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Publié le 12 Août, 2011 dans Économie

La loi des « banksters »

(Source : Le Quotidien d’ORAN – Emphases État du Monde, État d’Être)

Les gouvernements occidentaux paraissent totalement démunis devant la crise actuelle et la menace de dépression aux conséquences lourdes qui plane. L’endettement colossal des Etats et des perspectives de croissance peu réjouissantes créent une situation de panique sur toutes les places financières mondiales. Le krach n’est pas une vue de l’esprit. Celui de 1929 avait pavé le terrain à la montée du fascisme et à la Seconde Guerre mondiale. 

Il est vain d’attendre un changement de paradigme de la part de l’ordre établi. Depuis la crise des subprimes en 2008, on a beaucoup parlé de régulation des marchés. Les idées généreuses qui ont accompagné la mise à contribution financière des Etats ont rapidement été abandonnées. Les Etats occidentaux, à commencer par le président des Etats-Unis, n’arrivent pas à développer un discours clair et convaincant sur des choix de politiques économiques et encore moins à prendre des mesures fortes. Les marchés sont plus forts que les Etats, ils en sont les maîtres en définitive et ils imposent leurs logiques.

En 2008, avec la crise des subprimes, les marchés ont contraint les contribuables à payer la facture. Les «banksters» – néologisme ô combien éloquent composé de banquier et de gangster – rappellent encore où se trouve le vrai pouvoir. Ils le démontrent encore davantage aujourd’hui en s’attaquant à des dettes publiques en partie contractées pour leur sauver la mise. Les grandes banques ne devaient pas faire faillite, les Etats oui ! 

Contrairement à ce que l’on voudrait faire admettre, l’économie, ce n’est pas seulement des formules mathématiques et des théories…. C’est du politique. Et le politique est aujourd’hui entre des mains qui n’ont pas vraiment de comptes à rendre. L’état des élites politiques est tel qu’il semble inimaginable que des gouvernants soient capables de s’engager dans une réorientation de la politique économique à la manière du new deal.

Il faut plutôt craindre que la guerre ne redevienne – l’histoire en atteste – le recours du capitalisme en crise. Le «bon sens» pourrait considérer qu’une réduction sensible du budget militaire des Etats-Unis est la voie d’entrée pour un traitement effectif de la gigantesque dette américaine. Mais le cynisme des intérêts à court terme fait peu de cas du bon sens. Comment un empire en déclin pourrait-il imposer ses vues ? Les Etats-Unis montrent non seulement des signes évidents de panne économique mais aussi de réelle régression : le rêve américain n’existe plus. L’establishment, démocrate ou républicain, n’est pas prêt à brader le dernier grand avantage comparatif qu’est la suprématie militaire.

Face à l’impasse ultralibérale et à une récession qui creuserait davantage des fractures sociales, déjà insupportables aujourd’hui, la guerre pourrait permettre de relancer la machine. Mais une guerre de «premier ordre», car les guerres de basse intensité en Irak et en Afghanistan n’ont fait que creuser les déficits et ont été sans impact sur un appareil de production industrielle tout à fait inadapté aux conflits asymétriques. Les crises du capitalisme, qui sont payées par les plus vulnérables, se règlent durablement dans le sang. Ce n’est certainement pas par solidarité avec les spéculateurs que l’on suit une agonie boursière qui pourrait bien trouver son règlement sur d’autres théâtres.

Clausewitz, théoricien du XIXe siècle, le disait : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens». L’ultralibéralisme des banksters et des néoconservateurs fait que la guerre est un moyen commun de politique économique. La crise de la dette et la récession ne seraient alors qu’un prélude. 

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