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Publié le 14 Sep, 2011 dans Économie

Ce n’est pas une crise, c’est une reconfiguration de l’économie mondiale (deuxième partie)

(Source : Mecanopolis)

Par Régis Mex

L’extinction finale vers laquelle nous entraîne l’ordre mondialiste est devenue en très peu de temps notre avenir officiel. Qu’elle soit considérée sous l’angle des crises économiques successives, des mouvements de populations, du dérèglement climatique, de la démographie, de l’empoisonnement de la nourriture, de l’air et du sol, du climat généralisé de pré guerre civile qui prédomine partout, sous tous ceux-là ou sous d’autres encore – car les rubriques du catastrophisme ne manquent pas – la réalité du désastre en cours n’est plus seulement admise du bout des lèvres, elle est désormais détaillée en permanence pas les propagandistes étatiques et médiatiques.

Mais le catalogue de ces désastres n’est porté aux masses (intégralement formées par les artifices de cette propagande, quelles que soient leurs illusions là-dessus) que dans l’unique but de provoquer la succession de chocs émotionnels nécessaires pour les contraindre d’entériner des « choix » qu’aucune résolution démocratique n’aurait pu permettre. Et d’ailleurs, puisque c’en est l’objectif, on peut être maintenant assuré que c’est toute la démocratie qui est vouée à disparaitre à court terme.

Il n’y aura donc bientôt plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme, et ceux qui refuseront de répéter en boucle les mensonges de la caste qui gère la domination – et qui opère désormais au grand jour – peuvent s’attendre à être très prochainement traités comme le sont en temps de guerre les déserteurs et les saboteurs, puisqu’ils auront démontré avoir le « profil » du terroriste en puissance (1).

Cependant, contre ce qui prend l’allure d’un destin, notre rôle reste de garder présent à l’esprit que des occasions inattendues de renverser le cours des choses, ne serais-ce que le temps d’un éclair, restent toujours envisageables dans un système si imprévisible pour lui-même : la liberté de briser l’enfermement mondialiste est la seule expérience qui vaille la peine d’être tentée.


II. Détruire la classe moyenne

Le vieillissement de la population accentue effectivement de façon croissante l’inutilité de la classe moyenne (que l’on définit généralement comme les citoyens qui gagnent entre 1200 et 3000€ par mois en France) pour le capitalisme, car on estime qu’après 65 ans, une personne de la classe moyenne coûte une somme plus importante en retraite et en frais de santé que la totalité de ce qu’elle a rapporté à l’État et aux entreprises par ses impôts et sa consommation pendant toute la durée de sa vie active. C’est en tout cas la constatation que Jacques Attali fait dans son livre « L’homme nomade », dans lequel il a la sympathie de recommander l’euthanasie à toute personne de plus de 65 ans.

De part et d’autre de cette classe moyenne, il y a la classe aisée (celle qui possède suffisamment d’argent pour faire tourner l’économie grâce à la consommation importante qu’elle peut se permettre et aux rentrées non négligeables que cela induit pour les entreprises, ainsi que pour l’État par l’intermédiaire des impôts), et la classe populaire (celle qui se contente de produire et de fournir les matières premières pendant qu’elle retire juste assez d’argent de son travail pour survivre). Ce sont les deux moteurs du capitalisme : l’une fournit les ressources, et les autres s’enrichissent de leur exploitation et alimentent l’économie en faisant circuler leurs capitaux.

Mais la classe moyenne ne remplit ni l’un ni l’autre des critères de façon satisfaisante pour que son existence soit appréciable au capitalisme ; au contraire, elle vit aux frais de ce dernier. C’est pourquoi tout est fait pour élargir le fossé entre classe aisée et classe pauvre, selon le principe « les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres ». Ces deux graphiques montrent de façon éloquente à quel point on tente d’effacer une classe moyenne obsolète :

De 1955 à 1975:


De 1975 à aujourd’hui :

Ajoutons à cela que les moyens toujours élargis de mécanisation du travail aboutissent à un remplacement toujours plus important du travail humain par des machines, permettant aux entreprises de payer moins de salaires (ce qui ne se répercute pas forcément dans les prix de leurs produits, sauf pour des raisons de concurrence). Humainement, on imaginerait qu’il serait logique que ceux dont les machines ont remplacé l’emploi se voient garantis du même salaire qu’auparavant tout en n’ayant plus à effectuer le même travail, puisque c’est avant tout du ressort de la technologie d’accroître le bien-être des hommes en les soulageant d’une part relative d’effort. Mais dans notre dure réalité, cela se traduit plutôt par la mise au chômage de ces personnes et par la prise du profit par les employeurs. Tout cela mène à la société 20/80.

 

III. Vers une société 80/20

La Loi de Pareto, aussi appelée loi des 80/20, est une loi empirique inspirée par les observations de Vilfredo Pareto (1848-1923), économiste et sociologue italien : environ 80 % des effets est le produit de 20 % des causes. Cette « loi », bien qu’empirique, a été formalisée en mathématiques par la distribution de Pareto.

Pareto avait remarqué que 20% de la population italienne détenait 80% des richesses du pays.

Quelques exemples pour mieux illustrer l’idée :

• 20% des moyens permettent d’atteindre 80% des objectifs.

• 20% des produits ou des clients représentent 80% du chiffre d’affaires.

• 20% des ventes représentent environ 80% de la marge bénéficiaire.

• 20% de votre activité fournit 80% du résultat de votre activité.

• 20% de vos résultats proviennent de 80% de votre temps.

Le mot tittytainment fut utilisé en 1995 par Zbigniew Brzezinski, idéologue néolibéral, membre de la commission trilatérale et ex-conseiller du Président des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier « State Of The World Forum », qui eut lieu à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre [Cf. la technique managériale des entreprises]. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikael Gorbachov, George H W Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivés à la conclusion que l’arrivée de la dénommée Société 20/80 (basée sur le principe de la Loi de Pareto) est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80 %) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

C’est ici qu’entre en jeu le tittytainment, concept de Brzezinski. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le tittytainment, comme une combinaison des mots anglais « tits » (« seins » en jargon américain) et « entertainment ». Ce mot fait allusion à l’effet calmant, anesthésiant de l’allaitement maternel sur le bébé.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société, nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas d’utiliser des moyens peu scrupuleux pour atteindre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir.

 

Commentaire :
La première partie de cet article est disponible ici.

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