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Publié le 21 Juil, 2011 dans Feux célestes

France : Une «boule de feu» traverse le ciel breton

(Source : Le Figaro)

Un «bolide» pris en photo par la Nasa en 2008 dans le ciel américain. (crédit photo: Nasa)

Le phénomène, survenu mardi matin vers 5h20, est confirmé par de nombreux témoins dans toute la Bretagne. Il pourrait s’agir d’une météorite qui s’est désintégrée à basse altitude.

«J’étais avec un ami dans ma chambre quand tout d’un coup, par la fenêtre, je vois une énorme boule de feu, du genre fusée de détresse mais très très rapide. Et là, 3-4 minutes après, une grosse explosion a fait trembler ma maison. » Le témoignage de Nicolas, recueilli près de Rennes par Ouest-France, n’est pas isolé. La presse locale en a recueilli des dizaines, de Nantes à Saint-Malo, en passant par Brest et Quimper. Les sites internet en regorgent.

Bien qu’aucune photo ou vidéo amateur ne vienne étayer ces récits, il semble qu’un phénomène atmosphérique encore non-identifié a bel et bien touché la Bretagne mardi matin vers 5h20. Le recoupement des observations laisse penser que c’est une trainée rapide – moins d’une seconde – blanche puis rougissante, se terminant par une violente détonation, qui a surpris les habitants.

Les hypothèses de l’objet volant et du signal de détresse ont rapidement été écartées par les préfectures et les autorités maritimes. À Rennes, Priscilla Abraham, responsable du planétarium de l’Espace des sciences de Rennes, pense que l’hypothèse la plus probable est celle d’une météorite. L’intense lueur blanche correspondrait à l’entrée de la météorite dans la haute atmosphère. En pénétrant dans les couches plus denses, les forces de frottement l’auraient échauffée, la faisant rougir avant de la désintégrer à seulement quelques dizaines de kilomètres d’altitude.

Une explosion rarissime

Xavier Passot, directeur du Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés (GEIPAN), se range à cet avis. «Il faut un corps d’au moins 10 centimètres et plus de 100g pour donner lieu à ce type de manifestation, appelée bolide», explique-t-il. «Ce n’est dont pas un déchet spatial, puisque tous les débris de cette taille sont soigneusement tracés. Une météorite est beaucoup plus plausible.»

Reste la question de la détonation. Lorsqu’une météorite entre dans l’atmosphère, sa vitesse est déjà bien supérieure à celle du son. Elle décélère alors rapidement et peut repasser sous la vitesse du son, provoquant une onde de choc. Pour Jérémie Vaubaillon, spécialiste des météorites à l’Institut de mécanique céleste et des calculs des éphémérides (IMCCE), il est toutefois rare que la déflagration associée soit aussi puissante. Plusieurs témoins disent avoir été réveillés et avoir vu leurs murs trembler. «Ce n’est pas impossible, mais c’est assez étonnant, je dois dire», confie-t-il.

L’observation d’un bolide en elle-même est beaucoup moins surprenante. Plusieurs tonnes de matériau non-terrestre, essentiellement des poussières, traversent chaque jour notre atmosphère. On estime qu’il tombe chaque année en France une dizaine d’objets pouvant donner lieu à des bolides. Deux d’entre eux, observés dans le sud de la France le 25 janvier 2008 et le 16 mars 2010, ont récemment fait l’objet d’études approfondies par les passionnés. Des événements similaires survenus au Canada en 2008 ou en Afrique du Sud en 2009 avaient quant à eux pu être filmés en direct.

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