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Publié le 1 Août, 2011 dans Big Brother

Google… dans la lutte contre le terrorisme!

(Source : ÉlectronLibre)

Google veut utiliser sa position stratégique sur les réseaux pour faire le Bien et changer le monde. En septembre dernier, l’hyperpuissant moteur de recherche a donc lancé Google Ideas, un think-tank qui organisait fin juin un « Sommet contre les violences extrémistes ». Objectif de Google Ideas : combattre le terrorisme international. Rien que ça !

 

Une continuité dans la lutte contre le terrorisme

Cette fois-ci, l’objectif n’est plus de faciliter la vie des internautes avec des services tels Gmail, Google Docs, Youtube ou Google+. En créant Google Ideas, le géant de Mountain View devient le bon soldat de la diplomatie américaine dans sa lutte contre le terrorisme international . Pour Jared Cohen, le directeur de Google Ideas, les choses sont claires : le but est « de combiner les modèles du Département d’Etat, d’un think-tank influent et d’une entreprise privée« . Surprise, le jeune directeur de 29 ans n’est pas un geek mais un ancien de l’antiterrorisme. Et le jeune homme ne voit pas ce poste « comme un adieu au Département d’Etat mais comme une continuité » où « (il aura) plus de liberté d’action et plus de moyens financiers pour déployer (sa) stratégie« . C’est donc dans cet esprit qu’a été organisé ce « Sommet contre les violences extrémistes« , du 26 au 29 juin à Dublin (Irlande), en partenariat avec le prestigieux Council of Foreign Relations (CFR). Considéré comme le plus influent centre de réflexion sur la politique étrangère des États-Unis, le Council réunit 5 000 membres, dont un bon nombre d’anciens et de futurs responsables américains. Une proximité avec la Haute diplomatie US en parfait accord avec les ambitions de Google Ideas.

L’objectif ambitieux de ce « sommet » : mieux comprendre le processus de recrutement des jeunes dans les organisations terroristes. Pour ce faire, les organisateurs ont rassemblé en tout près de quatre-vingt terroristes repentis, issus de vingt-cinq pays, venus partager leur histoire devant un parterre hétéroclite composé de chercheurs, d’activistes, de philanthropes et de businessmen ou encore de l’ancien président colombien Alvaro Uribe… Au cours des dix-huit derniers mois, la petite équipe de Jared Cohen a en effet approché une myriade de terroristes qui ont déposé bombes et fusils pour se reconvertir dans l’humanitaire et la sensibilisation. Le résultat est un attelage étrange d’anciens néo-nazis, fondamentalistes musulmans du Pakistan, chefs de gangs latinos, membres de l’IRA (Irlande), des Farc (Colombie)….Assurément, les mieux armés pour lutter contre l’extrémisme et promouvoir les valeurs démocratiques dans le monde.

 

La doctrine du « savoir-faire du XXIème siècle »

Cette initiative de Google s’inscrit dans une doctrine plus large baptisée « doctrine du savoir-faire du XXIème siècle » qui consiste en une défense rigoureuse de la liberté d’Internet, érigée au rang de droit de l’homme. Un nouveau levier diplomatique pour Washington que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a adopté depuis son arrivée. Ainsi, en 2010, Hillary Clinton est intervenue personnellement pour soutenir Google dans son conflit face aux autorités chinoises. A cette époque, le moteur de recherche subissait des attaques informatiques destinées, selon les autorités américaines, à faire taire les défenseurs des droits de l’homme sur le réseau Web chinois. Le Parti Communiste Chinois semble avoir saisi depuis quelque temps le rôle géopolitique de Google dans le « soft power » des Etats-Unis. En attaquant Google, il visait en fait directement l’oncle Sam. D’ailleurs, Eric Schmidt, l’actuel président de Google, est membre de l’United States President’s Council of Advisors on Science and Technology (PCAST), une équipe chargée de conseiller Barack Obama sur le numérique. Google Ideas apparaît donc comme une nouvelle arme américaine dans sa guerre idéologique mais surtout économique contre leurs créditeurs chinois. Un instrument d’Intelligence économique et de Realpolitik web 2.0.

Les velléités d’interventionnisme politique du géant de Mountain View ne s’arrêtent pas là. Dans une interview donnée à France24, Jared Cohen semble suivre de près les avancées du Département d’Etat dans sa volonté de mettre en place un « shadow web », mais ne précise pas si Google Ideas ou plus globalement Google y jouera un rôle. La Maison blanche aurait en effet pour projet de mettre en place des réseaux sans fil « invisibles » dans des pays où l’accès Internet est censuré voire interdit. L’objectif étant d’aider les peuples de pays, que les USA considèrent comme non démocratiques, à se soulever contre leurs dirigeants : après la Tunisie et l’Egypte il s’agirait de la Libye, la Syrie, le Yémen mais surtout l’Iran. Après avoir encerclé militairement le régime des mollahs, les autorités américaines cherchent à infiltrer et court-circuiter leurs réseaux de communication. Une guerre technologique à laquelle les entreprises du Net comme Google, mais aussi Facebook ou Twitter sont sommés de participer. Des tentatives de déstabilisation que l’Amérique du Sud a connues au cours de la deuxième moitié du XXè siècle, sans l’existence d’Internet, et qui ont conduit à des situations politiques explosives. Cet interventionnisme du XXIème siècle, version 2.0, bien que plus évolué techniquement n’en pose pas moins la même question : Qui décide du caractère non démocratique d’un Etat ? Sans parler du fait que parfois ces justifications « droit de l’hommiste » dissimulent mal de simples et vils intérêts économiques…

Commentaire :
Heureux mélange de propagande et de révélations, cet article représente la suite logique de l’idéologie orwélienne où le peuple est l’ennemi de l’État. Offrir l’Internet gratuitement de façon « invisible » (sic) n’est qu’un piège de plus dans la grande toile d’araignée qu’est le Web où surveillance et recueil d’informations sont les mots d’ordre.

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