais puisque M. Baillargeon semble trouver un intérêt public à cette conversation fraternelle, il devrait au moins en révéler les nuances et la moelle. Le Devoir ne retient qu’un bref extrait d’une réponse de mon frère, sans faire part des questions que je lui posais, ni des réponses à son mot. Patrice me dit : « C’est peut-être moins sexy, mais mon métier reste de trouver des faits, des sources crédibles, d’engager à chaque enquête, article ou reportage, un processus rigoureux. » Alors que je lui écrivais auparavant ceci :

« Cher Patrice, d’abord je me réjouis du fait que tu t’invites sur ma page dans un débat important qui dépasse largement le cadre des trois morts suspectes énoncées par Lanctôt. Le débat en question porte avant tout sur les événements du 11-Septembre et le sens que le gouvernement américain leur a octroyé pour déclencher l’escalade guerrière qui dure depuis plus de 13 ans et demi et résulte en une augmentation exponentielle des dépenses militaires mondiales, une diabolisation des musulmans sans distinction partout sur la planète et un triste bilan humain de plusieurs millions de morts dans les pays bombardés illégalement par les États-Unis et leurs alliés dans cette “guerre au terrorisme” (Afghanistan, Irak, Somalie, Yémen, Soudan, Libye, Pakistan, Syrie). Dans cette marche funèbre, l’usage des mots liberté, démocratie et terreur est constamment tronqué et il ne fait aucun doute à mon sens que le vrai terrorisme en est un d’État »

Et Patrice de me répondre : « Il y a la religion, les croyances d’un côté, le militantisme et l’engagement aussi, tout à fait respectables, et il y a le monde de l’information ou l’on ne “croit” rien, mais on tente de démontrer les choses… »

Mon frère touche ici au point névralgique de l’affaire : les croyances. Contrairement à ce qu’il affirme, il me semble que certaines croyances se répandent rapidement et dangereusement dans ce que je qualifie comme des « médias traditionnels ». Ces croyances sont à mon sens contraires aux fondements du journalisme qui s’engage à douter, questionner, enquêter, vérifier et contre-vérifier les versions officielles. Rappelons-nous l’histoire de la fausse infirmière (qui était en fait la fille de l’ambassadeur du Koweit aux États-Unis) témoignant de la barbarie des soldats iraquiens tuant cruellement des bébés dans une pouponnière, du récit de Powell à l’ONU sur les armes de destruction massive, et plus récemment de l’attaque au gaz sarin prétendument perpétrée par Assad alors que le journaliste d’enquête Seymour Hersh a prouvé le contraire à l’été 2014. Autant de mensonges et de propagande étatique que les grands médias s’empressent de répéter ad nauseam

Malheureusement, il semble aujourd’hui que n’importe quel citoyen, journaliste indépendant ou documentariste qui s’intéresse aux faits, aux anomalies ou aux irrégularités en lien avec la version officielle des attaques du 11 septembre 2001, soit automatiquement qualifié de complotiste, de fou furieux, même de cinglé.

Ces accusations faciles et systématiques de « théories du complot », lancées comme des excommunications papales contre ceux et celles qui réclament la vérité des faits, me semblent ridicules ou nuisibles au bon fonctionnement de qu’on appelle encore « démocratie ». Elles se cristallisent — ironiquement — en un intégrisme nouveau, non pas islamiste ou terroriste celui-là, mais idéologique dont le credo consiste à museler sur-le-champ tout quidam osant poser des questions pertinentes sur des faits étranges si peu souvent discutés. Ainsi, certains événements géopolitiques qui définissent tristement notre époque ne devraient plus jamais être examinés malgré la multitude d’anomalies et d’incongruités présentées par les autorités et les grands réseaux occidentaux.

Sur Twitter, Patrick Lagacé m’écrivait qu’il avait « arrêté de s’obstiner depuis longtemps » avec les adeptes de la vérité sur le 11-Septembre. Puis-je oser lui demander pourquoi ? N’est-ce pas justement le travail du journaliste, de s’obstiner comme un détective et d’enquêter jusqu’à ce qu’une théorie soit confirmée, prouvée et corroborée hors de tout doute ?

Suis-je vraiment un complotiste parce que je ne crois pas à la version officielle du Pentagone sur les attaques du 11-Septembre ? Peut-on dire des familles des victimes de cette terrible attaque, qui mènent la charge pour qu’on rouvre l’enquête, qu’elles sont toutes conspirationnistes et délirantes ?

Je n’ai pas ici l’espace pour soulever les multiples problèmes que soulève la version officielle de la commission 911, et je préfère le format documentaire pour présenter mes propres questionnements, mais j’ose espérer que ce débat se poursuivra, et qu’un ou une autre journaliste, aussi curieux que M. Baillargeon, m’invitera à poursuivre la conversation sur d’autres tribunes.

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