Vous appréciez ce site?
Faites-le-moi savoir!
Rubriques

Publié le 29 Jan, 2014 dans Découvertes

L’astéroïde Cérès dégage de la vapeur d’eau

(Source : Aux Frontières de la Science)

ceres-eau

La découverte de deux geysers par le télescope spatial européen Herschel trahit la présence de glace souterraine sur le plus gros corps de la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter.

La «ligne des glaces» vient de voler en éclats. Cette frontière marquait la limite théorique en deçà de laquelle on ne devait pas trouver de glace sur un corps dépourvu d’atmosphère dans le Système solaire. Elle se situait juste derrière la ceinture d’astéroïdes coincée entre les orbites de Mars et de Jupiter. Une équipe internationale vient pourtant de découvrir que le plus gros des cailloux primitifs situés sur le bord intérieur de cette ceinture, Cérès, 950 km de diamètre, parfois considéré comme une planète naine, abritait des réservoirs d’eau glacée enfouis sous sa surface rocheuse.

Commentaire :
L’eau est partout, le magnétisme est partout, l’électricité est partout… la VIE est partout. Il n’y a pas de « ligne » ni de frontières.

«C’est la première fois que nous pouvons dire avec certitude qu’un astéroïde abrite de la glace», se félicite Dominique Bockelée-Morvan, astronome au Lesia de l’Observatoire de Paris et coauteur de l’étude parue jeudi dans Nature. De précédentes observations laissaient certes penser que deux autres astéroïdes, Thémis 24 et Cybèle 65, étaient également recouverts de glace, mais les chercheurs n’étaient pas formels. De simples minéraux hydratés auraient également pu expliquer leurs résultats. «Cette fois-ci, il n’y a aucun doute, assure la chercheuse. La lumière réfléchie par Cérès est absorbée en deux endroits par un composé qui ne peut être que de la vapeur d’eau.»

C’est le télescope spatial européen Herschel qui a permis de mesurer les signatures lumineuses caractéristiques de ces deux geysers qui trahissent la présence de glaces souterraines. Le mécanisme à l’origine des jets de vapeur n’est toutefois pas très clair. S’agit-il d’éruptions de cryovolcans, de poches de glace liquéfiée sous pression? «Mais d’où viendrait alors l’énergie qui fait fondre la glace?», s’interroge Dominique Bockelée-Morvan. La discussion reste grande ouverte. La mission spatiale Dawn de la Nasa, qui doit se placer en orbite autour de Cérès en 2015, apportera peut-être des réponses à ces questions.

.

Migrations planétaires

Pour l’instant, la découverte de glace astéroïdale permet d’ores et déjà d’effacer la distinction historique que l’on faisait entre astéroïdes – petits corps rocheux – et comètes – petits corps glacés.

Commentaire :
« Petit » tant qu’il est loin. Glacé? Électrique du moins.

«Il y a en fait un vrai continuum entre ces deux familles, note Antonella Barucci, coauteur et collègue de Dominique Bockelée-Morvan. Cela renforce considérablement les modèles récents de formation du Système solaire.»

Le paradigme selon lequel les planètes solaires se sont nécessairement formées sur leur orbite actuelle n’a en effet pas résisté aux premières observations dans la Voie lactée de géantes gazeuses orbitant très près de leur étoile. Pourquoi Jupiter, Saturne, Neptune ou Uranus ne se seraient-elles pas aussi formées sur une orbite proche avant de s’éloigner peu à peu du Soleil? Ce scénario prévoit justement que les processus de migrations planétaires «mélangent» les cailloux «secs», formés près du Soleil, et les cailloux «humides», périphériques. Qu’un astéroïde sans glace comme Vesta, situé sur la même orbite que Cérès, soit aussi différent, ne pose donc plus aucun problème théorique. La fin du déterminisme orbital en somme.

Partager cet article :